Mont Bar et Mont Baury depuis Allègre

Mont Bar et Mont Baury depuis Allègre

  • Altitude départ : 1040
  • Altitude sommet : 1175
  • Dénivelé : 330
  • Distance : 11,5 km
  • Temps de montée : 1h45
  • Temps de descente : 1h25
  • Orientation : Toutes
  • Balisage : marques blanc-rouge du GR40 (m.b.r.), sinon marques jaunes (m.j.) ou petits panneaux avec une martre dans le tour de la tourbière. Deux brefs passages non balisés.
  • Itinéraire :
    • possible avec des enfants
    • en boucle

Itinéraire

Pour mettre au point cette brève randonnée, j'ai dû me rendre par deux fois sur les lieux (sorties des 19 et 25 mai 2018). Elle permet non seulement d’enchaîner deux volcans dont l’un offre à son (presque) sommet une merveille unique en Europe, mais aussi d’admirer l’extraordinaire village médiéval perché d’Allègre. Et à partir du pied de la montée au Mont Bar, tout l'itinéraire est jonché de petites bombes volcaniques...


Du parking de l’église, remonter la rue Porte de Monsieur vers cette superbe Porte monumentale flanquée de deux tours. Juste avant cette Porte, prendre la rue qui monte à gauche (panneau "Robe de Bure et Cotte de Mailles / Potence"). Au croisement, poursuivre la montée en face (dalles et herbes, m.j.). Traverser une rue et continuer jusqu’à la fameuse Potence, qui surplombe le village et qui se voit de loin. Derrière cet impressionnant vestige d’un grandiose château médiéval (reconstitué sur un panneau), une table d’orientation permet de profiter pleinement d’un très beau panorama quasi circulaire (sauf vers l’W) sur les Monts d’Auvergne, le Mézenc, les Alpes, etc.


Faire ensuite quelques mètres à droite sur la route qui passe en-dessous et prendre à gauche un sentier montant vers un captage et une table de pique-nique tout proches. Suivre alors (W) cette sente sinueuse (parcours sportif aménagé). Elle débouche sur un chemin qui rentre en sous-bois (N), puis prend fin vers 1120m (bancs et table de pique-nique). Ne pas continuer sur la trace descendante dans le prolongement, mais au contraire revenir un peu en arrière en montant hors traces sur la crête : vous êtes alors au sommet très peu marqué du Mont Baury (1126m). Cet ancien volcan (rien ne le donne à penser…) a l’avantage d’offrir d’ici une vue bien dégagée vers l’W et le NW (justement celle qui manquait à la Potence !).


Revenir vers Allègre (S) en restant cette fois sur le large chemin. Après la Potence, dévaler entre les maisons, le plus directement possible (E), jusqu’au bas du village. Ce faisant on trouve, en principe, les marques du GR40 (m.b.r.), à suivre en descente, en repérant dès que possible (par ex. en descendant la raide "Montée de Baury") au pied du versant en face le vaste bâtiment allongé du collège d’Allègre : c’est là, à gauche de cette bâtisse, qu’il faudra passer.


Une fois au collège, passer donc à sa gauche puis, après la gendarmerie, prendre à gauche le chemin balisé (m.j. + b.r. du GR). Il grimpe en forêt, et atteint vers 1155m un petit col où se croisent plusieurs voies. Là on peut commencer par prendre, en aller-retour, le sentier montant qui part complètement à gauche (SE) en épingle : il mène rapidement à une curieuse tour de briques, cheminée géodésique édifiée en 1903 au sommet du Mont pour l’établissement des cartes d’état-major, ancêtres de nos cartes IGN.


De retour au col 1155, s’engager dans le chemin qui part juste à gauche (SSW - on reviendra par celui à sa droite, SW) en légère descente : c’est le fameux et superbe tour de la tourbière qui se trouve dans le cratère du volcan qui a explosé ici il y a 790000 ans, et qui est légèrement en contrebas du sommet. Unique en Europe, cette tourbière dans le cratère parfaitement conservé (large de 500m et profond de 40m) d’un cône volcanique, est de toute beauté. Elle a succédé à un lac suite au creusement d’un drain en 1821, destiné à l’assécher, et qui est encore visible, mais plus entretenu depuis près de 80 ans. Tout au long du parcours (ici dans le sens horaire), 4 panneaux d’interprétation et une dizaine d’amusantes et facétieuses devinettes (sur de petits panneaux avec une martre) vous accompagnent et vous instruisent. Au S du parcours, on franchit une passerelle en bois qui enjambe l’ancien drain. Plus loin, un très beau reste de hêtraie témoigne du boisement primitif qui encerclait autrefois le cratère. Le chemin d’interprétation s’éloigne alors un peu du bord de la tourbière, mais on peut la rejoindre facilement à travers la plantation de sapins à droite.


De retour au col 1155, vous pouvez bien sûr, si votre temps est limité, redescendre alors par le chemin de montée jusqu’à Allègre. Mais avant de rejoindre le parking de l’église, il serait dommage de ne pas prendre le temps de flâner dans les rues, les ruelles et les escaliers du village. En effet il recèle encore d’admirables édifices et bâtiments très anciens (hôtels particuliers, poternes, chapelle...) dispersés ça et là dans le village : second voyage dans le temps (un peu moins reculé quand même) garanti !


Mais il est bien préférable ici de profiter de la descente pour faire le tour du Mont Bar. Pour cela, engagez-vous d'abord depuis le col dans le chemin horizontal non balisé qui part en face de celui de la montée (W). D'abord large et bien tracé, il va s'enherber provisoirement et obliquer progressivement vers la gauche (S puis SE). En fait il suit le même tracé que le tour de la tourbière, mais un peu au-dessus (on aperçoit parfois ce dernier en contrebas à gauche). Il va remonter un peu, se rétrécir puis déboucher sur un énorme tas d'arbres enchevêtrés ; prendre alors la petite sente qui descend à gauche vers la tourbière. Lorsqu'elle arrive en vue de la passerelle en bois, s'engager juste avant à droite sur le GR.


Suivre ce dernier en descente. A un croisement (vers 1030m, panneau, banc), prendre la piste qui descend à gauche (m.j., m.b.r.). Au suivant (985m, banc avec vue sur le château de Courbière et le Mézenc au fond), continuer en face. Peu après, à la route (barrière, poteau), la prendre très brièvement à gauche, puis aller à droite jusqu'au carrefour 964. Là poursuivez à droite sur une centaine de m. et allez voir à gauche de la route le château de Courbière. Propriété privée, ce petit joyau du 13e siècle (en partie restauré aux 15e et 18e) mérite le détour.   


De retour au carrefour 964, prendre en face le PR (NW, panneau "Les 5 Fontaines", m.j.). Au croisement suivant, prendre la piste de gauche. C'est celle du grand tour inférieur du Mont Bar, qui va rejoindre Allègre en le contournant par l'E, d'abord en forêt, puis à découvert (laisser à droite le chemin des 5 Fontaines). Une fois de retour au village, ne pas manquer, comme précisé ci-dessus, de le visiter avant d'en repartir...

A voir sur le web

Précautions

Ne pas marcher dans la tourbière ! Carte IGN 2734O conseillée.


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Topo créé le :

Du Puy-en-Velay, N102 jusqu'à Aiguilhe, puis D13 jusqu'à Allègre (via Blanzac, St-Paulien). A Allègre, se garer sur la place de l'église.


Situation




Sortie du 19-05-2018

Ma tourbière magique

Allègre et sa potence

Moi qui suis fasciné par les tourbières (pourquoi, mystère), celle-ci me trottait dans la tête depuis pas mal de temps. Mais le seul itinéraire intéressant envisageable me paraissait vraiment trop bref… C’est in extremis, dans la nuit précédente que, cherchant pour une fois un objectif modeste et limité, j’ai fini par me décider : départ peu matinal, du coup, petit circuit cool, et même tout balisé ou presque (rédhibitoire d’ordinaire !), zéro stress en vue - va pour la découverte du Mont Bar !

N’ayant pas trop préparé mon itinéraire, c’est donc sur la route, puis même en cours de rando que je décide au fur et à mesure de ma progression. Et pour commencer, pourquoi ne pas prendre la Potence et le Mont Baury comme premiers objectifs, ce qui va me laisser le meilleur pour la fin ? Bonne idée : le peu que je vois déjà de cet incroyable village parfois comme surgi du passé (la monumentale Porte de Monsieur pour commencer !), puis l’incroyable Potence, poignant moignon de cadavre exquis dressé en plein ciel, et même le très modeste Mont Baury, avec le plaisir d’avoir trouvé son petit sommet avec son petit panorama : ça fait déjà plein d’émotions pour un début de journée…

Mais bien sûr, je sais que le plat de résistance est à venir. Sans prêter attention aux quelques jolis nuages qui sont en train de peupler le ciel, je descends très vite dans les raides et étroites ruelles vers le pied du village, où je tâtonne un peu (trop au sud…), puis rectifie le tir sur les conseils d’une charmante habitante. Une fois au collège, tout baigne. La montée dans les grands bois touffus est agréable, et me voici à la croisée des chemins (le petit col). Petite hésitation, je tourne à gauche toute, et découvre que je suis sur le chemin des martres, donc du tour du cratère… et de la tourbière ! Et aussitôt l’enchantement commence. Quelle merveille ! Sertie dans son sombre écrin forestier, bien calée dans son cratère tout rond, la tourbière magique reflète en ses bords aquatiques, sauvagement rayés en tous sens par les troncs et les branchages qui se sont écroulés dans son piège, les nuances infinies de blanc et de bleu du ciel. Plus loin, la mystérieuse toison, inaccessible et immobile, d’herbes et de sphaignes, déploie toute la palette des verts et des jaunes, des plus pâles aux plus sombres. Ça et là, quelques arbustes me signifient que cet étrange paradis ne sera sans doute pas éternel…

Mais il est treize heures, et il faut bien se restaurer. Alors, après avoir admiré à ma gauche le bouquet d’une magnifique hêtraie, je m’en vais traverser à ma droite les rangées de sapins pour rejoindre les bords du cratère. Et là, je m’assieds sur un bout de tronc inconfortable, avec une vue imprenable sur ma tourbière. Et je me régale, à tous les sens du terme. Mais juste avant la fin de mon festin, voilà qu’il tombe quelques gouttes. Et en effet, un gros nuage sombre s’est installé au-dessus de mon île déserte. Pas très inquiet, je repique dans mes provisions, mais c’est que les dieux ne l’entendent pas de cette oreille : les gouttes tombent de plus en plus dru, et m’obligent à plier bagage vite fait. Direction, la fin de ma boucle autour du cratère.

Sous les frondaisons la pluie semble se calmer, mais en fait, elle redouble d’intensité, et surtout s’accompagne de roulements de tonnerre de plus en plus insistants qui ne me disent rien qui vaille. Arrivé au petit col complètement trempé (ma goretex est une vraie passoire…), j’ai la mauvaise idée de m’engouffrer à droite dans le sentier qui monte vers la tour, dans l’espoir que j’y trouverai sans doute un abri. Las, mince et élancée, elle n’offre pas le moindre recoin, même précaire, où se réfugier. Il ne me reste donc plus que la retraite la plus pitoyable, que j’effectue en courant, d’abord jusqu'au col, puis de là au village par le chemin de montée. Arrivé au collège, pendant que l’orage continue de plus belle, je m’abrite enfin sous un auvent de cet établissement, où se tapit déjà un motard du coin. Pas très bavard, mais ça tient compagnie, d’ailleurs il va bientôt repartir en profitant d’une petite accalmie des éléments.

Que faire ? Remonter au petit col, puis terminer le tour de la montagne tel que je l’avais prévu ? Ou alors renoncer, et remonter dans le village et rejoindre la voiture à l’église, quitte à revenir une autre fois pour boucler la boucle ? Têtu, je suis tenté par la première option, et j’attends encore un moment, pour voir. Mais le retour en force de l’orage et de la pluie battante me décident finalement à renoncer et à en rester là pour aujourd’hui. Je rejoins donc sans gloire ma voiture sous les gouttes et les grondements célestes, à travers le dédale des incroyables ruelles et des superbes vieilles bâtisses du village, que je me jure de revisiter bientôt. Je reviendrai donc, et je terminerai alors mon circuit tronqué d’aujourd’hui, non sans avoir refait le tour de ma tourbière préférée (et complété mon topo en conséquence !).

Photos de la sortie

Commentaires

Geoffroy Rémi
27-05-2018 12:11:36

Tiens, j'y avais pas pensé à celle-là !

C'est vrai que depuis Lacan tout est possible : du bar à la bière, en effet, y a pas loin...

Et moi qui croyais que c'était pour des raisons métaphysiques innocent

Luc
27-05-2018 08:03:03

"Moi qui suis fasciné par les tourbières (pourquoi, mystère)".... je vais être terre à terre .... peut-être l'appel de la bière ?



  • Horaire : 2h45
  • Dénivelé : 280 m

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