Sommet de Couard par le versant Nord-Ouest,
en boucle depuis Archail

Sommet de Couard par le versant Nord-Ouest,
en boucle depuis Archail

  • Altitude départ : 1093
  • Altitude sommet : 1989
  • Dénivelé : 980
  • Temps de montée : 2h45
  • Temps de descente : 1h30
  • Orientation : Nord-Ouest
  • Balisage : marques jaunes et cairns jusqu'au croisement 1375. Plus rien ensuite jusqu'à la crête, où des cairns et de vieilles marques jaunes balisent la fin de la montée. Cairns et marques jaunes à la descente.
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire

Des divers itinéraires qui permettent au randonneur d’accéder au sommet du Couard, celui-ci est à la fois le plus secret, le plus sauvage et le plus sportif – et sans doute le plus beau. Sans être difficile, c’est de loin le plus exigeant… et le moins fréquenté. Sa longue portion médiane, sans trace ni balisage, dans des pentes souvent très raides en contrebas de l’impressionnante falaise NW du Couard dont il finit par rejoindre la crête, demande une bonne pratique de l’orientation et de ce type de terrain.


Brièvement évoqué dans l’ouvrage de Jaques Teyssier sur "Les Montagnes de Digne" (1993, p. 84-85), cet itinéraire est bien détaillé dans le très bon Guide Rando de Frédéric Chevaillot sur "Les Préalpes de Digne" (2012, n° 9, p. 20).


MONTÉE :


On part donc de la retenue d’eau du Tourounet au-dessus d’Archail, comme pour la voie normale balisée que l’on suit tout d’abord (SE) ; on y traverse deux fois une piste, jusqu’au croisement 1375m. Là, au lieu de quitter le large chemin montant pour s'engager à gauche en épingle sur le sentier balisé qui monte vers le Pas d’Archail, on poursuit sur ce chemin non balisé dans la même direction (SW), jusqu’à ce qu’il arrive, vers 1420m, à proximité d’un immense ravin et oblique en épingle à gauche. Il faut alors le quitter pour remonter à gauche (SE), en pleine pente (raide !) et dorénavant en l’absence de toute trace, le bord de ce ravin. Cette belle et longue montée, assez éprouvante, vers le pied de la falaise du Couard, se déroule en sous-bois (hêtres, puis mélèzes et pins sylvestres) sur près de 300m de dénivelé. On sort alors du bois vers 1700m pour se diriger à droite vers le ravin, ici bien plus étroit et très peu profond (on est proche du pied de la falaise, bien visible à gauche). Le traverser sans difficulté (on aperçoit une petite trace de l’autre côté, mais elle disparait rapidement).


Continuer alors à monter progressivement, en écharpe, en tirant vers la gauche, dans des pentes herbo-rocheuses un peu moins raides, pour se rapprocher peu à peu du pied de la falaise. Monter ainsi sur une butte bien visible (env. 1780m), puis poursuivre sur la belle croupe herbeuse qui se dirige vers la paroi (S) : dans le prolongement, on aperçoit… une sente (inespéré !), qu’il faut suivre. Passer ensuite à gauche et au-dessus d’un petit mélézin. Au bout, on distingue bientôt quelques strates rocheuses de la crête NW du Couard : c’est par là qu’il faut la franchir.


Après avoir surmonté sans difficulté ces petits ressauts rocheux, on prend enfin pied sur la crête (env. 1845m). En-dessous à droite, on aperçoit un bout de la Barre des Dourbes : on se trouve donc désormais sur la partie finale de la voie d’accès, assez peu fréquentée, qui monte vers le sommet du Couard via le Pas de la Faye (vieilles marques jaune, cairns). Il ne reste plus qu’à remonter entièrement cette belle crête sur la gauche (NE).


Il reste cependant deux obstacles à surmonter avant de parvenir au sommet : une première barre se passe très facilement vers son milieu, en un point faible évident (m.j., cairn), ou bien ailleurs, mais alors un peu plus sportivement. Ensuite, une seconde barre nécessite d’aller complètement à sa gauche, au-dessus du vide, où un mur de plusieurs mètres, plus impressionnant que difficile, se franchit aisément (1897m) en suivant attentivement une ligne de points jaunes. Cela fait, continuer jusqu’au sommet n’est plus qu’un jeu d’enfant…


DESCENTE :


Le plus simple est d’emprunter à la descente la "voie normale" en direction d’Archail, balisée de bout en bout (m.j., cairns) . Descendre donc d’abord jusqu’au Pas d’Archail en empruntant les larges lacets du sentier en versant NE (pour en trouver le début, descendre d’abord brièvement E, puis N). Puis, quand le sentier atteint sur la gauche la crête correspondante, suivre directement cette dernière à vue jusqu’au Pas d’Archail (quelques traces, bref passage dans les pins ; plus rapide et plus intéressant que la partie basse du sentier).


Au Pas on peut, selon le temps et l’envie, soit faire en face un aller-retour, hors trace mais évident, au sommet du Cucuyon tout proche, via le petit col bien visible du Pas (fortement conseillé si on n'y est jamais monté - mais non pris en compte ici dans les stats du topo !), soit poursuivre directement l’agréable descente à gauche (N puis NE), en suivant facilement les marques jaunes et les cairns. À l’altitude de 1375m, on rejoindra alors le début de notre itinéraire de montée, avant le retour au petit parking du Tourounet.


Précautions

Carte IGN 3440 ET ou GPS.


Commentaires difficultés

Elles concernent la seule montée, entre le croisement 1375 et le sommet. Pentes souvent très raides, sans trace ni balisage jusqu'à la crête ; itinéraire pas évident sur ce tronçon, nécessitant une bonne pratique de l'orientation en terrain d'aventure. Ensuite, le passage des barres est bien plus facile qu'il n'y parait à première vue.
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Topo créé le :

par la D900 au Nord de Digne-les-Bains, entre Digne et le Brusquet ; puis D22 dir. Draix-Archail, puis Archail. De la place du village, poursuivre la montée à gauche sur le chemin (puis à droite à une bifurcation) jusqu'au réservoir d'eau du Tourounet (panneau "Barrage du Viéraron", quelques places de parking).


Situation




Sortie du 13-10-2018

La plus belle voie

Le Couard versant NW (avec son immense ravin)

Vu de la vallée de la Bléone (ou du Siron sur le versant d’en face), le fier rocher du Couard est sans conteste le plus beau, le plus esthétique sommet de Digne. Il me restait à le gravir par sa face Nord-Ouest, itinéraire confidentiel découvert récemment dans mes lectures et dont je n’ai cessé de rêver depuis…

Ce samedi matin, à l’occasion d’une petite semaine dignoise où je venais déjà de boucler sans encombre ma boucle perso de la Bigue au départ de Thoard, ça devrait le faire (ciel tout bleu, grand beau mais très frais). Petite inquiétude quand même : qu'est-ce que je vais bien pouvoir trouver sous cette raide et impressionnante falaise qu’il va bien falloir surmonter, d’une manière ou d’une autre ?

Parti à 8h15 de la retenue d’eau au-dessus d'Archail, je n’ai aucun mal à trouver le point de rupture d’avec l’itinéraire classique balisé qui file vers le Pas d’Archail. Au bout de la piste, le grand ravin qui déboule du pied de la falaise me tend les bras… impressionnant ! Je ne risque pas de m’y aventurer : grimper bien à l’ombre le long de son bord droit suffira à mon bonheur. C’est raide, c’est rude, c’est long… mais c’est tonique, varié et plaisant, même si je dois parfois m’arrêter un peu pour reprendre mon souffle (c’est que je n’ai plus 20 ans, ni même 60…). Vu les masses de terre remuées un peu partout, il doit y avoir pas mal de sangliers dans le coin !

Vers 9h45, me voici à découvert face au ravin : l’immense falaise est toute proche à gauche, et le ravin est devenu tout petit, il y a même une petite trace en face (voire d’autres plus bas – drailles ?). Mon alti marque 1705m, allez, je me lance.

Après la traversée du ravin (ici, un jeu d’enfant), ma trace se perd presque aussitôt : par où continuer ? Je me dis qu’en tirant progressivement à gauche en direction de la falaise, je ne peux pas me tromper. Au bout d’une montée certes moins raide, mais un peu aléatoire (je vais où, là ?) dans les herbes, les cailloux et les arbustes épars, j’arrive sous une bosse plus prononcée, je la remonte, et là miracle : juste en face, se dirigeant vers la paroi, la superbe croupe attendue, avec une toute petite trace au bout. Je me sens presque sauvé : et de fait, à partir de maintenant tout va marcher comme sur des roulettes. Les mélèzes à contourner par au-dessus puis, bientôt visible tout au bout, le point faible dans les rochers de la crête, y a plus qu’à ! Il est 10h35 (j’ai bien pris mon temps, vu tout ce qu’il y a à découvrir ici) quand je franchis sans peine les petits ressauts rocheux qui me mènent à la crête tant attendue.

Et là que vois-je auusitôt ? Un petit groupe de chamois qui ne s’attendaient visiblement pas à me voir émerger ici – j’ai juste le temps de 2 photos avant qu’ils ne déguerpissent, d’ailleurs sans s’affoler. Après cette belle récompense de mes efforts, me voici à nouveau en terrain connu (le final de l'itinéraire d’accès au Couard par la Barre des Dourbes). Les deux barres qui m’attendent ne m’impressionnent donc pas outre mesure. J’ai même d’abord envie de franchir la première en un autre endroit que celui qui est balisé ; mais j’ai un peu la flemme, et finalement je la redescends pour la passer là où c’est ultra facile (j’ai un peu honte mais bon…). Quant à la seconde, plus coriace, je n’insiste pas, le passage recommandé, sur le fil tout à gauche, est suffisamment ludique pour que je n’en sois pas lassé, et hop je m’y colle. Et là, juste au-dessus, deuxième récompense : tout près de moi, une brebis et son agnelet (doit pas être né depuis bien longtemps...), qui ne songe qu’à téter sa mère. Elle semble elle aussi surprise de me voir débouler ici, sans doute plus inquiète que ravie, mais elle ne s’éloignera que très lentement (l’agnelet n’apprécie pas trop que sa mère ne reste pas sur place, il a faim, lui !).

La suite est plus attendue. Mais j’admire quand même au passage le panorama, d’une netteté exceptionnelle, dont je bénéficie aujourd’hui sur la crête et au sommet (avec sa belle croix toute neuve, enfin !). Que de paysages divers en tous sens, de quoi y passer des heures ! Mais c’est pas le tout, on m’attend à Digne pour le déjeuner… Je reste quand même une bonne demi-heure là-haut, puis me précipite dans la descente 'normale', avec mon raccourci habituel vers le Pas d’Archail (où je suis tout fier de servir de guide à trois jeunes sympas qui hésitent sur l'objectif réalisable de leur rando du jour). Parti de là-haut à midi, j’arrive au parking du plan d’eau à 13h30. Digne n’est pas loin. Une matinée mémorable, parfaitement réussie, avec ces petits extras qui font tout le sel de ces escapades a priori faciles mais néanmoins revigorantes. A quand, et où, la prochaine ?

Photos de la sortie


  • Horaire : 4h45
  • Dénivelé : 980 m

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( ) bivouak.net

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