l\'Aubeyron Vire de l'Aubeyron

l\'Aubeyron Vire de l'Aubeyron

  • Altitude départ : 1012
  • Altitude sommet : 1553
  • Dénivelé : 550
  • Temps de montée : 2h
  • Temps de descente : 2h
  • Orientation : Est
  • Balisage : Marques jaune-vert horizontales pour monter. Rien sur la vire ensuite.
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire

Depuis Trézanne, monter au col de Papavet.


Au col, prendre le sentier qui bascule en versant nord, à l’horizontale, et qui mène jusqu’à la crête NNO de l’Aubeyron.


De là, en plusieurs lacets, et sur un chemin très bien tracé, on monte dans le versant. Lorsque la crête est rejointe, à nouveau, suivre son fil : on est encore en sous-bois.


A la première ouverture du sous-bois (petite plate-forme donnant sur le Trièves), aller jeter un coup d’œil : vous êtes sur ce qui sera le point de sortie de la vire. Là se trouve le débouché de la rampe qui permettra de remonter, à la fin de la vire.


Continuer le chemin sur la crête (la forêt est finie) et rejoindre le sommet de l’Aubeyron.


Traverser sur la crête horizontale en direction du Goutaroux (à 600 m plein sud).


Environ 200 mètres avant ce sommet, repérer le seul endroit où la falaise n’existe plus en versant est : c’est là le point d’entrée de la vire (une marque de peinture jaune-vert est faite sur une dalle de calcaire à proximité).


Première partie :


Descendre dans le versant (peu de trace, encore) en diagonale descendante direction sud (en visant 2 gros sapins vert sombre). On coupe une bonne trace de bêtes, environ 30 mètres sous la crête. Aller en direction nord, car c’est de là que commence la vire (la prolongation sud de cette trace mène à un passage très très exposé : non recommandé).


Cheminement horizontal, sans difficulté, ni technique ni d’itinéraire.


Arrivé sous le sommet de l’Aubeyron, repérer une grosse pierre rectangulaire (2 m de long x 1 m x 1 m) sous un sapin (cette pierre peut servir de table pour le casse-croûte à l’abri du soleil ; sinon, traverser le feuillage côté vide pour aller sur un beau promontoire, au soleil).


 Le point d’inflexion entre les 2 parties de la vire se trouve 30 mètres plus loin.


Deuxième partie :


A partir de là, la vire est en mode « descente ».


La trace reste belle, mais tout devient moins simple. La végétation est plus marquée, mais reste acceptable (les branches mortes en travers du chemin ont été sciées…).


Question itinéraire : rien à expliquer, c’est tout droit, à raz la falaise. Question franchissements : alors faites gaffe, c’est un peu technique, mais surtout c’est très exposé. Bâton rigide indispensable. Piolet peu utile car la couche de terre est faible aux endroits où l’on voudrait s’en servir. De mémoire : 5 passages exposés (au moins). Maigre consolation : la plupart de ces passages sont impressionnants de loin et « moins pire » quand on est dedans.


A un moment donné, la falaise côté gauche s’efface ; un cône terreux apparaît ; la trace ne traverse pas le cône, mais elle monte le cône : c’est la sortie. C’est un peu abrupt comme changement de rythme, mais la trace se voit de mieux en mieux en montant. Rester sur le côté droit de la montée, pas trop loin du vide (à gauche c’est plus bartasse). En 30-40 mètres de dénivelé, vous retrouvez la plate-forme signalée lors de la montée du matin.


Retour à Trézanne par le même chemin qu’à l’aller.


NB : J’avais choisi le sens de parcours tel que décrit dans ce topo, espérant que la descente serait commode. Mais, compte tenu de la réalité, peut-être serait-il astucieux de faire la boucle dans le sens inverse : remonter d’abord la partie 2 de la vire (en montée, les difficultés sont mieux gérées !) et finir par la partie 1, à l’horizontale (et peinard) ???


Précautions

Casque + bâton rigide + piolet (+ corde potentiellement nécessaire à plusieurs endroits). L'habitude - et un réflexe apparemment logique - font dire qu'en de tels sentiers il faut éviter d'y aller quand c'est mouillé. Oui c'est vrai : il ne faut pas s'y faire prendre pendant une pluie. Là, je suis d'accord. Mais je me suis trouvé sur cette vire le lendemain d'un très gros orage (orage à 20 h la veille), soit 12 à 14 heures après. Le sol n'était plus glissant ni trempé, évidemment, mais meuble. C'est la deuxième fois que je constate que, dans de telles conditions, et avec de très bonnes semelles de chaussures (bien sûr), le parcours en est facilité. Sur un sol très sec, au contraire, les semelles pourraient riper (sur les petits cailloutis) et rendre alors les franchissements moins commodes... A chacun de se faire sa propre conclusion, et ses propres règles de prudence. Pourquoi le bâton rigide ? C'est spécialement en cas de descente, et en cas de marches hautes à descendre qui font 40, 50 cm de haut. Dans ces cas, il faut s'accroupir pour poser le pied plus bas. Le bâton sert alors à faire un 3ème point d'appui, d'équilibre, surtout dans les passages exposés où le bon équilibre est obligatoire. Avant, j'utilisais 2 bâtons télescopiques, commodes à ranger dans le sac si besoin. Mais j'ai eu la mauvaise expérience, en m'appuyant dessus pour descendre un passage délicat, de le sentir se rentrer sur lui-même au fur et à mesure que j'y portais mon poids dessus....! Chaud, chaud ! ! ! Pourtant le système de blocage était bien en place, et tout semblait normal. Sauf que, au-delà d'un certain poids, le blocage ne bloque plus... La leçon a bien marqué, et depuis ce jour-là j'ai remplacé l'un de ces 2 bâtons télescopiques par un bâton rigide (de ski de fond). Et je m'en porte très bien. Voilà, voilà....


Commentaires difficultés

Montée R1 par les sentiers balisés. Descente par la vire à considérer en 2 parties distinctes : la première partie, horizontale, est aisée et peu exposée (R3) jusque sous le sommet de l'Aubeyron. La deuxième partie, en descente raide, est beaucoup plus sérieuse (R5) : plusieurs passages très exposés (au moins 5 dans mon souvenir).
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Topo créé le :

Clelles pour la D 1075; puis aller à Trézanne par la D 7 C


Sortie du 21-06

Vire de l'Aubeyron

Vue d'ensemble de l'itinéraire

Continuant sur la lancée du Serpaton et du Goutaroux, j’avais évidemment repéré l’Aubeyron, dont la vire prolonge, un peu plus au nord, celle du Goutaroux.

Choisissant une des rares journées de beau temps de cette mi-juin, je suis allé voir sur place ce mardi.  

La montée au col de Papavet est de qualité standard, si ce n’est que le Mont Aiguille domine les lieux, et qu’il donne sa pointe nord à voir à tout un chacun, ici.

Après le col, la montée en forêt (hêtraie - sapinière) est des plus charmante, d’autant que le chemin est très régulièrement tracé pour la montée. L’esprit, soulagé de l’effort physique à fournir, part dans ses détours, et cède le contrôle. Je me prends à observer les racines qui serpentent en surface, à imaginer le réseau qu’elles forment dans le sol, se touchant entre voisines, même se jonctionnant avec celles d’arbres de même essence, transmettant ainsi les nutriments de l’une à l’autre afin d’alimenter le petit arbre, celui qui est le faiblard du coin, et qui n’aurait pas assez à sa disposition pour grandir…

C’est là la vie secrète des arbres !

Plus haut, sur la crête, j’apprécie beaucoup cette partie de balade, qui amène au sommet de l’Aubeyron et qui est dégagée de tout arbre. C’est une vue pleine, tous azimuts.

Les choses s’enchaînent comme prévu, faciles et très plaisantes. Même le départ de la crête, descendant dans le versant pour aller chercher la trace des bêtes, se passe sans difficulté : pile à l’endroit dont j’avais eu l’intuition. Très vite la trace est visible. Et même, un gros genévrier, curieusement plat et haut au lieu d’être rondouillard, fait comme une rambarde à ce chemin. Maintenant, la vraie trace apparait : nette, voire grosse, filant vers le nord. Le passage qui – sur photo - m’avait semblé pouvoir donner du fil à retordre se montra tout évident et facile. Il n’y a qu’à avancer. Vraiment, cette vire est un plaisir ! Horizontale, le souffle n’est même pas sollicité sur son parcours. Je fais plein de photos. Et déjà me voici sous le sommet de l’Aubeyron : la moitié du chemin est déjà parcourue. Une pause casse-croûte s’impose. Cervelas, pain, orange et fruits secs ; un coup d’eau ; j’enchaîne les habitudes.

Maintenant, reprenant le sac sur les épaules, il faut filer vers la suite : la partie en descente.

La voilà. Tout va bien.

La trace est belle : je descends.

Dans un court raidillon, après trois quatre foulées un peu rapides et saccadées, je me bloque et me cale contre un sapin bienvenu au bord du chemin. Tiens, c’est pentu… Je dois veiller à ne pas me laisser embarquer dans cette pente. Et, visant tel caillou ou telle racine, les utilisant comme des marches d’un escalier, je continue cette descente plus lentement.

Tout à coup, un passage bizarre se présente. La falaise, côté gauche, commence à mordre sur la vire en un dégouliné de strates calcaire sur lesquelles la trace est notablement dissoute. Terre peu épaisse, rochers arrondis forment un sol peu ragoûtant. Et puis côté droit, côté vire, l’herbe, un peu épaisse, est posée sur une pente très raide, pente dont la largeur est vraiment réduite. Le vide est finalement tout proche, là. Ouuhhh ! Je n’aime pas trop tout ça. Utilisant le bâton rigide pour assurer mon équilibre, j’entame le passage. Lentement, précautionneusement. J’avance pas à pas. Ouf, ça y est ! La trace redevient plus plane, et quitte ces strates de la falaise. Je me rassure à nouveau. Vingt mètres plus bas, rebelote ! Oh là là. Cette fois, la trace est dans la terre mais, à la façon d’un petit toboggan entouré d’herbe, elle descend franchement droit en bas, trop raide à mon goût. Bâton rigide à nouveau en piste, je pose mes semelles avec la plus grande attention, et finis par franchir ces quelques mètres plus que délicats. A droite, c’est toujours la même situation : herbe, pente, balcon pas large. Bon, je me calme. Je reprends un souffle régulier. Et continue. Bing ! Cette fois, c’est une espèce de vague couloir, comme un entonnoir. Il faut descendre dedans, 5 ou 6 mètres sur des mottes de terre et d’herbe, au-dessus d’un simple arbuste sensé servir de filet de sécurité ??  Cette fois je sors le piolet. Avec lui, j’ai toujours été en sérénité. Sauf que là, la couche de terre est maigre, et la pointe vient vite buter contre la roche sous jacente sans pouvoir ancrer correctement. M..de, ça ne va plus, là ! Je bloque le mode « gamberge » du cerveau, et m’applique à trouver les meilleurs appuis de chaussure. Bâton rigide toujours. Ça y est, c’est franchi…

Les questions commencent à se poser, et l’idée de faire demi-tour est triturée. C’est évidemment possible. Mais, en faisant le constat de la situation, chaque difficulté s’avère ne pas être bloquante. Elle est, en fait, au premier abord, impressionnante, mais au franchissement pas complètement difficile. Simplement, je ne m’étais pas préparé à ces situations, avais imaginé une trace simple, commode, qui déroule tranquillement. Et là, ces passages rudes qui s’enchaînent les uns à la suite des autres, ça m’use le mental. Il est sûr que la fin approche, mais je trouve qu’elle met du temps à arriver, cette fin.

Le scénario continue malgré tout, et deux ou trois passages du même calibre (le nombre précis me fait défaut) doivent être négociés encore avant que je ne reconnaisse enfin ! le cône de terre qui signale la remontée sur la crête. Ouf ! Là je pousse un grand soupir de soulagement… C’est fini ! Content, le bonhomme !

Tout le long du retour, je repense à ce que je viens de subir. C’était très impressionnant. Mais finalement le niveau de sécurité restait correct. C’est vrai, la pression est montée fort, oui. Cela a empêché d’avoir du plaisir, sur l’instant. Ça l’a gâché un peu, parce que je ne m’étais pas préparé à ce genre de difficultés. Pourtant…

Pourtant, quand je regarde mes photos, aujourd’hui, je trouve que ces passages ont  « du chien », et je regrette vraiment d’avoir manqué d’en profiter. Sur l’instant, j’avais besoin que cela finisse. Mais peut-être cette vire est-elle plus agréable, en fait, que les sensations qu’elle m’a ainsi laissées… ???

Comme il est très rare que je retourne faire une de ces balades, probablement ne saurais-je jamais ce qu’il en est. Ni l’idée d’aller planter quelques spits dans les rochers de ces passages ; ni l’idée d’aller faire cette vire dans le sens « montée », pour voir la différence ; rien de tout cela ne me tente, aujourd’hui. Et puis j’ai plus d’envies autres à faire dans ma liste que je ne dispose en temps pour les réaliser. Alors, pour la prochaine sortie, j’irai ailleurs. Et la vire de l’Aubeyron restera avec sa part d’incertain, et d’incomplétude.

En tous cas, il n’y a pas de doute : cette vire, en descente, fut l’un de mes moments intenses.

 

Photos de la sortie


  • Horaire : 5h
  • Dénivelé : 550 m

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( ) bivouak.net

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