Hier nous sommes arrivés dans les Pyrénées avec une fugace éclaircie, mais depuis c'est la soupe à la grimace, la météo locale est formelle, il va faire dégueulasse pour longtemps. Un coup de fil de Jean-Pierre termine de me mettre le moral dans les chaussettes, demain il va pleuvoir toute la journée. On se remonte le mental en regardant Questions pour un Champion, on aime bien quand on est en vacances vu qu'on n'a pas la télé à la maison.
Toutefois par acquis de conscience je jette un œil sur mes sources météorologiques alpines et là, quelle n'est pas ma stupeur de voir une minuscule fenêtre de tir, pile sur le Pic du Gar ! C'est bon entre 10h et 11h, avant il pleut, après c'est l'orage. Ils annoncent également une forte instabilité avec des thermiques nucléaires dès 11h.... Toute la nuit j'ai cauchemardé que nous décollions malgré tout avant d'être définitivement emportés par l'orage, bref je n'ai rien dormi.
Ce matin les prévisions alpines semblent parfaitement judicieuses puisqu'un plafond gris a envahi le ciel tandis que seuls les plus hauts sommets à la frontière sont pris dans la tourmente. Nous voilà donc partis la fleur au fusil malgré les essuie-glaces parfois nécessaires en raison d'un crachin typiquement breton... Faut y croire.
L'espoir faisant vivre, nous commençons la marche gaillardement depuis le délicieux petit village de Bezins. Comme nous aimons faire cette balade, déjà elle est belle et en plus c'est là que nous nous sommes vraiment connus en 1986, depuis nous filons le parfait amour (si l'on excepte quelques petites brouilles suite à mes conneries récurrentes, heureusement vite oubliées). La marche est un vrai plaisir sur ce chemin séculaire, un petit coup de vent nous inquiète un peu à mi-chemin mais finalement, au col de Teïech l'espoir de pouvoir voler devient tangible, bonne visibilité, léger vent parfaitement bien orienté de sud, tous les voyants sont au vert.
La dernière partie est faite dans une joie communicative, le ciel se découvre ! Nous touchons la croix pour la 124 ème fois si mes tablettes sont justes. Les parapentes sont installés avec pour uniques spectateurs une nuée de vautours enroulant les premiers thermiques. Le vol est un délice de tous les instants, le vario couine, il suffit de suivre les gros volatiles au plané majestueux dans le ciel pyrénéen. Qu'est-ce qu'on y aime cette randonnée du Pic du Gar, c'est rien de le dire. On se pose en bas enthousiasmés par ce vol inespéré. Il ne reste plus qu'à remonter chercher la caisse garée 2 km plus loin. Un habitant de Bezins nous facilitera la tâche en prenant Hélène en stop pendant que je marche jusqu'à chez Paul Pujol où nous avons la bonne surprise de voir son adorable maman, celle qui nous emmenait inlassablement sur les sites FFVL il y a 35 ans.
Il nous faut vite déjeuner sur la terrasse de notre petite location de Cier avant de repartir visiter la centrale hydroélectrique du lac d'Oô... Mais on s'est gouré de jour, c'est demain. La suite au prochain épisode !