Geoffroy Rémi

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Refuge du Goléon
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De retour au lac, LA vue !
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Du sommet, le glacier Lombard
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Ecrins, Meije, Râteau...
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L'arête à remonter
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Goléon et glacier Lombard
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Dans le vallon du Maurian
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refuge du Goléon
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Panneau du Col St-Thomas (agrandissement)
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Rocher du Coq
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  • Bonjour Bruno,


    Je me souviens bien qu'en avril 2015, vous m'aviez contacté via bivouak, suite au récit  de ma folle tentative au Cheval Blanc en juillet 2003, justement par la Barre des Chamois (topo de la Crête du Pré de l'évêque). On avait alors échangé par mail sur votre projet, notamment sur la façon la moins éprouvante de grimper au Cheval Blanc par la face ouest (j'ai retrouvé nos échanges dans mes archives...). Et voilà que vous avez parfaitement réussi votre défi, un peu plus de deux ans après. Un grand bravo donc pour ce double exploit, à la fois  technique et sportif ! Car même par la Baisse de Pompe, la montée reste ultra raide. Quant à la photo, prise d'une telle distance, elle est d'une qualité stupéfiante...

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  • on voit mieux comme ça smile. Ce panneau a été posé en 1942, sous l'occupation, par des étudiants de Thiers, et a depuis été volé - puis réinstallé - de nombreuses fois... Pour plus de détails :  http://www.auvergnedelyon.fr/index.php/non-classe/ici-commence-lauvergne-ici-finit-la-france-col-de-saint-thomas-1091


     


     


     


     

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  • Vue arrière

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  • Après une première reconnaissance très partielle (Col St-Thomas - Rocher de Montlune en A/R), me voici donc parti pour la "totale"… Ce matin la météo est mitigée (soleil et nuages ne cessent de rivaliser), donc idéale par les temps qui courent ! Par chance, le brouillard qui au début cherchait à s’en mêler abandonnera le combat juste au-dessus du Col St-Thomas.

    Disons-le tout de suite : je n’ai pas vu un chat (qu’il soit bi- ou quadripède) de la matinée. Autrement dit : solitude quasi garantie dans les Bois Noirs (idem pour mes précédentes randos dans ce massif), du moins en semaine… et je ne m’en plains pas, le seul inconvénient étant que personne ne vous renseignera en cas de doute sur l’itinéraire ; mais ici ça fait partie du jeu, donc go !

    Le prélude en forme de demi-cercle approximatif vers le Sud (entre la Croix St-Martin et le Col St-Thomas) me plonge aussitôt dans l’ambiance des lieux : je me fraie mon chemin, parfois bien herbeux, en sous-bois, dans une sorte de petite jungle : troncs couchés, monceaux de branchages, ferme à l’abandon, murets d’un autre âge aux pierres moussues, sentier disparu sous la végétation foisonnante, bref, les Bois Noirs dans toute leur splendeur, comme j’ai appris à les aimer... Au Col, je m’enchante du vieux panneau métallique rouillé (tout un symbole, là encore) sur l’Auvergne et la France, un must qui m’avait échappé lors de ma sortie de reconnaissance !

    Mais une fois arrivé à la clairière 1190, à quelques minutes du Rocher de Montlune, l’idée me prend soudain de rebrousser un peu chemin pour aller chercher le "vrai" sommet de Montlune, 5m plus haut, dans les grands sapins de la butte. Je venais en effet de repérer au passage, juste avant, quelques mètres de vieille piste bien encombrée à droite du chemin, et je m’étais dit que c’était peut-être bien par là qu’on pouvait accéder au vrai sommet. Donc demi-tour ! Je retrouve la vieille trace, mais quelques mètres après, plus rien. Qu’à cela ne tienne, je continue en bartassant dans le bric-à-brac de branches et de troncs pourris, je veux mon sommet ! Et à force de fouiner et de tournicoter, je pense enfin y être arrivé : un grand fouillis avec, tout autour, aucun point plus haut. Photo, puis retour. Oui mais… d'où suis-je arrivé ? D'ici... ou de là ? Soudain j’ai un gros doute : tout autour, à 360°, le même spectacle de hauts sapins avec de gros amas de troncs et de branchages entremêlés au sol. Le soleil, au zénith, ne m’est d’aucun secours. Délicieux petit instant de panique… Ne reste plus alors qu’à sortir de ma poche boussole et carte IGN (d'alleurs tronquée : le sommet est juste hors carte, je l’ai donc rajouté au crayon dans la marge !). Après un examen attentif (on se calme…), je décide qu’en mettant le cap au SE, je finirai bien par croiser mon chemin d’arrivée. C’est ainsi qu’après avoir enjambé des monceaux de débris au sol (fichue galère dans ce capharnaüm !), j’ai effectivement fini par retrouver, avec soulagement, quoique un peu plus bas qu’attendu, ledit chemin.

    Le retour à la clairière 1190, puis l’accès successif aux deux rochers de Montlune avec vue sur les lointains (ça fait du bien !), me paraissent dès lors un jeu d’enfant.  La suite, elle, reste à découvrir ! Mais même cette exploration, y compris sur des chemins non marqués sur ma carte (c’est encore plus excitant !), me semble d’une simplicité biblique : la descente raide dans les caillasses jusqu’à la ferme de Montlune (hélas fermée, j’aurais dû m’en douter !), suivie de la remontée (tout aussi caillasseuse) jusqu’au terre-plein/ carrefour 1040, puis la piste en crête (mais en sous-bois) qui mène à la clairière à vue panoramique, et au rocher du Coq (enfin, j’ai supposé que c’était ça : superbe découverte, inattendue, enserrée dans les sapins, dont j’ai fait le tour sans essayer d’y grimper, pas évident à première vue) et au-delà, tout cela ne m’a plus vraiment posé problème. Et la fin de la descente est arrivée bien plus vite que prévu – si j’avais su, peut-être aurais-je eu le temps de tenter (prudemment !) d’escalader les blocs du rocher du Coq ? Petit regret pour une belle petite rando, somme toute, dans mes rudes Bois Noirs – j'y reviendrai !

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  • Soleil éclatant et grosse chaleur : ça tombe bien, ma sortie du jour se déroule pour l’essentiel dans l’immense et très belle forêt d’Aygebonne. Dès la Croix des Tuiles, je m’y enfonce avec délice...

    Premier écart par rapport aux quelques topos que j’ai pu voir : je décide de passer par le Roc Blanc, où la trace s’arrête sur IGN... Et après, il y a quoi ? Toujours cet irrésistible attrait de la découverte de l'inconnu … L’accès à ce petit sommet, à travers une éclatante haie d’honneur de genêts en fleurs, me console largement de son peu d’intérêt. Mais c’est surtout le magnifique point de vue à la descente, heureusement signalé, qui donne tout son sel à ce détour (quel beau défaut, la curiosité !). Et quelle descente… Dès le départ de l’accès au Roc Blanc, j’avais remarqué ce curieux balisage vert sur de petits cartons (!) : "Virée des Rocs / Roc Blanc-Rochemulet". Eh ben voilà me dis-je alors, c’est merveilleux, y a plus qu’à suivre ! Et en effet, c’est un précieux auxiliaire sur ce trajet assez tortueux, où la trace parfois se perd un peu … Sauf que, au bout d’un certain temps, quand on débouche enfin sur la bonne piste (vers 850m), donc apparemment tout près de Rochemulet, eh bien le balisage repart de plus belle à droite en forte montée… et s’éloigne visiblement du hameau ! Intrigué, je m’engage quand même sur la suite de ce chemin balisé. Et lorsque vers 900m, je vois à ma gauche, derrière un immense hêtre, un gros piton rocheux, j’y grimpe, bien sûr. Et à nouveau, je découvre là une superbe vue panoramique, de la chaîne des Puys jusqu’aux Bois Noirs…

    Tout excité, mais pas au point d’en perdre la raison (mon temps est limité !), je renonce finalement à poursuivre l’aventure, et fais demi-tour jusqu’à la piste. Là je tombe sur mon premier humain du jour, encombré de pots de peinture verte : il est en cours de balisage pour le compte du PNR ! Quelle aubaine : il m’explique tout (ou presque)… tout en s’emmêlant les pinceaux (héhé !) sur la position du Roc Blanc, mais finalement il reconnaîtra son erreur, me voilà rassuré. Résultat des courses : la fin de la grande boucle de la virée des Rocs, ce sera donc bien pour une prochaine fois, et d’ailleurs je ne m’étais pas trompé : Rochemulet est bien à deux pas d’ici !

    Arrivé donc peu après à Rochemulet, je croise mes seconds (et derniers !) humains du jour, un couple de résidents qui m’indiquent l’aller-retour au point de vue du coin (pas mal, mais ça vaut pas les deux que j’ai découverts plus haut, tout seul comme un grand !), ainsi que le petit raccourci, à la dernière maison, vers la piste du Grun.

    Je ne regretterai pas le grand tour inférieur du Grun à partir de la MF d’Ayguebonne : c’est une très belle façon de se pénétrer de l’ambiance si spécifique de cette étonnante petite montagne, où d’immenses éboulis de blocs rayent les profondes forêts de résineux. Au bout de la"piste-découverte" (pour tous…) qui va du Naud jusqu’au pied de la Pierre de l’Homme, je reste saisi par le spectaculaire chaos de gros blocs d’où émerge là-haut la Pierre sommitale. Et immédiatement me prend l’envie irrépressible d’y grimper. Je dois me retenir de tenter l’ascension par ce raide versant, il y a sûrement plus facile ? Et en effet, en revenant un peu en arrière, y monter par le versant opposé en sous-bois est presque un jeu d’enfant ! Et de là-haut, je savoure ma troisième vue "magique" du jour, avec cette fois en prime le sommet tout proche du Grun (sa croix, son éboulis…).

    Cela fait, reste cette fameuse table d’orientation-mystère (le couple m’avait prévenu : "Vous aurez du mal à la trouver…" - ce qui n’a fait que renforcer ma détermination). De retour au terre-plein avec ses deux panneaux, j’en découvre un 3ème au bord de la coulée de blocs, et surtout une petite flèche vers le "Secret de lumière". Comme elle pointe vers l’éboulis, je n’hésite pas, je me lance. C’est pas de la tarte, mais comme j’aime ça, je vais pas me plaindre. Le problème, c’est surtout : il est où, ce truc ? J’avance, j’hésite, je dévie un peu, je tente, un peu plus haut, un peu plus bas… toujours rien. Je finis par me dire qu’une table, c’est plutôt plus haut que plus bas. Donc je remonte en tirant un peu vers la gauche… Et à force de m’acharner (et ayant repéré dans les blocs ce que j’ai interprété comme un petit indice ?!), eh bien j’ai fini par la trouver cette fichue table, tout petite dans son coin, flanquée d’un ultime panneau. Me voici tout content et fier d’avoir réussi – on dirait un gamin, j’ai presque honte !

    Bon, c’est bien beau tout ça, mais maintenant va falloir me sortir de là. Et comme je ne suis pas décidé à retourner par là où je suis monté, l’idée me vient qu’un accès nettement plus simple doit être possible – peut-être "par derrière", comme pour la Pierre de l’Homme ? Gagné ! Je le trouve presque sans difficulté, dans les myrtilles et les pins du versant opposé (avec même comme des bouts de trace ?). Ben voilà, je suis tout content de moi…

    Après ce double exploit, je file au sommet du Grun, quasiment la porte à côté. Je le trouve aisément, après avoir fait le rapide demi-tour supérieur par le sud. Et là : quatrième (et le plus beau, à 360° cette fois-ci) panorama du jour, on ne s’en lasse pas, c’est le jour des vues panoramiques sur le Massif Central, donc je m’en gave sans restrictions…

    La suite et la fin seront sans histoire. Tout marche comme sur des roulettes, toujours sans rencontrer personne. J’arriverai à Vollore-Montagne bien plus tard que prévu, à cause de toutes ces petites "aventures" imprévisibles, mais je ne les regrette pas, c’est là que j’ai pris le maximum de plaisir, et c’est surtout d’elles dont je me souviendrai…

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  • Aujourd’hui je me décide enfin à réaliser ce projet mis en attente depuis longtemps : joindre en une seule rando les sommets et autres curiosités remarquables que présente le plateau au Sud de St-Genest-Malifaux. Une fois satisfait du résultat sur le papier, et vu la météo annoncée, c’est parti.

    Même si je connaissais déjà Chaussitre, Panère et la tourbière (ces deux derniers depuis peu…) pour les avoir visités séparément en famille ou en groupe (ils ne sont jamais bien loin d’une route carrossable…), la découverte de l’itinéraire et celle des 3 Évêques devraient suffire à mon bonheur. Et en effet, ce fut le cas.

    Ce matin il fait juste frais comme il faut, et le ciel a juste les quelques nuages qu’il faut, ça va éviter les grosses chaleurs de la mi-journée. Après l’énorme orage d’hier sur la région (en tout cas sur St-Étienne, impressionnant !), il y a de grosses flaques d’eau ça et là sur les chemins forestiers, mais rien de gênant. J’espérais en secret que cet orage aurait "lavé" le ciel pour me permettre de jouir enfin d’une vue panoramique grandiose sur les Alpes depuis Panère, conformément à la table d’orientation ; hélas, ce fut à nouveau raté, toujours bouché de chez bouché (faudra revenir un jour bien lumineux de fin d’hiver ?...).

    Les sous-bois sont doux et agréables, les hameaux pimpants avec leurs maisons aux impeccables parements de pierre. Malgré, parfois, la relative complexité des voies à suivre, je n’ai aucun mal à m’y retrouver (faut dire que j’avais bien bossé avant sur ma carte IGN…). Et à ma première hésitation (les 3 Évêques, encore inconnus de moi), un coureur surgi de la forêt comme par miracle me lance en désignant l'endroit : "Vous cherchez la Table ? Elle est juste là, à deux pas" - même pas besoin de chercher !

    Plus loin, mon second tour de la tourbière de Gimel m’enchante toujours autant (les tourbières me fascinent, va savoir pourquoi…). Même si, je suppose, il y aurait sûrement encore bien plus à voir au cœur de l’été (ah, la petite droséra carnivore… ou la magnifique libellule-nymphe au corps de feu !) ; là encore, faudra revenir… Aujourd’hui ce sont surtout les innombrables petites linaigrettes qui se distinguent, comme autant d’étoiles dans le tapis d’herbes et de mousses d’un vert éclatant.

    Comme dit, à Panère, juste à côté, ce sera un peu la déception, donc je me console avec la vue les beaux "menhirs" et autres pierres exhumées de la "jungle" qui avait tout recouvert, et bien sûr de cette incroyable table d’orientation dont je ne me lasse pas…

    La traversée vers Chaussitre, après un sauvage sentier de descente en forêt, est un petit jeu de piste entre les fermes (l'une bien protégée par des panneaux dissuasifs, donc faut trouver à passer ailleurs) et les hameaux, mais ça va, rien de méchant ! Après la remontée sur Chaussitre, je rencontre enfin quelques humains, là-haut, vers la table, au milieu de l’explosion des genêts en fleurs. Cette fois je me console avec le panorama sympa (ici on ne promet pas la lune, juste un petit bout de Massif Central !).

    Et pour le retour, vu que je connais déjà le sentier de la Pierre St-Martin, j’opte pour le sentier inconnu : le direct vers le parking de Valadon, là encore bordé de genêts, sans aucune "Pierre" exceptionnelle à se mettre sous la dent, ou plutôt le pied, mais ça je le savais. De Valadon il me reste plus alors qu’à filer vers Saint-Étienne… où je constate que j’ai dû laisser au parking (un peu cahoteux !) un bon morceau de mon pare-chocs avant (il est vrai déjà bien secoué il y a peu par un choc frontal avec un petit plot ridicule à ras de terre lors d’un démarrage en ville). Bah, pas grave, ça va juste accélérer son remplacement…
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  • J’ignorais récemment encore jusqu’au nom de ce remarquable sommet, pourtant proche de notre pied-à-terre des Monts du Forez… mais quasi absent des topoguides que je connais. Peut-être parce qu’il n’a été "aménagé" qu'au début des années 2000 ? D’ailleurs sur ma carte IGN il n’a même pas de nom, ni d’accès tracé jusqu’au bout – juste un point et l’altitude…

     

    Au départ de Vollore-Montagne vers 8h, j’ignore encore si je pourrai réaliser en une matinée (même "élargie") la boucle un peu ambitieuse que j’ai dessinée sur ma carte, incluant le crochet facultatif mais bien tentant vers l’Hermitage. Trouver la bonne rue de départ me prend comme souvent un peu de temps, mais cela fait, ça roule sans problème. Jusqu’à ce que… parvenu sans encombre au-dessus de Bessières, je vais perdre bêtement près d’1 h. en me précipitant trop tôt, sans même un œil sur ma carte , à droite dans une piste forestière assez raide et fraichement labourée par des engins forestiers (j’aurais dû me méfier !), afin de rejoindre l’Hermitage, justement. Mal m’en a pris : si la piste montait bien dans la bonne direction, m’a-t-il semblé, elle a fini par s’arrêter brutalement, impossible de continuer ! Contrarié, je redescends et tente une autre piste à la première intersection en-dessous… avec le même résultat ! Bêtement je m'acharne, toujours sans sortir ma carte (y a des moments où j’ai du mal à me comprendre…), et je tente une troisième voie, toujours dans la même direction… et qui se termine encore une fois en cul-de-sac ! Furieux, je me décide enfin à rejoindre la piste principale tout en bas, où je à sors enfin ma carte de la poche. Je constate aussitôt mon erreur : le vrai carrefour est juste après, aveuglant, superbe, avec sa petite croix au début du GR vers ND de l’Hermitage !!! Vu le temps perdu, je renonce à l’Hermitage (que je connais bien), et prends donc la branche de gauche du GR3 qui file vers le nord.

     

     Là bien sûr, je ne risque plus rien ! Au grand carrefour de chemins vers 1070m, j’hésite : la sagesse me dit de continuer sur le GR et de suivre le balisage et les panneaux jusqu’à la Pierre Pamole. Mais un autre panneau, vers la gauche, m’intrigue : "Arbre du diable", rien que ça ! Incorrigible, je ne résiste pas, j’y vais. Par chance, un peu plus loin, un autre tout petit panneau pointe à droite sur une sente en bonne montée : "Raccourci Pierre Pamole". Bon, assez joué, tant pis pour le diable, je prends le raccourci ! Et c’est ainsi que j’arrive, à 11h pile, à mon sommet du jour. Il y a plein de monde là-haut, preuve de l’incontestable réussite touristique (pour l’authenticité, c’est une autre paire de manches…) que constitue l’aménagement récent de ce superbe sommet.

     

    Une demi-heure après, après en avoir pris plein les yeux, j’entame ma descente. Elle sera sans histoire, agréable boucle vers l’ouest puis le sud, avant le retour (sud-ouest) de la Croix des Tuiles jusqu’à Vollore-Montagne, où j’arrive un peu avant 13h30, très content de ma découverte de ce sommet inattendu et surprenant, et impatient d’aller dès que possible rendre visite à son alter ego de l’autre côté (au nord-ouest) de Vollore-Montagne : le Grun de Chignore…

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  • Justement, ce jeudi estival, pourquoi ne pas refaire cet itinéraire familier, mais cette fois avec les deux variantes que j’ai postées hier (ça fait des années que je n’ai pas regravi le chirat du Saut du Gier) ? Le parking est désert de bon matin, mais très vite je rencontrerai plusieurs randonneurs, dont un gros groupe de Vernaison, que je rejoins (et renseigne) vers le Saut du Gier ; ils me suivent jusqu’au pied de la cascade, mais pas dans la remontée des blocs du chirat… Cette montée, restée assez délicate dans mon souvenir, est en fait un jeu d’enfant (et un vrai petit plaisir) pour peu qu’on s’aide un peu des mains. Et je retombe sur mon groupe (qui était passé par le "mur" balisé) dès ma sortie du chirat, sur le sentier normal, avant de les distancier peu après.

    À la Jasserie, c’est la foule des grands jours ! Des voitures et des groupes de marcheurs à la pelle ! Ben oui, c’est l’Ascension, et il fait grand beau. Au sommet de la Perdrix, je n’avais encore jamais vu autant de monde. Et ils ont bien de la chance : car aujourd’hui on distingue assez bien le Mont Blanc et la Meije (entre autres) ; d’ici, c’est pas tous les jours… (pas plus tard qu’hier, à Panère, tout était bouché !).

    Dans la redescente, j’hésite : tout à l’heure j’ai oublié de prendre quelques photos du chirat, mais je n’ai pas du tout envie de redescendre cette coulée de blocs, trop pénible à mon goût… Finalement je décide de ne descendre que jusqu’au sommet de la coulée, j’y prendrai quelques photos puis je remonterai sur le sentier "normal", avant d’emprunter un peu plus bas ma variante de descente.

    Parvenu au sommet du chirat, je vois deux jeunes assis dans les blocs. En fait, ils sont montés là comme moi, mais ne savent plus trop où est la sortie ! À nouveau je joue au guide savant, et on remonte ensemble jusqu’au sentier. Puis il ne me reste plus qu’à poursuivre la descente comme prévu, sur mon sentier "sauvage" - où je constate une fois de plus que mes quelques cairns ont fait des petits : il y en a de plus en plus, preuve que cette trace, confidentielle il n’y a pas si longtemps, est de plus en plus fréquentée.

    Le seul déplaisir de ma matinée sera une horde de beaufs sur 2 et 4 roues, moteurs hurlants, pétaradant, polluant, et saccageant les raides et fragiles sentiers de ce beau parcours forestier, j’aurai toujours du mal à comprendre… Parvenu au petit parking de la Scie du Bost, j’y dénombre 14 voitures, record largement battu (je n’en avais jamais vu plus de 4 ou 5), et toutes (sauf la mienne) d’autres départements que le 42. Bienvenue à tous dans "notre" Pilat !
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  • Une journée correcte dit la météo. Eh ben on va y aller voir, j’ai justement un bout de Pilat Nord encore inexploré, et qu’il me tarde de connaître.

    A Sainte-Croix, parking encore désert de bon matin, il fait beau, mais ça souffle. Bah, le vent… j’ai l’habitude ! Je me lance donc, d'abord sur un bout de trajet connu depuis peu (jusqu'à la Croix du Sud), puis dans l’inconnu avec la longue montée vers le Sud, où je ne rencontrerai pas un chat. Seul le vent (d’Est ou du Sud ?) me tient compagnie, normal, on annonce un changement de temps imminent. Je me retourne souvent pour profiter de belles vues arrière. Seul problème : à la traversée de la route au pt 683, le sentier censé continuer en face (sur IGN) est inexistant… Je finis par prendre celui (également sur IGN) qui remonte plus loin à gauche sur la crête, ouf, pas de panique. Si bien que j’arrive assez vite sans encombre au sommet du Montivert, sympa, mais rien de spectaculaire, et la fenêtre vers l’Est entre les arbres me fait comprendre que, comme attendu, ce n’est pas encore aujourd’hui que je verrai le Mont Blanc !

    La suite, en descente en sous-bois vers l’Est, sur un sentier plus aventureux, parait plus excitante. Tiens, une trace à droite : elle me mène droit à un beau point de vue bien dégagé sur la vallée du Rhône tout en bas… mais aussitôt arrivé, une violente rafale me renverse, et me voilà à terre dans les genêts ! J’essaie de me redresser pour prendre une photo, mais c’est impossible, et je la ferai donc assis par terre, cramponné à mes genoux !

    Même chose une fois arrivé au vaste terre-plein : la vue y est encore plus belle et panoramique, mais le vent continue à y souffler en tempête : sa violence est impressionnante, mais je ne m’en plains pas, j’ai toujours aimé ça ! Pour les photos, je m’adosserai donc dorénavant à un arbre ou un rocher… Le sentier vers Bélize me ravit, et j’y croiserai mes premiers humains du jour (deux coureurs avec leur chien, puis d’autres encore). En sous-bois j’entends en permanence un bruit d’avions au-dessus de moi – encore le vent, évidemment ! Les multiples pierres éparpillées au lieu-dit Château de Bélize me laissent rêveur, j’y erre longuement… encore un mystère de plus dans ce Pilat a priori si brut de décoffrage !? Sur la suite du toujours superbe mais étroit sentier de crête, un peu plus à l'abri du vent, ce sont cette fois des vététistes que je croise ou qui me doublent (faut que je me gare à chaque fois)… ils sont si nombreux que je finis par croire à une course - mais non me dit l’un d’eux : c’est juste que c’est dimanche ! Est-ce pour cela que j’ai loupé le sommet du Crêt de Baronnette ? En effet le sentier redescend… donc demi-tour : je finis alors quand même par trouver ce sommet que rien n’indique dans ce bois et que seul un amas de rochers permet me semble-t-il d’identifier...

    De la suite, je retiens surtout cette vue magique (j'en oublie presque la violence du vent !) qui m'attend au bout du chemin après le passage à découvert dans la lande, en poursuivant à droite à l’intersection vers la Grand-Brache : malgré, hélas, une chaîne des Alpes quasi invisible dans la brume tout au fond, la vue sur le ruban lumineux du Rhône qui serpente paresseusement tout en bas au creux de sa large vallée vaut largement le détour…

    De retour sur le chemin vers le Grand-Brache, ça se gâte : je croiserai cette fois des trialistes (j’aime pas, d’ailleurs ils me saluent pas… sauf deux, quand même !), puis plus bas, comble de l’horreur, des quadistes (qui ne saluent jamais personne). Par chance je peux aussitôt après renseigner deux charmantes randonneuses désireuses d'aller au château de Bélize - ça fait du bien ! Dans la dernière grimpette (qui permet d’éviter la route) au-dessus de la Grange Rouet, j’aperçois par hasard une sorte de sculpture dans la forêt, je m’approche. En principe je n’apprécie pas ces zartistes qui déposent leurs chefs-d’œuvre en pleine nature ; mais là pour le coup, cette jeune femme sculptée dans un tronc, censée donner forme humaine (et un joli prénom : Lou) à une sœur jumelle du sculpteur morte à la naissance, ce qu'il ignorait totalement depuis plus de soixante ans (c’est expliqué dans un poème joint)… étonnant, non ?

    Mon petit circuit s’achève enfin avec la fascinante descente plein nord (le vent s'est un peu calmé), où j’en prends encore une fois plein les yeux, de la vallée du Gier au Lyonnais et aux sommités boisées qui me séparent de la vallée du Rhône ; avec, pour terminer en beauté, la plongée progressive, comme un zoom tout en douceur et au ralenti, sur la Chartreuse dont les murs vénérables, les tours rondes du portail et le superbe clocher se rapprochent insensiblement à chacun de mes pas…
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  • Comment ne pas profiter de ces divines journées printanières de plein soleil pour poursuivre mon entreprise de découverte de ce secteur nord-est du Pilat ? Je l’avais commencée il y a moins de six mois à la faveur des quelques demi-journées que je peux m’octroyer actuellement. Va donc aujourd’hui pour ce circuit bien tentant à l’ouest de Sainte-Croix-en-Jarez, et que j’avais déjà repéré à l’occasion de ma première rando dans ce secteur, autour du barrage de Couzon tout proche.

    Et me voici, au départ de la rando, déjà tout ragaillardi à la seule vue de la superbe Chartreuse (elle aussi découverte depuis peu, et même pas encore complètement visitée, quelle honte !). Il fait encore froid ce matin, mais le soleil levant qui inonde de lumière le monumental portail d'accès au "village" chartrousin (on peut dire ça, ou c’est une exclusivité iséroise ?) est aussi mon meilleur dopant. Je pars donc plein d’entrain à l’assaut des premières côtes du parcours, d’abord à l’ombre du joli sentier rocheux, puis à découvert jusqu’à la robuste ferme des Joannes. Peu après, en guise d’apéritif, une première crête ouvre déjà largement la vue de part et d’autre du chemin. Puis un stimulant petit jeu de piste (facile !) va me mener jusqu’au hameau de Seyoux.

    Et là c’est parti pour la montée sur les crêtes, et leur succession de vues plongeantes sur les petites ou immenses vallées de part et d’autre (tiens, revoilà mon barrage de Couzon). À la Croix du Cerisier (carrefour de 5 directions différentes !), il serait dommage de couper déjà directement en plongeant à l’ouest dans la vallée (d’ailleurs ça semble impossible sur le terrain, car la trace sur IGN, visiblement plus du tout fréquentée, est entièrement encombrée de végétation). Je file donc en crête vers le nord comme prévu, avec en prime l’odeur entêtante de milliers de genêts en fleurs ! Oh ce sont des crêtes bien douces, et larges, et confortables (on n’est pas dans les Alpes, ni même dans le haut Pilat plus au sud !). Ici circulent paisiblement quelques randonneurs, coureurs et vététistes (sans parler des heureusement rares athlètes de haut niveau sur leurs motos ou leurs quads…). Je fais durer le plaisir au maximum, donc jusqu’à la très large trouée en forêt de la ligne à haute tension, où il faut bien se résoudre à franchir la petite vallée d’Égarande, mais là le plaisir persiste tout au long de la descente (quelles vues !), on en oublierait presque ces affreux pylônes…

    Et puis on remet ça sur la crête d’en face, en sens inverse (nord-sud donc), de Farnay (que l’on effleure au sud) jusqu’au Crêt de Montieux. Et là, à partir de la vierge, on en a pour son argent, c’est beaucoup plus long et c’est superbe. On domine à droite Saint-Paul-en-Jarez et toute la vallée du Gier. En plus on a droit au petit intermède mégalithique avec le mystère de ses deux roches à cupules, qui émergent aujourd’hui d’une mer de genêts en fleurs. Moins poétique, un peu plus loin : il faut enjamber des mètres et des mètres de chenilles processionnaires en travers du chemin - mais il suffit d’imaginer tout ce redoutable petit monde en papillons, et tout change ! Arrive enfin le petit dôme sommital du jour, totalement inoffensif, mais (abstraction faite de la clôture barbelée !) charmant, avec ses petites vues vers le nord-ouest et le sud-est…

    La descente finale qui s’ensuit jusqu’à Sainte-Croix est assez brève, très variée mais dépourvue des vues panoramiques de la montée. Là encore c’est un petit jeu de piste, plus facile même qu’à l’aller, mais corsé par le bout de parcours hors trace qu’il va falloir se farcir dans un pâturage, puis en bordure d’un champ en pente (en fait il suffit de garder la même direction, c’est un jeu d’enfant). Mais deux rencontres inattendues (les seules de la matinée) ont égayé ma descente. La première juste après l’épingle de Neufond : dans la pente en-dessous, quelqu’un est assis dans l’herbe face à la vallée. C’est une toute jeune fille, charmante, souriante (on se croirait dans un film de Bergman ?!). Elle me demande d’où je viens, puis si je sais comment accéder au sommet de cette "montagne" derrière elle. C’est une grosse bosse boisée recouverte de sapins, sans vue sûrement, et sans doute dépourvue d’accès (c’est en fait le Bois de Ban, et en effet il n’y a aucune trace jusqu’au sommet sur IGN). Je lui conseille de bien rester sur les sentiers, elle me remercie et me souhaite une agréable randonnée… Puis, sur le chemin qu’on rejoint sous le passage hors trace, mon passage a été salué (c’est moins poétique…) par les bêlements soudains et impressionnants d’un troupeau de chèvres blanches alignées en haut de la pente à ma droite, à l’ombre d’une rangée d’arbustes ; elles n’ont pas bougé, mais que diable voulaient-elles me faire savoir ? C’est sur ce double mystère insondable que s’est achevée ma belle rando du jour….

  • Cette rando n’est pas destinée aux amateurs de découvertes spectaculaires ou de parois impressionnantes (dont je fais d'ailleurs également partie !). Mais si vous aimez vous laisser surprendre parfois par des atmosphères plus subtiles de vallées aussi contrastées que celles du Chagnon ou du Lignon, avec leur végétation, leurs ruisseaux, leurs habitats, leurs fermes, leurs parcours de crêtes et leurs panoramas spécifiques, le tout mâtiné de survivances d’un passé médiéval (le Chemin des Seigneurs… la formidable ruine de Couzan…), alors oui, cette rando peut vous intéresser. J’ai d’ailleurs été d’autant plus étonné de ces découvertes que je croyais (á tort…) connaître déjá un peu ces lieux, que je traverse régulièrement depuis des décennies - mais en voiture ! - pour me rendre dans notre pied-á-terre des Monts du Forez…

    Certes je n’avais choisi ni la saison ni la météo idéales pour une telle excursion. Ce matin il fait froid, tout gris et tout sombre, mais je me dis que ce n’est pas grave vu mon programme du jour (la faible altitude du parcours n'autorise de toute façon aucune vue lointaine sur les Alpes ni même sur la chaîne des Puys). En plus ça commence mal, car n’ayant pas cru bon de me procurer le bout de carte comprenant Sail-sous-Couzan (il faut 3 cartes IGN pour couvrir cet itinéraire !), je peine á trouver le départ de la rando dans ce village - où j'ai pourtant dû passer plus de cent fois déjá… mais en voiture !). Quand enfin je l’ai identifié, je pars comme une fusée (enfin, presque…) á la découverte de mes 'monts et vaux' couzannais.

    Les pentes austères et quasi désertes de la vallée encaissée du Chagnon sont une première découverte ; á l’image du hameau de Poizat, comme abandonné, personne, tous volets clos… Seuls, de ci de lá, des arbres en fleurs (des cerisiers sauvages je suppose) apportent une touche de gaité á ces collines noyées dans la brume et dépourvues de toute habitation (une ruine, parfois…). De surcroit n’y a plus aucun arbre fleuri dans la remontée du versant (nord) d’en face, jusqu’á l’irruption sur le plateau où, soudain, les revoici ! Et lá, peu á peu, ça revit : des troupeaux vers la Font du Loup, du monde á Péfoix, puis á la superbe ferme du Poyet, où la vie éclate soudain de part et d’autre de la route (des habits séchant sur un étendage, un chien qui aboie, la fermière qui essaie de le faire taire, le vieux puits et la croix noyés dans la végétation et les fleurs…).

    Après la Croix de Mi, et le basculement progressif dans la vallée ouverte et verdoyante du Lignon, l’activité rurale devient quasi foisonnante (le Mazet !)… en même temps qu’un pâle soleil tente enfin de percer le voile brumeux. A Saint-Georges (frôlé á la descente, traversé en partie á la remontée), je retrouve brièvement mes repères (d’automobiliste de passage !). Le petit sentier bucolique et sauvage de la remontée, avec ses gros rochers et ses cascatelles, est un (trop bref) enchantement. Mais ensuite le doux parcours de fond de vallée (où je me suis enfin posé pour un rapide pique-nique), puis la remontée et le retour á la Croix de Mi sont un autre petit plaisir. Suivi du régal du parcours de crête 'seigneurial' (heureusement sans voiture ni car aujourd’hui), jusqu’au château toujours aussi imposant, mais où je ne m'attarde pas trop aujourd’hui (j’avais déjá, au cours d’une première visite en famille il y a quelques années, grimpé vers le pied des murailles, c’était amusant et ludique…). Reste enfin l’attrayant petit sentier de descente en sous-bois jusqu’á Sail-sous-Couzan, où je termine ma boucle assez atypique du jour avec la dégustation gratuite d’un peu d’eau pétillante et ferrugineuse de l’ancienne source thermale Couzan Brault, exploitée jusqu'en 1993, et aujourd’hui réduite á un petit tuyau (d'où l'eau s'écoule en continu) en face de mon point de départ de ce matin…

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  • Les trois chalets de ce refuge sont merveilleusement et idéalement situés : au pied des glaciers de la Vanoise, ils offrent un panorama à couper le souffle... Ils sont faciles d'accès (depuis Pralognan ou les Prioux).
    Hors saison, le refuge d'hiver donne accès à un dortoir avec couvertures, et une salle à manger avec de quoi se chauffer et faire la popote. Pour l'eau, il a la neige... ou le lac en contrebas.
    Le bivouac est autorisé à proximité du refuge.

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  • Une "petite" sortie à la demi-journée sur un itinéraire certes en grande partie nouveau pour moi, mais dont je ne comptais même pas faire état sur bivouak… sauf que je n’avais pas prévu le coup du petit sentier découvert inopinément ce jour-là sous le belvédère du plateau de la Danse !

    Parti vers 7h40 du parking des Révotes (par 4°, quand même !), je n’ai pas eu beaucoup de mal à trouver mon sentier d’accès au plateau (il y en a plusieurs possibles, mais c’est celui-là que j’avais choisi parce qu’il me paraissait le plus intéressant). Et de fait, cette première montée en douceur dans le sous-bois de ce début de printemps fut un premier régal. L’avantage de cette période où les arbres non résineux sont encore tout dénudés, c’est que les sous-bois sont lumineux et permettent de distinguer plein de détails et de paysages d’ordinaire cachés aux regards par les feuillages - et j’en ai profité tout au long de mon itinéraire du jour ! Le seul inconvénient c’est que les nombreuses feuilles mortes encore au sol cachent souvent le sentier… mais par chance les vieilles marques bleu-jaune sur les troncs et les rochers m’ont parfaitement guidé.

    Inutile de préciser que je suis resté un bon moment au belvédère, à admirer encore et encore ce paysage de rêve, assis sur mon beau rocher comme sur la proue d’un navire. Et c’est en en redescendant enfin pour tenter, par pure curiosité, de faire le tour de ce rocher que j’ai aperçu à gauche le départ d’une raide petite sente dans les genêts. Comment résister à l’appel du mystère ? Où cette sente pouvait-elle me mener ? Jusqu’au bord du lac peut-être ? Par précaution j’ai consulté ma carte (aucune trace évidemment, mais ça je le savais), et vu tout de suite que, si continuer à descendre jusqu’en bas droit dans la pente ne semblait pas raisonnable, il paraissait en revanche tout-à-fait possible de le faire en oblique sur la gauche, où les courbes de niveau desserrent leur étau. J’ai perdu un peu de temps à vouloir à toute force trouver la suite du sentier (peut-être caché sous le tapis des feuilles mortes ?!), mais je me suis assez vite laissé aller au plaisir toujours intact et voluptueux du bartassage, sur un terrain en pente raisonnable et parfaitement dégagé. En bas, la découverte attendue du sentier de traverse, bien présent sur la carte, lui, m’a presque déçu !

    La suite, jusqu’au bord du lac, puis de là la remontée jusqu’à Quéret par le très agréable chemin des Habiellés (via un mini crochet vers la ruine du même nom), ne m’a plus posé aucun problème. Sauf qu’à Quéret – où j’ai enfin croisé les premiers humains depuis mon départ – je me suis rendu compte que dans la montée j’avais perdu, je ne sais toujours pas comment, ma carte IGN, ce qui ne m’était encore jamais arrivé ! Un peu déboussolé sur le moment, je m’en suis remis assez vite, vu que j’avais bien mémorisé la suite du parcours (le chemin des Serves jusqu’au lac, difficile de se tromper), et même découvert dans une poche quelques notes gribouillées sur un bout de papier. Et une fois redescendu au lac, je me suis retrouvé en terrain connu (le circuit du tour du lac). Ce qui ne m’a pas empêché de prendre encore du plaisir à suivre dans tous ses méandres cette merveilleuse piste bucolique des berges du lac, pour une fois déserte, à l’exception d’un couple qui m’a rejoint et dépassé après les Révotes, dans l’ultime remontée vers Saint-Victor, occupé que j’étais à guetter et à photographier les nombreuses et sauvages saillies rocheuses de cette superbe fin de parcours…
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  • Enfin une météo un peu printanière : j’en profite pour faire une rando à la journée, longuement préparée, au "pays d’Urfé". C’est à moins d’une heure de voiture de St-Etienne, mais ici, pour moi tout est encore à découvrir. Me voici donc à pied d’œuvre aux Salles, où je commence par faire mes dévotions (païennes…) à l’église du 12ème s., certes très remaniée, mais où flotte encore un air d’une lointaine époque médiévale… Commence ensuite mon immersion progressive dans une autre dimension, géographique celle-là, histoire de humer un peu l’air de ce nouveau "pays".

    Les deux premières heures entre les Salles et les Cornes d’Urfé me dévoilent déjà les deux principales facettes de cette région, à savoir un vaste plateau aux pâturages humides, avec ses nombreux ruisseaux, ses ponts, ses étangs et ses tourbières (privées, hélas pour moi…), parsemé de hameaux et de fermes parfois fortifiées (voire de petits châteaux), et d’autre part les doux reliefs de ses monts boisés d’altitude modeste, où se nichent aussi un peu partout des fermes, des scieries et de petits hameaux aux maisons parfois en pisé. Et partout, partout… des croix ! Un peu partout aussi… des pêcheurs – j’apprendrai à mon retour que c’était aujourd’hui l’ouverture de la pêche !

    Au château perché des Cornes d’Urfé, ruine magnifique (et sommet du jour), je suis toujours tout seul, j’en profite donc pour l’examiner sous toutes ses coutures. Ruiné, certes, mais il a de beaux restes, visiblement très bien entretenus, dans un espace bien aménagé (dommage, j’aurais bien pique-niqué sur les tables dressées là, mais il est encore trop tôt pour ça). Du sommet du donjon, la vue à 360° est impressionnante aujourd’hui (merci les 10 tables d’orientation !), on devine même plus qu’on ne les voit les Ecrins, mais le Mont Blanc reste invisible dans la brume - de même que les Monts du Forez, mais là c’est la faute des sapins qui ont trop poussé depuis 1993, date de la pose des tables… Tiens, v’la quelqu’un qui émerge de l’étroit et raide escalier de pierre, il vient lui aussi pour la première fois, mais semble un peu mal à l’aise et pas trop désireux de s’étendre sur son itinéraire du jour (je verrai en repartant qu’il était monté jusqu’ici en voiture, ceci expliquant sans doute cela !).

    Ma deuxième étape du jour me fait replonger dans les mini-hameaux de montagne : Lafay (petite erreur vite rectifiée, hop on remonte sur la piste !), La Chassagne (merci à la charmante vieille dame qui me voyant plongé dans ma carte est venue spontanément à mon secours), Sabonnière (encore une sortie de piste imprévue : sans doute pressé par le temps après une heure passée aux Cornes d’Urfé plus une pause-déjeuner de 20 mn après la Chassagne, je n’ai plus consulté ma carte ni l’agaçant surbalisage !), Urval, Corbillon enfin, minuscule bout du monde au fond d’un vallon perdu. Un chien m’accueille en aboyant, mais c’était pour se faire caresser ! Et là commence mon régal du jour, l’exploration des étroites et sauvages gorges de Corbillon, ce "Gour Dodu" que je découvre avec gourmandise, d’autant qu’aujourd’hui il y a énormément d’eau. Quel spectacle magnifique, je commence par le circuit bas (après la cabane en pierre), mais ne peux accéder tout-à-fait au pied de la première cascade (trop d’eau) et sa marmite (le "gour"), où sont pourtant plantés deux pêcheurs (ils ont de l’eau jusqu’aux genoux mais sont équipés en conséquence). Dans mes allers-retours je croiserai l’un d’eux, qui m’avoue qu’aujourd’hui ça ne mord pas trop ("Trop d’eau" ? lui dis-je ; ben oui, c’est bien ça !). Je rejoins ensuite (droit dans la pente) le circuit haut : de là le toboggan de la seconde cascade m’apparaît dans toute sa majesté. Chemin faisant je distingue dans les feuilles mortes, en pleine pente, deux petites masses rouge vif qui me semblent après examen être d'étranges champignons (jamais vu !), puis peu après les deux seules fleurs vues de la journée, bicolores (roses et bleues) : là encore, mystère…

    Ensuite, j’hésite un moment à retourner à Corbillon, mais l’attrait de l’inconnu l’emporte, et je m’en remets au fléchage vert ("suite circuit"), sûrement tout récent car je ne l’ai vu mentionné nulle part. J’ignore où il mène, ce qui m’excite encore plus ! Ce qui est sûr c’est qu’il grimpe raide vers la crête, et en effet une fois là-haut, le fléchage s’interrompt, mais une trace suit la crête, que je choisis d’emprunter vers la gauche. Un coup d’œil sur mon altimètre et ma boussole me rassure : N, puis NW, ça me va. Puis soudain, un village : quid ? J’explore, pas un chat, pas un bruit, toutes les rues sont désertes, c'est quoi ce bled ? Impressionnant ! De guerre lasse, je finis par penser que ça pourrait être Pioalard. En effet, c’est bien ça, c’est parfait ! Soulagé, il ne me reste donc plus qu’à filer vers l’W à la sortie N du village, et rejoindre ainsi mon itinéraire de l’aller après Le Lac (où je retrouve encore des pêcheurs qui plient bagage) et sa ferme fortifiée, puis la Plagnette. Là, juste un dernier détour au S vers le Verdier (nouvelle ferme fortifiée, avec même un château derrière (Chapt), et surtout nouvelle très vaste tourbière), et hop je remonte au N vers la voie romaine de l’aller, qui mène en quelques minutes à mon parking des Salles. Journée bien remplie, un nouveau "pays" découvert, c’est pas tous les jours... Il faudra que j’approfondisse ma trouvaille, avec un autre circuit, et à une autre saison (plus fleurie ?!), je verrai ça un peu plus tard….

  • Décidé, après mon récent second tour complet du lac, à ne pas le refaire aujourd’hui dans son intégralité, j’ai donc imaginé une rando plus ramassée mais qui en regrouperait les plus belles "montées/descentes", avec comme stimulant la découverte éventuelle d’un ou deux petits extras…

    Satisfait de mon projet raccourci, je pars donc de Condamine… pas très tôt on va dire ! Très belle journée d’hiver, ensoleillée et tonique. Je savoure peu après mon départ le premier point de vue plongeant sur le lac tout bleu ce matin, et sur lequel flottent encore ici ou là – plus pour longtemps ! – quelques minces plaques de glace (il y a huit jours il était tout gelé !). A priori c’est "marée haute" aujourd’hui, je n’ai jamais vu le lac aussi rempli ! Au moment de franchir le ruisseau de Grangent au fond du vallon, je constate que le petit pont de bois est bien endommagé, il lui en manque un bout… mais ça passe quand même. De retour sur les hauteurs, je décide au dernier moment (c’était pas prévu au programme), à l’embranchement sur le chemin horizontal balisé, de prendre la voie de gauche non balisée, histoire de vérifier si elle descend bien directement au lac comme indiqué sur IGN – et en effet je débouche sur une jolie crique juste derrière la chapelle et le château de l’ile. Superbe vue, mais sur l’eau de la crique flotte une nappe de milliers de débris – passe encore pour le bois, mais les nombreuses bouteilles en plastique, ça gâche vraiment le plaisir ! Curieux, le lac parait par ailleurs si propre, à croire que tous les déchets se sont accumulés là. Vu l’heure et l’appel de mon estomac, je décide néanmoins de pique-niquer ici, mais sur un muret face à la forêt, tant pis pour la belle île du lac !

    Pour remonter, je tente le départ d’un sentier sur la pente à droite de la crique, mais dois vite faire demi-tour dans les genêts et les ronces qui envahissent tout ; personne ne doit plus passer par là depuis belle lurette ! Donc remontée par le chemin de descente, puis une fois là-haut je retrouve avec plaisir mon petit sentier-raccourci sauvage qui plonge sur le barrage, et que j’avais découvert lors de mon second tour du lac. La partie de yo-yo se prolonge avec la remontée sur Essalois, puis la redescente sur les Camaldules, où je découvre avec surprise que la superbe plage a entièrement disparu, noyée sous les eaux donc – quel contraste avec la fois dernière, où elle était démesurée tant le niveau du lac était bas. Bon, allez, nouvelle remontée, par le raide sentier sous (ou près de) la crête en direction de Chambles.

    Mais de retour sur le plateau je vais devoir quitter le chemin familier vers Chambles pour trouver le sentier qui va me mener vers mon "sommet" inconnu du jour, le suc du Pré. Carte en mains, je pense avoir découvert le départ de la sente, quand j’avise un groupe de trois jeunes filles très gaies, avec deux gros chiens, tou(te)s fort belles (beaux), qui passent par là (je ne m’en sortirai jamais avec les diktats sur l’égalité grammaticale des genres et sur celle des êtres vivants humains-animaux, proférés de nos jours par les progressistes éclairés !). Bref, les trois grâces, mes premières rencontres du jour, me confirment gentiment mon intuition, et me voici parti en terra incognita vers mon petit suc. Mais je dois d’abord me frayer un chemin au milieu de la foule qui, soudain, se balade sur le "boulevard" qui mène à Essalois - moi qui n’avais croisé personne depuis le départ hormis les trois grâces, je suis stupéfait d’une telle affluence ! Arrivé au pied du monticule, j’oblique vers ce que je pense être le point culminant que j'atteins en deux coups de cuillères à pot. Il n’y a pas de trace, apparemment personne ne monte jusque là, mais l’erreur est impossible. Je m’y arrête un moment, explore le sommet présumé, oublie même de placer un cairn, puis redescends… et me prends une belle gamelle sur une superbe et inoffensive dalle à peine inclinée… mais recouverte d'une mince pellicule verglacée, je m’en aperçois après coup. Un marcheur sur le chemin juste en-dessous s’enquiert de mon état, merci, ça va, je me relève sans mal, à peine un petit bleu ou deux, mais quelle idée de passer là-dessus alors qu’il y a de la belle herbe bien sèche tout autour… Mais bon, elle était si belle cette dalle, si tentante…

    Le reste sans histoire, retour à Essalois, et de là au barrage, où toutefois une dernière surprise m'attend : un immense et spectaculaire lâcher d'eau par une des 4 vannes du barrage ; ça dégage, pas les chutes du Niagara mais presque, impressionnant (même si ça ne vaut pas le lâcher par les 4 vannes lors des crues de www.dailymotion.com/video/x7a28u_crue-de-la-loire-barrage-de-grangen_news) ! Ensuite, remontée sur le plateau, cette fois par le raccourci "officiel" pour changer, et puis dernière descente-remontée du jour jusqu’à Condamine, juste le temps de constater qu’entretemps le lac, de bleu ce matin, est maintenant devenu tout gris en cette fin d’après-midi. Ben oui, c’est fini, rideau, on éteint les lumières, fin du spectacle !

    p.s.: je précise qu'en montant ce 1er février au Suc du Pré, j'ignorais totalement que je foulais là les terres d'un ancien oppidum gaulois ! Ce n'est que plusieurs jours après qu'en fouinant sur le net, j'ai découvert cette incroyable histoire - et donc complété en ce sens le début de mon topo...
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  • Depuis le temps que je n’avais plus fait de sortie à la journée… Malgré mon peu de goût pour les itinéraires déjà parcourus, j’ai soudain eu envie, faute de nouvelle rando à découvrir dans les parages immédiats, de refaire ma "boucle magique" autour du lac de Grangent, réalisée il y a tout juste un an. Bien m’en a pris : la météo annonçait (comme l’an passé !) un temps uniformément gris, "très nuageux". Et comme l’an passé, le soleil s’en est mêlé tout au long de la journée, jouant parfois avec les nuages, certes, mais pouvais-je rêver meilleure météo, fraiche et lumineuse, pour ma balade d’aujourd’hui ?

    Après avoir hésité, je décide au dernier moment, vu le temps limité dont je dispose (retour à St-Victor avant 17h !), de refaire ma boucle dans le même sens. Ce qui va d’ailleurs me permettre, en plus, d’ajuster quelques points restés quelque peu imprécis dans mon topo. Parti de St-Victor à 9h20, c’est avec beaucoup de plaisir que je refais la première moitié, la plus sportive, du parcours, ces "montagnes russes" qui me mènent jusqu’à Chambles en haut du versant opposé. Nettement moins rempli que l’an dernier, le lac découvre ici ou là de vastes "plages", et même (au retour) des murets ou des rochers restés immergés l’an passé et que je vois donc aujourd’hui pour la première fois. Je m’étonne moi-même d’avoir gardé si nettement en mémoire les moindres détails de cet itinéraire, pourtant assez complexe, au point de n’avoir plus besoin ni de la carte, ni même (à quelques exceptions près, à titre de vérification) de mon propre topo, que j’ai emportés avec moi…

    Aujourd’hui je ne rencontrerai que peu de monde… Mais je croise tout de même, ici ou là, quelques marcheurs ou coureurs sur ce tour du lac, que la plupart ne doivent d'ailleurs effectuer que très partiellement, j'imagine. A la descente vers le barrage, je découvre près d'un banc, en contrebas d'un vaste parking à gauche de la route, le départ d'une trace à peine marquée (bien raide mais sans danger) qui me permet d’éviter la longue dernière boucle de la route et de plonger directement sur le barrage. A peine monté à Essalois, je redescends bien sûr aux Camaldules, dont la plage est immense aujourd’hui vu la baisse du niveau des eaux. Là je regarde ma montre et me dis que, si je veux boucler ma boucle dans les délais prévus et si je me fie aux horaires de mon topo, je n’aurai sans doute pas le temps de me payer le petit repas au chaud dans un bistrot de Chambles, que j'avais envisagé avec gourmandise… Et en effet, j’ai beau allonger le pas dans la raide et roborative remontée vers Chambles, il est une heure moins dix à mon arrivée au village. Bien calculé pour le restau, mais trop juste à mon avis pour l’heure du retour. Par chance j’avais emmené à tout hasard, en plus de mes barres et d'un fruit, un gros sandwich au saucisson, au cas où… Et par chance encore, il fait un soleil éclatant à mon arrivée, et c’est donc avec volupté que je vais déguster (comme il y a un an !) mon frichti sur un des deux bancs à côté du presbytère du village, en plein soleil et avec une somptueuse vue plongeante sur le lac, 200m plus bas, et sur le Plateau de la Danse en face…

    La suite (le retour…), exempte de grosses montées (juste à la fin celle, modeste en comparaison, vers St-Victor), s'effectue d’abord sur le plateau, bien désert mais où je constate à plusieurs reprises qu’il y a toujours encore ici ou là des bestiaux dehors (l’estive un 12 janvier ?!). A la descente vers le pont du Pertuiset, je suis cette fois-ci intégralement le balisage rouge-jaune, et constate que ça rallonge inutilement par rapport au raccourci du topo (marques jaunes) emprunté l’an dernier. En bas, des portions du lac sont encore gelées (des canards en profitent pour marcher sur les eaux…). La remontée de la rive droite du lac, dans la luminosité déclinante de cette fin d’après-midi où le soleil va disparaître, est toujours un petit plaisir secret, même si aujourd’hui je l’effectue d’un bon pas, sans baguenauder comme la première fois. Si bien que j’arrive à St-Victor… à 16h40, ce qui va m’obliger à rectifier mon généreux timing de retour du topo, en le diminuant d'une bonne vingtaine de minutes…
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  • Encore un recoin du Pilat que je ne connaissais pas ! Pas bien loin des Roches de Marlin, récemment découvertes et que je voulais absolument revoir. J'ai donc saisi l’occasion pour tracer une grande boucle vers l’est incluant, outre les Roches, deux petits mais "vrais" sommets : les Tourrettes (zappées l’autre jour faute de temps), et ce Crêt de Longes dont j’ignorais jusqu’au nom…

    Départ plus matinal ce samedi que lors de ma rando aux Roches il y a 15 jours, car la boucle du jour est nettement plus longue (mais devrait pouvoir tenir dans une grosse matinée ?). Le jour se lève, dévoilant peu à peu un ciel tout bleu, avec des lointains plutôt brumeux… et complètement bouchés vers le nord et l'est par une nappe compacte d'un gris-marron douteux. L’air est frais, tonique, et j’avance d’un bon pas. Très vite, à proximité des Tourrettes, je me retrouve une première fois en terrain inconnu, ça stimule ! D’autant que ce terrain aussitôt me fascine, avec ses squelettes d’arbres calcinés, ses troncs couchés en tous sens, ses grands espaces décharnés, mais où la vie a déjà repris avec ses mousses et ses genêts… Le sommet, lui, est tout simple avec sa dalle à cupules au sol et sa borne, et même pas de cairn (j’aurais dû en mettre un, ce sera pour la prochaine fois !).

    Deuxième étape, le retour aux Roches de Marlin (par le même chemin que l’autre fois). Comme j’ai un peu plus de temps, je fouine un peu partout, de rocher en rocher au milieu des genêts (et des ronces !). Certaines roches sont sans grand intérêt, mais d’autres sont surprenantes, avec de belles mousses aux couleurs variées, et parfois de petites cupules qui me font penser pour la première fois aux yeux d’un visage humain (ou animal ?). À peine arrivé à la Pierre qui Chante, caressée par la lumière rasante de cette heure encore matinale, je reste saisi par ce que je vois (ou que j’imagine ?) : à son extrémité inférieure, en enfilade, un visage plutôt effrayant avec la bouche grande ouverte comme pour un cri (d’horreur ?) ! La fois précédente, je n’avais rien vu du tout… Bon, je finis quand même mon tour complet du site, lorsqu’un groupe d’une douzaine de marcheurs "nordiques" (de Saint-Etienne) arrive sur les lieux, qu'ils voient pour la première fois. J’en profite pour informer de ma "découverte" toute fraiche le premier arrivé, je l’accompagne sur place, il en convient, mais préfère croire à un phénomène naturel – certes tout aussi vraisemblable… Et quand tout le groupe s’est enfin reconstitué, je le laisse aux mains de mon interlocuteur qui s’apprête tout content à faire le guide super bien informé…

    En route vers la Croix du Trève, je décide de faire un petit détour par le hameau de Marlin, que je suis curieux de découvrir. Bonne idée, j’y ferai deux rencontres. D’abord, avant d’y accéder, un petit troupeau de ravissantes chèvres toutes blanches, que lorgne également une jeune randonneuse arrivée là juste avant moi. On s’y met donc à deux pour leur parler et les convaincre de se laisser caresser : peine perdue, elles sont plutôt craintives (la jeune femme pense que c’est à cause de l'impressionnant bouc barbu qui règne majestueusement sur son harem… ahlala, que de progrès encore à faire…). Je croiserai d’ailleurs tout au long de ma rando plein d’autres troupeaux (brebis, bovins, équidés) toujours encore en pâturage à cette période de l’année.

    J'arrive enfin à Marlin, improbable petit hameau du bout du monde qui n’a pas dû évacuer ses objets périmés depuis un siècle (à en juger par les montagnes de déchets accumulés dans les maisons ruinées qui vous accueillent à l’arrivée) ! Cela dit, les maisons habitées sont impeccables, tiens justement voici un habitant qui sème à tout vent du marc de café au pied d’un massif de ronces !? On cause, et il m’explique les vertus bénéfiques de cet engrais naturel (en vue d’un futur massif floral qu’il prévoit d'implanter ici-même en lieu et place des épineux). Il envie ma condition physique supposée, qu’il attribue à mon activité de randonneur, on finit par échanger nos âges (avancés…) et même par… se tutoyer ! Comme quoi, faut pas dire du mal de Marlin, hein !

    La fin de la rando est moins pittoresque, quoique… À la Croix de la Garde, je m’engage sans réfléchir sur un sentier erroné, et c’est mon arrivée aux bicoques de la Garde qui me fera prendre conscience de mon erreur. Demi-tour donc, et remontée à la Croix : la suite sera irréprochable ! Du Crêt de Longes, dont l’accès est à lui seul un petit plaisir, la vue me récompense de mes petits efforts de montée. Le plus saisissant est aujourd’hui de voir la pointe extrême du Mont Blanc émerger, seule, au-dessus d’un immense océan de pollution qui barre et masque tout l’horizon à l’est… Heureusement, les autres panoramas semblent préservés, et juste un peu brumeux. Après la très "pilatienne" voie de descente en sous-bois jusqu’au village de Longes, baigné de soleil (mais toujours avec la chappe de pollution en toile de fond), je finis par trouver mon chemin (pas si évident que ça) à la sortie du village grâce aux conseils avisés d’un couple de marcheurs et d’une habitante croisés là juste au bon moment ! J’ai adoré ce dernier et fantasque sentier, qui plonge longuement vers un pont tout en bas, avant d’épouser toutes les sinuosités d’un relief capricieux dans un sous-bois lumineux, de franchir ce faisant deux superbes petits ponts en pierre d’un autre âge, et de remonter enfin "à la surface" avec ses troupeaux jusqu’à Dizimieux. De retour au parking près du cimetière, je constate que la matinée est plus que passée (il est 15h30 !), et que je n’ai même pas faim, n’ayant d’ailleurs emmené pour tout viatique que trois barres de céréales sans sucre pour la "matinée"….

  • Pas facile de trouver un objet stimulant de découverte et d’exploration quand on ne dispose que d’une matinée ! À portée de main forcément, donc dans le Pilat. Eh bien, il suffit de chercher, et dans ce massif si longtemps négligé, sinon dédaigné (bah c’est à deux pas, je connais, c’est banal, pas excitant, etc.), on finit par trouver de l’inédit, de l’inconnu, et même du mystère… pour moi en tout cas !

    Va donc pour les roches de Marlin, jamais vues, et même jamais vraiment entendu parler. Juste à côté, un site mégalithique, bigre !!! Sur ma carte je finis par pointer Dizimieux, point de départ proche et intéressant pour une petite boucle, et hop me voilà sur la route.

    Il fait beau ce matin, mais qu’est-ce qu’on se gèle ! Tout est blanc de givre, même parfois la route, je ne me méfie pas (c’est pas du verglas quand même !), et dans la montée vers Dizimieux, ma voiture se met soudain à tanguer dangereusement… je la remets in extremis dans le droit chemin, mais j’ai eu chaud ! De surcroit, l’accès au départ est plus que laborieux : après avoir eu du mal à trouver le bon embranchement à Rive-de-Gier (aucune indication), j’ai maintenant du mal à trouver un endroit pour stationner ; je parcours tout le hameau, rien, pas une place, le pékin non résident n’est visiblement pas attendu ici à bras ouverts… Je finis par revenir me garer tout à l’entrée du hameau, et là, enfin, c’est parti.

    La suite, jusqu’à l’arrivée aux Roches de Marlin (j'ai zappé aujourd'hui l'aller-retour aux Tourrettes... manque de temps !) est une agréable déambulation sur les chemins variés, jamais raides et toujours confortables, d’un Pilat encore bien sage à ces altitudes modestes, comme modelé sur les Monts du Lyonnais qui lui font face de l’autre côté de la vallée du Gier. Mais l’impression de solitude est réelle dans ces sous-bois aux couleurs de l’automne, d’ailleurs je ne croiserai qu’un seul randonneur aujourd’hui, peu avant la croix de Crème, qui m’incite fortement à pousser jusqu’aux roches de Marlin ! Ça tombe bien, j’y vais justement, elles sont là-haut juste en face…

    M’y voici déjà, et je me livre aussitôt sans retenue aux joies de la découverte : ayant lu auparavant pas mal d’infos à ce sujet (c’est préférable, d’ailleurs !), je reconnais (ou crois reconnaître) assez vite l’Éperon… la Pierre qui chante, évidemment, et un peu plus tard le Dauphin… d’autres encore, sûrement, dont j’ignore le nom ou qui n’en ont pas. Je tourne autour, je reviens sur mes pas… bref je fais durer le plaisir ! Et je reste perplexe face au mystère insoluble de ces beaux gros blocs effilés aux étranges postures, pourvus ici ou là de profondes cupules : œuvre sibylline de très lointains ancêtres… ou simples caprices aléatoires de la nature ? Je pencherais malgré tout plutôt pour la première hypothèse (dans la continuité des menhirs et autres dolmens), tout en restant très sceptique sur les élucubrations par trop ésotériques à mon sens de certains très (trop ?) savants exégètes. Ahlala !

    Mails il faut bien revenir, et le chemin du retour sera plus dégagé et lumineux que celui de l’aller, qui était davantage en sous-bois. Là non plus, aucune difficulté, ça roule tout seul, toujours vers le nord (pas de risque de se perdre), sur de bons chemins en descente progressive, avec d’agréables vues sur les hauteurs et les localités d’en face, avant l’ultime remontée vers Dizimieux. Une belle matinée bien remplie donc, autour d’un insondable mystère…

    POST SCRIPTUM :
    Revenu sur ces lieux 17 jours après (cf. mon topo "Crêt de Longes") et ayant alors repris au passage mon exploration des Roches de Marlin, j'ai soudain été frappé, dans la lumière plus matinale plus ou moins rasante, par les traits d'un visage humain (plutôt effrayant d'ailleurs) qui se dessinaient sur la "Pierre qui Chante" vue de face. Ce que j'ai vu alors, c'était plutôt la "Pierre qui crie", ou la version minérale du "Cri" de Munch !!!
    Je rajoute donc ci-dessous les 2 photos correspondantes (une de face, une du profil gauche).
    Et si ces fameuses cupules n'étaient pour nos très lointains ancêtres du néolithique qu'une façon, très primitive pour le coup, de graver dans la pierre les traits (notamment les yeux) de leur visage (ou de celui d'un animal familier) ???
    Serais-je à mon tour devenu victime du délire ésotérique engendré chez certains par la vue de ces étranges Roches de Marlin?...
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  • Eh bien cette fois je l’ai faite, la boucle parfaite (ou presque) autour des gorges ! Sans coup férir, avec juste un passage un peu "just", du genre "pas sûr du tout que ce soit par là" - et puis non, c’était bien par là, comme la suite l’a montré…

    Ayant dû renoncer à une journée d’orientation pourtant bien tentante, j’ai tout de même pu me consoler ce matin en retournant une 3ème fois, brièvement, sur les lieux du crime, mais muni cette fois-ci de l’extrait agrandi de la carte IGN (ci-dessus), sans courbes de niveau mais avec tout le dédale des sentiers… Et ayant bien préparé mon circuit, j’ai pu le réaliser entièrement, tranquille de bout en bout, même pas trop gêné par le vent violent qui soufflait aujourd’hui en rafales sur toute la région… sauf au fond des gorges du Couzon, évidemment !

    La rive droite, maintenant bien familière, ne m’a (enfin !) plus posé le moindre problème. Je me suis épargné cette fois-ci l’aller/retour (indispensable si on ne connait pas) au pied du grand aqueduc, ainsi que, peu après, celui (non moins indispensable) par-dessus ce même aqueduc. Première découverte du jour : peu après la traversée du Couzon sur les 3 rails, j'ai aperçu, en haut du talus à gauche du sentier, un second (petit) aqueduc, à une seule arche (une trace raide y mène) – il m’avait échappé précédemment, et je le prendrai aujourd’hui sur le chemin du retour. Deuxième découverte : j’inaugurais aujourd’hui la longue boucle vers le nord, qui à partir de la clairière de la maison du trial club, passe aux Ollagnières puis poursuit toujours parallèlement au Couzon (mais très au-dessus), passe sous la ligne à haute tension et (c’est par là que j’ai eu quelques doutes… finalement injustifiés !) et vire enfin à gauche (point 322) avant de rejoindre Richardon vers le sud-ouest. C’est un magnifique petit sentier, tout en montées et descentes parfois raides ; j’ai juste eu un peu de mal à en trouver le départ derrière la maison des trialistes – ceux-ci se sont déchainés aujourd’hui dans tout le secteur ; mieux vaut éviter de faire cette rando un dimanche, sauf si vous aimez vous aussi le vacarme et la puanteur que dégagent ces engins en forêt.

    A Richardon, je me suis retrouvé en terrain connu, et ce sur tout le parcours qui suit ensuite le Couzon rive gauche jusqu’au grand aqueduc. Et là a commencé ma troisième découverte du jour : au lieu de traverser cet aqueduc et donc de revenir en rive droite, j’ai pris le très beau sentier montant à droite, et qui ramène finalement, toujours rive gauche, jusqu'au barrage (il grimpe assez haut et en parallèle au-dessus du Couzon). J’y ai d’ailleurs enfin pris le vent de plein fouet, mais c’était encore supportable… Arrivé à la digue, j’ai pu voir le lac, d’ordinaire si calme et lisse comme un miroir, tout frisotté de milliers de vaguelettes en mouvement perpétuel, surmontées chacune d’une petite crête d’écume… spectacle inhabituel, comme d’une petite mer ! Allez, cette fois je le quitte pour de bon, je vais bien me trouver encore autre chose à découvrir dans le Pilat ou les montagnes proches (en attendant le grand retour dans les Alpes ?)…
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  • La météo annonçant un temps correct à partir du milieu de la matinée, je pars retrouver mes "gorges" (c’est moi qui me permets de les nommer ainsi !) du Couzon. But de la manœuvre du jour : en faire enfin le tour complet par les deux rives (en ignorant le lac).

    J’arrive sur place, il fait déjà beau (mais plus tard, il pleuvra… un peu) ! Qu’à cela ne tienne, je me précipite dans le lit du Couzon, rive droite "comme d’hab", avec la ferme intention de prendre mon temps pour explorer au maximum tout ce qui peut l’être… et prendre des notes enfin utilisables pour un topo ! Et, en effet, je fais assez vite de nouvelles découvertes, à commencer par une superbe vue en contre-plongée sur le fameux aqueduc : la semaine dernière, dans la descente en aller-retour au lit du Couzon, il m’avait échappé, et aujourd’hui je tombe dessus, et j’en profite pour grimper dans la pente et approcher une arche au plus près (et la traverser) – un bel ouvrage ! A peine remonté sur le sentier botanique, je cherche à monter sur l’aqueduc, ce qui sera fait peu après (en aller-retour sur le sentier de niveau à gauche) : et là c’est en plongée que j’aperçois le Couzon tout en bas ! Puis je redescends dans les gorges et continue, comme il y a 8 jours, à y serpenter avec délice. Le soleil s’infiltre entre les dernières feuilles encore accrochées aux branches et illumine celles tombées au sol en abondance, dessinant de superbes reflets couleur d’automne dans l’eau qui s’étale paresseusement chaque fois que le vallon s’élargit. Je retrouve mes rails, mon gros arbre dans le ruisseau, mes deux cairns... que du plaisir !

    Comme je ne suis pas aux pièces, je remonte à Richardon comme la semaine dernière, mais là je vois qu’il est déjà passé 11h (c’est bien beau de musarder sur les rives du Couzon !). Il me reste donc à explorer sans tarder l’itinéraire du retour rive gauche, ignoré l’autre fois par manque de temps. Je reviens donc sur mes pas, et trouve sans difficulté, dans le virage juste avant la "Maison du Glouglou" (des trialistes), le sentier qui descend à droite. Arrivé tout en bas sur un petit pont que je traverse, je découvre que la conduite d’eau du barrage affleure ici sous mes pieds (et que derrière moi, elle sort de la montagne par une sorte de tunnel !?). Me voilà donc tout émoustillé à la recherche de nouveaux indices, et bien sûr j’en trouve d'autres le long de cette voie quasi horizontale et à nouveau "botanique", bien au-dessus du Couzon qui serpente en bas à gauche, notamment une voûte en briques à moitié enterrée sur le chemin, et surtout un peu plus loin à droite un petit cabanon abritant deux grosses vannes ! Plus loin encore, j’ignore une sente qui descend à gauche vers le fond du vallon, et je poursuis sur le chemin de niveau. Mais lorsque ce dernier rétrécit en un tout petit sentier, je constate que ce dernier retraverse l’aqueduc sur le Couzon, et va donc forcément rejoindre à l’autre bout le chemin de l’aller. Et là, plutôt que de le traverser, je reviens un peu en arrière jusqu’à la sente de tout à l’heure, que je descends jusqu’à retrouver le Couzon tout au fond et continuer encore un peu mon exploration… Elle sera de courte durée, puisqu’après avoir longé ce dernier en rive gauche, je finis par retomber sur les trois rails rouillés qui permettent de repasser sur l’autre rive ! Me revoici donc à nouveau sur la voie de l’aller, et il me suffit alors, au panneau "Danger…", de remonter le sentier (balisé) à gauche, puis de rejoindre via la passerelle le sentier botanique, et de là, en suivant le balisage, la digue du barrage et son parking.

    La (petite...) boucle est donc bouclée, mais de retour chez moi, je ne suis toujours pas pleinement satisfait ! Car en regardant en détail la carte IGN (ci-dessus), mais agrandie, on voit apparaitre clairement le lacis des multiples sentiers au nord du barrage, de part et d’autre du Couzon. Et là je me rends compte qu’un autre itinéraire de retour rive gauche est (a priori) possible : une boucle parfaite le long du Couzon, plus longue certes, mais qui évite de revenir à un moment ou un autre sur la voie de l’aller. Résultat : faudra que je revienne une troisième (et j’espère dernière) fois pour finaliser ce "circuit parfait"… et ajuster définitivement mon topo en conséquence ! A+ donc…
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  • Puisque je venais tout juste de découvrir avec plaisir, d’un coup d’un seul, trois barrages du Pilat (la Rive, Soulages et le Piney), pourquoi ne pas tâcher d’en explorer encore un autre ? Aussitôt dit… Et me voici tout excité sur ma carte IGN par le barrage de Couzon, juste derrière Rive-de-Gier : encore jamais vu, pas la moindre idée. Donc je broge des heures durant : sur la faisabilité du tour du lac (vu l’IGN), sur les différents prolongements possibles de chaque côté du lac (le tour est bref !), etc. Finalement, c’est le lacis des parcours en aval du barrage qui me fascine le plus… Et donc, me voilà parti ce matin avec le projet de compléter le tour par ce qui se passe en aval du barrage, peut-être une boucle rive droite-rive gauche ? À voir une fois sur place...

    Comme je ne dispose que de la matinée, je pars assez tôt : il fait froid, l’herbe sur le vaste remblai en terre est toute blanche de givre, le ciel et le lac (malheureusement pas très rempli) sont d’un bleu intense, je suis seul… ou presque, puisque dès l’entame du tour rive droite je rejoins une jeune femme avec sa chienne noire, toutes deux charmantes… On cause, mais hélas j’ai un timing (horrible mot) à respecter, je dois donc presser un peu le pas. Mais le lac est si fascinant au détour du chemin que j’en reste saisi : l’immense nappe de brume en suspension au-dessus de l’eau, avec le soleil qui a plongé dans le lac derrière les arbres aux couleurs de l’automne - c’est magique ! Je n’arrête pas… de m’arrêter, la jeune femme me rejoint, on recause, elle habite par ici et elle adore cette promenade, et puis la voilà partie définitivement devant moi qui ai tant de mal à m’arracher à ce spectacle superbe. Tant et si bien que le tour du lac, ou plutôt du grand et du petit lac, me prendra près d’1h30 ! Tout ce que je découvre ce matin m’enchante, la petite digue et le petit lac derrière, encore tout embrumé lui aussi, la cabane à l’écluse, le vieux panneau pour pêcheurs, le sentier fantasque de la rive droite, etc. De retour au barrage, il est déjà 10h, je plonge aussitôt en aval dans l’inconnu des "gorges" du Couzon…

    Et là le contraste est saisissant : je cherche mon chemin comme un explorateur découvrant le fond d’un profond vallon, sombre et étroit, et très vite je suis plus ou moins perdu… C’est bien ce que je cherchais ? Eh bien je suis servi ! Tout ici parait abandonné ici, peu ou pas de trace vraiment sûre, d’autant que les feuilles tombées à terre jonchent le sol de tous côtés. Très excité, j’avance, je tâtonne, je reviens sur mes pas, je cherche une issue, ne trouve rien, traverse à gué sur l’autre rive, non ça ne passe pas mieux, je retraverse, et repars chercher plus loin (tout ça en prenant des notes !). Quel plaisir ! Mais petit à petit, je progresse, je découvre, ravi, des coins improbables, souvent perdus et sauvages, parfois plus paisibles. Ici, un sentier remonte la pente, là un autre redescend. Je le prends… ou pas, je me dépatouille au mieux, ma carte ne me sert plus à rien, mais ma boussole reste un auxiliaire précieux.

    Enfin, il arrive un moment où l’envie me prend de ressortir de ces gorges. Je n’ai aucune idée de l’endroit où je déboucherai, mais je me dis que je trouverai toujours un chemin pour revenir au barrage. J’avise une trace montante sur la gauche, elle parait sérieuse, ça grimpe bien. Et bientôt j’émerge dans une clairière, il y a là une maisonnette (panneau "La maison du Glouglou" !!?). J’ai d’abord cru à un captage, c’est un centre de club de trial ! Je poursuis, et finis par accéder à un petit village au-dessus du vallon, la vue à 360° y est très étendue sur le Pilat et les collines alentour. À la première personne rencontrée, je demande comment s’appelle cet endroit. "Vous êtes à Richardon", me dit la dame. Je suis ébahi : c’est justement à Richardon que j’avais prévu la veille au soir de remonter avant de redescendre boucler la boucle dans l’autre sens !!! Je m’admire moi-même : quel instinct, quelle sagacité !

    Bon, c’est bien beau tout ça, mais il est déjà 11h40, il va falloir revenir sans tarder au parking. Pas question donc d’explorer un autre trajet de retour (de toute façon, il faudra que je revienne), donc je décide de reprendre le même itinéraire en sens inverse. Pas de souci au début, mais une fois en bas j’ai assez vite du mal à m’y retrouver, vu que j’avais erré de ci de là tout à l’heure, et que mes notes sont pour le moins confuses… Mais enfin, après quelques petites fausses routes quand même (ah, le plaisir de se perdre !), je finis par garder le cap, et retrouver mes repères de l’aller. Pour mon retour programmé, je place deux cairns à des endroits stratégiques, et lorsque je retrouve enfin mon chemin botanique puis mon barrage, je suis quand même soulagé. Il est 12h30, et je ne pense déjà plus qu’à une seule chose : quand pourrai-je revenir dans ces gorges pour terminer le job ?
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  • C’est le plus beau jour de la semaine (et le plus froid…), il fait plein soleil comme annoncé, c’est le moment de retourner à mes trois barrages et de faire les derniers ajustements à mon topo...

    Nous partons à 8h pile de l’observatoire et de la vierge de Luzernod, il fait 0°… Après une descente éclair (les bestiaux sont rentrés aux abris, donc les clôtures bien ouvertes ne nous barrent plus le passage), on attaque le tour du barrage de la Rive. Au petit matin une légère brume en suspension flotte au-dessus des eaux d’un bleu profond du lac, encore plongé dans une semi-pénombre. Nous sommes tout seuls, un héron prend son envol, deux canards se laissent bercer, c’est magique… Magie brutalement rompue lorsqu’en traversant l’inoffensive petite passerelle en bois entre les deux rives, nous manquons tous les deux nous casser la figure : la passerelle au-dessus du Ban, toute givrée, est une redoutable patinoire !

    De retour à la digue, on attaque aussi sec le barrage de Soulages (toujours par la droite du plan d’eau…). Le soleil illumine à présent le versant opposé, on y aperçoit les premiers pêcheurs qui s’installent. Au bout de la première plage on s’engage bien évidemment sur le petit sentier "sportif" qui grimpe raide au-dessus des falaises. On franchit le mini-ressaut rocheux puis, contrairement à ma première visite où j’avais préféré prendre la sente-échappatoire à droite, on continue (le passage en dévers que j’avais trouvé assez délicat et donc évité il y a 15 jours m'a complètement échappé aujourd’hui !). La trace redescend, parfois bien raide (merci les troncs d’arbres) jusqu’au débouché du petit sentier sur la vaste plage suivante. Au barrage, on traverse la digue festonnée en plein soleil, puis on boucle notre second tour de lac dans l’agréable douceur des rives ombragées.

    Après un petit mais nécessaire raccord sur le goudron, nous descendons comme prévu dans la jungle qui se développe au pied du barrage désaffecté du Piney. Cette fois, comme je l’avais envisagé (mais pas réalisé...) la fois précédente, on va remonter au sommet de la digue en grimpant droit dans la très raide pente à droite (rive gauche donc). Pendant que je fais quelques photos, Jean-Yves ouvre la voie dans une épaisse forêt de fougères, on ne voit pas où on met les pieds mais peu importe, le terrain est sûr et stable ; cela dit les bâtons sont bien utiles… L’immense trou percé au pied du barrage, en son milieu, et par où coule le Gier, est bien visible d’ici.

    Une fois sur la digue, la suite est évidente autour de l’ancien lac, jusqu’à la route où il va falloir trouver l’itinéraire le plus simple jusqu’au sommet du départ, en évitant le pénible épisode épineux de ma sortie précédente ! On louvoie donc au mieux dans des traces de moins en moins visibles, à travers les hautes herbes et les clôtures à franchir, en prenant soin de bien contourner la ferme au-dessus de nous par la droite. Et ça marche ! Une fois sur la route d’accès à cette dernière, un petit coup d’oeil sur la carte nous permet de rejoindre, juste après la ferme, le bon chemin à droite qui va nous mener sous la crête, et de là à notre point haut initial (j’ai modifié mon topo en conséquence).

    On aura mis environ 4h40 pour la boucle complète, sans se presser. On a pris du plaisir à cette courte et néanmoins belle rando d’une demi-journée, rando "inversée" (on commence par descendre du sommet !), calme et bucolique, mais agrémentée ici de deux raides "extras" qui la marquent du sceau de l’aventure, si modeste soit-elle en l’occurrence !
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  • Merci Michel d'avoir pris, en plus, la peine de consulter un homme de l'art !
    Va donc pour le chevesne, dont j'ignorais jusqu'au nom...
    Comme quoi bivouak, en plus d'informer et d'aider ses membres et ses lecteurs dans leurs projets sportifs, les rend aussi toujours un peu plus savants icon_idea.gif icon_exclaim.gif.

  • Sorties des 6 et 7.10.2016

    À la recherche de nouveaux parcours stimulants mais brefs (4-5h maxi) à proximité de St-Etienne, je tombe sur ce tour des barrages que je ne connaissais pas encore. Bien tracé sur IGN, pas bien long et avec un dénivelé forcément dérisoire, et surtout, pas bien excitant a priori pour qui aime par-dessus tout l’aventure et la découverte de nouveau sommets... Et voici que je repère sur ma carte ce mystérieux point haut (avec "Obs" et "Vge" !) au-dessus de la Valla, surplombant mes barrages de 300m, puis cet étonnant troisième barrage à l’abandon. Tout ragaillardi, je me trace un itinéraire à ma convenance, et me voilà parti ce mercredi matin pour une première exploration de mes trouvailles.

    Je commence donc par la découverte de mon point haut, avec son observatoire miniature et sa vierge perchée. Il fait gris et très froid, au point que j’hésite à continuer, n’ayant ni gants ni polaire. Mais ce sera peut-être plus supportable au fond de la vallée ? D’autant que vers l’ouest, ça semble devoir se dégager… J’identifie sans peine le lac de Soulages tout en bas, et finalement je me lance (et j’ai bien fait !), va pour la descente. Bien tracé, le chemin est bientôt barré par des barbelés : ça commence bien. Curieux, deux superbes chevaux et un âne montent à ma rencontre, je les rassure et franchis la clôture tant bien que mal. Au cimetière sous la chapelle, rebelote, nouvelle clôture, nouveaux chevaux, et en plus le chemin, désaffecté, disparait sous les herbes. Mais de toute façon, c’est tout droit ! Plus bas, après la route, c’est enfin tout bon sous les arbres, et la digue m’apparait bientôt : à gauche la Rive, à droite Soulages. Superbe !

    Pile ou face ? Vu l’heure déjà avancée, je choisis le plus petit lac, celui de la Rive. Après, je verrai. Le froid est devenu supportable, et les infinies nuances de gris du lac lui vont plutôt bien. Je préfère partir à droite du lac et revenir par la gauche (pourquoi pas l’inverse, mystère ! Et ce sera pareil pour le lac de Soulages…). Le tour sera un pur bonheur, simple et paisible. Aucun effort, je n’ai qu’à me laisser glisser dans ce paysage bucolique, à quelques mètres au-dessus de l’eau, au gré des ondulations des berges boisées. Mêmes les quelques humains croisés ici ou là, marcheurs, coureurs ou pêcheurs, font partie intégrante du tableau - au même titre que les canards surpris à mon approche ou les poissons que j’aurai le plaisir de voir ondoyer, le lendemain, dans le lac de Soulages. Seule distraction : des pêcheurs qui se font face sur les deux rives s’envoient d’une rive à l’autre un minuscule bateau téléguidé, pourquoi, mystère…

    De retour à la digue, je renonce vu l’heure au tour du lac de Soulages, car il me reste à explorer la plus complexe remontée à mon point de départ via le barrage désaffecté du Piney. Je le trouve sans mal, en me rendant d’abord à son pied : on se sent tout petit sous cette gigantesque paroi de béton qui barre toute la vallée, cadavre surréaliste inutilement dressé là dans une jungle qui le grignote petit à petit, et percé en bas d’un énorme trou, qui signa sa mort définitive, et par lequel s’enfile le ruisselet du Gier. Pour remonter au sommet de la digue, je renonce pour aujourd’hui à la très raide pente à droite (ce sera pour la prochaine fois), et choisis l’accès classique par la route. Une fois sur la digue, j’imagine fasciné ce qui fut, du temps de sa brève vie, le lac de retenue, dont une immense forêt s’est empressée de coloniser le fond et les parois. Je le quitte enfin par le bon chemin du tour de sa rive droite. Mais au petit pont sur le Gier, à l'autre extrémité du "lac", il me restait une dernière bataille à livrer pour remonter la colline de départ : la sente vers la ferme des Cottes disparait dans les hautes herbes, mais la direction étant évidente, il est difficile de se perdre. Par contre, si comme moi vous vous obstinez pour gagner du temps (!) à monter droit dans la pente de la ferme jusqu’au sommet, vous aller affronter une des pires épreuves pour un randonneur : se trouver crucifié dans une dense forêt de ronces de près d’1,80m de haut, qui vous déchire les vêtements et la peau au moindre mouvement… L’horreur ! Pourtant ça m’était déjà arrivé une fois, en descendant du Cinto : m’étant trompé de sentier, j’avais voulu rejoindre le bon sentier en-dessous en coupant droit dans la pente ; prisonnier des épineux du maquis, j’avais souffert le martyre pour tenter de me dépatouiller des réseaux de branches piquantes qui m’emprisonnaient de tous côtés. Et voilà qu’aujourd’hui, ça recommence ! Furieux de n’avoir pas retenu la leçon (et de n’avoir pas su faire demi-tour à temps !), je mets une bonne demi-heure à gravir les quelques 15 ou 20 mètres de dénivelé totalement colonisés par ces horribles réseaux de ronces. Et quand enfin j’en sors, juste sous le sommet, c’est au prix d’innombrables griffures sur les bras et les jambes (malgré mon coupe-vent et mon pantalon !). Heureusement, le sommet est juste au-dessus, et le parking juste derrière…

    Restait donc à faire le tour du lac de Soulages. Je le réalise dès le lendemain, cool, en une petite heure et demie, par un temps impeccable, frais et ensoleillé. Du coup le lac est tout bleu (ça change du gris de la veille), et c’est un nouveau régal. Départ donc de la digue de la Rive, où j’étais arrivé hier après le tour du lac éponyme. Le parcours de la rive droite, avec ses montées et descentes successives et ses deux passages câblés (ultra faciles !) dans les rochers, est certes plus "accidenté" que le tour du barrage de la Rive, mais reste du niveau d’une (superbe) balade familiale… Par bonheur, j’ai découvert au bout de la plage précédant les falaises le petit sentier plus "sportif" qui m’a permis une courte et mémorable escapade, raide et sauvage à souhait ! De la digue (festonnée !), la vue vers le nord est magnifique. Quant au retour par la rive gauche, à nouveau calme et bucolique, il m’a permis de photographier (une première pour moi)… des poissons ! Ces lacs dont l’eau est sans doute d’une pureté devenue rare de nos jours en regorgent, et les pêcheurs sont partout présents sur les lieux. Je n’ai pas pu m’empêcher d’en prendre aussi quelques-uns en photo, encore une première (mais je ne crois pas que je photographierai un jour des chasseurs !...).
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  • Merci Luc.
    C’est vrai qu’un petit plongeon dans les grands souvenirs, ça fait parfois plaisir. Mais faut pas en abuser, et savoir revenir vite dans le présent, même s’il est, forcément, moins glorieux (le "grand toboggan" de François Lannes, superbe texte !). Allez, juste encore un petit deuxième (la Dent Parrachée icon_wink.gif), et je suis de retour dans les plus modestes, mais tout de même toujours si belles montagnes encore à ma portée !.

  • bah, je suis trop vieux pour ça maintenant...
    Mais peut-être icon_idea.gif pourquoi pas un petit baptême en tandem, au-dessus de Digne-les-Bains par exemple, lors d'une prochaine descente là-bas ?.

  • Un petit dernier avant de quitter (plus tôt que prévu) Digne pour Saint-Etienne. Autant rester dans les parages récemment explorés de la chaîne Ouest de la vallée du Verdon : le Mourre de Simance m’offre la rando brève et facile, mais néanmoins en partie hors sentier, que je cherchais pour l’occasion.

    La météo est encore une fois presque parfaite ce matin à Chasse, où je préfère laisser ma voiture (dont le pare-chocs avant bien tordu attend d’être remplacé…) au parking avant la piste (avec son panneau sur "La Pêche dans la Chasse" !) : je ne suis pas pressé, la fraicheur de ce petit matin est très agréable, je me lance donc en douceur dans la montée rive droite du torrent de la Chasse. Plus loin, après une bifurcation, ce sera un vrai plaisir de grimper tout à côté d’un plus petit torrent (celui de Chabaud ?) avec ses petites chutes et ses petites vasques, mais hélas ça ne durera pas, il faudra le quitter… Je me consolerai (un peu) avec les mélèzes du côté des Sagnes. Mais à la jolie cabane (habitée) de Chabaud, que je contourne par la gauche, un autre plaisir m’attend : plus de sentier, c’est parti pour bartasser dans des pentes d’herbe et/ou de caillasses indemnes de toute trace de passage humain, les moins raides si possible, dans une direction à redéfinir régulièrement. Vers le haut de la montée, j’entends d’abord puis j’aperçois sur ma gauche un beau et paisible troupeau de moutons. Aussitôt je pense "patous ou pas patous ?", mais la réponse sera presque instantanée : malgré le relatif éloignement, de puissants aboiements me signifient je suis repéré ! J’entreprends donc faire subir à ma trajectoire initiale une belle boucle vers la droite, mais les deux petites silhouettes humaines que je distingue au-dessus du troupeau me rassurent. D’ailleurs rien ne se produira, malgré la persistance d’aboiements de plus en plus distants (même scénario à la descente…).

    Et quand je débouche enfin sans problème au pied du dôme sommital, je suis presque déçu d’y arriver déjà. D’ailleurs à l’arrivée au sommet j’ai même un petit doute, vu que mon altimètre m’indique 55m en-dessous de l’altitude attendue – mais le doute est vite levé, vu que tout ce que je découvre petit à petit avec ravissement de tous côtés correspond parfaitement à la topographie de ma carte IGN ; d’ailleurs je le sais bien, l’altimètre de ma Suunto me joue régulièrement ce tour-là (espérant à chaque fois, mais en pure perte, me faire douter de mes capacités physiques et mentales de lecture cartographique). Vu qu’il n’est pas tout-à-fait midi, le pique-nique au sommet va attendre un peu, mais avec tous ces sommets alentour il y a largement de quoi la meubler cette attente, même si ma familiarité, toute récente (le Caduc excepté), avec ce spectacle grandiose vu depuis la chaîne ouest de la vallée du Verdon me facilite pas mal la tâche…

    Plus d’une heure (de totale solitude) après, ayant bien lorgné sur ma voie de descente qui se déroulait là juste sous mes pieds, me voici donc sur la longue et confortable croupe entre les deux vallons. Je vais devoir la quitter tôt ou tard pour descendre à gauche toute dans le vallon de Joyeux – oui mais où ? Au replat 2320, première tentative : ça a l’air de passer sans aucun problème. Je remonte donc sur la crête pour continuer d’en profiter encore un max. Je passe le replat 2202 et continue à descendre, jusqu’au bois de mélèzes, où une première tentative "au petit bonheur la chance" échoue (pente très raide, gros amas de blocs…). Je remonte et finis par découvrir plutôt sur la partie gauche de la crête une longue et large langue herbeuse sans arbres qui devrait permettre sans mal de rejoindre cette même crête plus bas à droite. Je la suis un moment puis remonte à nouveau. Bon, mais tout-à-fait à l’extrême droite de la crête, ça passe ou pas ? J’y vais voir, je tombe sur quelques blocs rocheux mais a priori rien d’infranchissable ! Satisfait (malgré presque une bonne heure de perdue à jouer ainsi les explorateurs), je remonte à nouveau toute la pente pour tester la 3ème possibilité, à savoir le replat 2202, ignoré tout à l’heure. Début facile, puis un passage un peu plus raide mais rien de méchant. Mais que vois-je à ma gauche ? Un énorme éboulis de gros blocs (évitable bien sûr), et là, je ne résiste pas : pour une raison inconnue j’adore ça ! Je comprends que la plupart les redoutent, mais moi ça me fascine. Donc je m’y précipite (enfin, doucement quand même), et de bloc en bloc je descends et fais durer le plaisir… qui dure en effet un bon moment, jusqu‘à un ravin... bien raviné que je franchis enfin avant d'accéder au fond du vallon, avec son panneau, ses deux ruisselets, son gros cairn, puis ses deux cabanes… et son sentier balisé, fin de l’aventure ! Reste à le suivre ce bon sentier, ce qui sera fait sans surprise, et toujours sans croiser âme qui vive, jusqu’aux abords de Chasse où, enfin, quelques promeneurs de fin d'après-midi se prélassent dans les fleurs ou au bord du torrent…
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  • Ces sommets de la partie centrale de la longue ligne de crêtes qui va des Séolanes au Nord jusqu’à Denjuan au Sud m’intriguaient depuis pas mal de temps, mais leur accès depuis la vallée de la Bléone ne parait pas évident (exception faite du magnifique Caduc, gravi il y a des lustres…). J’ai donc fini par tenter le coup depuis la vallée du Verdon, certes plus éloignée de mon "camp de base" dignois… et je n’ai pas eu à le regretter.

    Dès le départ de la Foux d’Allos, j’ai été enchanté par ce parcours : une météo de rêve, une douce fraicheur, une grande variété de paysages et d’ambiances, d’un versant à l’autre, avec notamment une longue et superbe traversée sous les mélèzes (hélas souvent bien jaunis et ternis m’a-t-il semblé – seraient-ils malades ? – sauf vers la fin, sous le col de Valdemars, où j’ai enfin retrouvé leur belle et vive couleur verte si caractéristique). Et puis quelques rares mais sympathiques rencontres, un homme et son chien amoureux de cette région (le chien aussi à n’en pas douter), deux jeunes vététistes courageux reliant le col d’Allos à Colmars par ces sentiers caillouteux voire rocheux qui obligent à de fréquents portages, enfin un "vrai" montagnard (m’a-t-il semblé…) de la Foux croisé sur la pente du Mourre Gros et qui m’a donné de précieux renseignements sur d’autres accès à ces sommets pour lui si familiers.

    Arrivé au sommet vers 14h20, j’avais préféré attendre ce grand moment pour mon petit festin tiré du sac. En plein soleil certes, mais le vent d’ouest permanent m’assurait non seulement un bain de fraicheur bienvenu, mais présentait en outre le grand avantage de chasser vers l’est et d’y tenir à distance, au-dessus de la chaine du Pelat, la masse de nuages parfois menaçants qui m’avait un peu inquiété en arrivant au Col ("Bon ça peut péter, mais c’est peu probable, seule une météo sur les 3 que j’ai consultées l’a annoncé. Mais si ça doit péter ça sera pas avant 17 heures" m’avait prédit le montagnard barbu de la Foux - et en effet ça n’a pas pété !).

    J'ai vite renoncé, vu l’heure de la fin de ma collation et de ma contemplation des cimes, à mon projet initial de monter ensuite au sommet de Valdemars et d’en redescendre par une petite boucle hors trace, et j’ai donc repris le même itinéraire pour le retour. J’y ai retrouvé mes nombreux repères de la montée, mais insérés dans des perspectives et des atmosphères bien différentes ; ainsi par ex. ma petite source fétiche toute éclatante et miroitante du matin se trouvait-elle baignée d’ombres et de mystère dans la lueur déclinante de la fin d’après-midi. Et de retour à la voiture, j’imaginais déjà les divers itinéraires par lesquels je pourrai tôt ou tard revenir sur ces lieux pour de nouvelles aventures…
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  • Toujours irrésistiblement attiré (aimanté ?) vers le Nord avec les sommets de rêve des Trois Evêchés, de l’Embrunais, de la Haute-Ubaye, du Queyras etc., j’en oublie qu’il y a aussi de merveilleux sommets à l’Est de Digne, notamment du côté du Verdon. Me voici donc parti à la découverte de l’Autapie, comme d’un délicieux apéritif avant des plats encore plus consistants, peut-être… Ici l’aller-retour semble s’imposer, mais mon amour immodéré des circuits me plonge des heures durant dans les moindres recoins de l’IGN… Et bingo, j’y trouve cette trace dans le ravin de Rest ! Reste à savoir comment y accéder, si possible, de là-haut. Sur la carte plusieurs hypothèses se dessinent, et finalement je décide… de décider une fois sur le terrain.

    Il fait grand beau ce jeudi, mais dès le départ du Pont-Haut une chaleur lourde m’écrase… Vais-je tenir le coup dans ces conditions ? Un peu inquiet je m’engage tout de même dans les premiers lacets de la montée. C’est juste supportable en sous-bois, mais ça ne l’est plus en plein cagnard ! Par chance, ça va s’arranger au fur et à mesure que je gagne de l’altitude. Jusqu’à cette douce brise qui va venir me caresser à mi-pente et qui m’accompagnera jusqu’au sommet. Et c’est avec un grand plaisir (en plus de celui de la contemplation des myriades de sommets tout alentour) que je vais pouvoir me restaurer au cairn sommital en plein soleil (chose rarissime en ce qui me concerne !).

    Je n’ai vu personne à la montée, excepté un petit groupe de "pros" croisé au-dessus du Col, dont la cheffe (on dit comme ça maintenant) me confirme que la belle croupe à gauche de l’antécime se descend sans difficulté, et qu’une fois rattrapé le sentier sous les cabanes, c’est du gâteau. Une fois rassasié de panoramas (et gavé de "touristes" montés là depuis le Seignus pour le pique-nique), je me lance dans le bartassage "au flair" depuis l’antécime jusqu’au fond du vallon, un petit régal en soi. Sur le flanc opposé broute paisiblement un gros troupeau de moutons, que je contourne de loin – risque de patous, mais non, rien... La suite se passe comme prévu, je découvre les deux cabanes de Rest sur ma droite, puis sans trop de mal le sentier sur le flanc opposé. Il m’enchante, ce sentier ! Pas convenable du tout, comme taillé à la serpe, il mène son train chaotique comme il l’entend, grimpe où il peut quand le ravin s’étrangle, redescend par ci par là quand ce dernier s’élargit…

    L’enchantement cesse d’un coup à l’intersection du panneau "Les Coulettes" : c’est quoi ce truc ? Mot charmant peut-être mais introuvable sur ma carte… ce sentier file à gauche, en légère montée, pendant qu’un autre sentier descend à droite vers Chasse. Énervé par cette aberration, je prends bêtement le sentier de droite, mais finis par faire demi-tour, je ne tiens pas à me retrouver à Chasse ! Va donc pour les Coulettes (allusion aux filets d’eau qui par deux fois dévalent de la montagne à gauche et traversent la sente ?). Ce sentier-ci est à nouveau bien propre sur lui, la preuve : les traversées de robines sont impeccablement sécurisées… Quand il se décide enfin à descendre franchement, j’ai presque hâte d’en finir, tant il est parfait ! Et quand il finit par déboucher sur la route en amont de Villars-Colmars, je suis résigné : il ne me reste plus qu’à avaler le chemin jusqu’à Colmars. Mais au bout de dix minutes, un miracle va se produire : un panneau signale un sentier descendant à droite vers le torrent de Chasse, destination Villars-Colmars ; j’hésite à le prendre, mais tiens justement voici quelqu’un qui en remonte ; je l’interroge, il me répond qu’il vient de le descendre et qu’il n’a pas trouvé d’issue, donc il a fait demi-tour. Et vous, vous allez où me dit-il ? Ben, à Colmars... Eh bien moi j’y vais justement… avec ma voiture (une sorte de petit camping-car), si vous voulez je peux vous emmener ? Tiens donc ! Et c’est ainsi que cet aimable automobiliste-campeur m’a évité un dernier bout de route évidemment peu attrayant à pied, et que je me suis retrouvé en un éclair (ou presque) au parking de Colmars, où il ne me restait plus qu’à sauter dans ma petite voiture à moi. Yesssss !!!.

  • Retour sur les lieux ce 31 juillet, en famille, mais seulement sur la portion Saume Longe-Vière (en aller-retour). Très belle et paisible journée estivale, égayée en outre par deux passionnants échanges, à Saume-Longe avec une pittoresque et communicative habitante bas-alpine du hameau, et à Vière avec le sympathique couple occupant LA maison (depuis 40 ans !)… Nous avons pique-niqué devant la vieille église romane restaurée-ruinée, et de retour à Saume-Longe, vu qu'il nous restait un peu de temps, je n’ai pas pu résister à une petite exploration perso supplémentaire vers le nord en direction de l’Immerée (autre hameau de l’ancienne commune de Mariaud). Ce ne fut pas long, le ciel virant bientôt au noir au-dessus du Pic des Têtes (avec trois coups de tonnerre…) m’a vite convaincu de faire demi-tour (mais l’orage a avorté cette fois-ci). Mais ça a suffi pour me donner l’envie de revenir ici tôt ou tard pour de nouvelles aventures…
    J’en profite pour rajouter 3-4 photos…
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  • A peine ai-je repéré cette boucle parfaite surlignée sur IGN, dans un endroit encore inconnu de moi, que l’envie me prend de la parcourir au plus vite… Je choisis le sens anti-horaire, c’est-à-dire partir vers le nord (Saume Longe/Mariaud), et me réserver le petit sommet de la Tête du Rocher Troué au sud pour la fin du parcours (mais évidemment ça peut se faire aussi bien en sens inverse). Aussitôt pensé, aussitôt fait. Une première reconnaissance très partielle, le 26, me permet de confirmer qu’il est bien préférable d’effectuer le trajet des Eaux Chaudes jusqu’à Saume Longe par le merveilleux sentier qui grimpe sur la montagne (et que j’ai pris à l’aller) que par la piste carrossable que j’ai prise au retour (et dont le principal intérêt est la vue plongeante vertigineuse du pont qui enjambe des gorges très profondes – si on y tient, y faire un saut en voiture).

    Une fois rejoint le chemin à l’approche de Saume-Longe, je tombe stupéfait sur la récente stèle en hommage aux victimes du crash de l’Airbus de la Germanwings, il y a un peu plus d’un an : je ne m’y attendais pas, mais en effet, derrière le monument se dresse le sommet de la Grisonnière que j’avais gravi il y a quelques années, en redescendant par le col de Mariaud au nord-est duquel l’avion s’est écrasé, faisant 150 victimes (autant de tiges métalliques constituant la stèle ?). Vu l'heure j'ai ensuite fait demi-tour à Saume Longe, après avoir échangé quelques mots avec l’un des 3 derniers habitants permanents de ce joli hameau…

    Le lendemain, la météo du coin prévoyant pour toute la journée un soleil radieux dans un ciel tout bleu, me voilà reparti, mais de plus bonne heure, pour le circuit complet. Une fois au parking (à 8h10), je ne résiste pas au plaisir de reprendre le sentier de la veille jusqu’à Saume Longe. Certes il monte raide puis redescend plus doucement, d’où un dénivelé plus important que par la piste en montée progressive, mais quel régal (par ex. les nombreuses trouées sur les hauts sommets tout proches). A partir de Saume Longe, je découvre…

    Et d’abord le sauvage et secret vallon de Reybaud, dont je quitte sans déplaisir le terrain austère des robines pour des pentes plus riantes, au fur et à mesure que je m’élève sans effort sur le beau sentier en balcon. Il fait doux, le vallon s’élargit peu à peu, se referme, les buis se multiplient, et soudain, sans prévenir, le panneau "Vière" sur un arbre (il est 10h50). Et derrière la végétation foisonnante, que vois-je… un humain, le visage protégé par un masque, il sort d’une maison en travaux ! Il m’a vu venir, la conversation s’engage. Il est l’unique habitant de ce village ruiné (sauf en hiver quand même…), et s’active à achever la rénovation de la seule maison encore debout (l’ancienne école du hameau). Faut vraiment aimer la solitude dans ce coin du bout du monde… Il m’invite à visiter la petite église, volontairement à moitié restaurée, et à refaire mon plein d’eau à sa source, la seule et unique, car une rude montée m’attend. Tiens, il y a une seconde personne, une dame, qui m’indique aimablement l’endroit de la source derrière la maison, ils sont donc deux, ça change tout !

    La suite du périple sera assez rude en effet, encore plus de 650m de dénivelée montante parfois bien raide, d’abord dans des robines, puis par bonheur dans des zones plus humaines, où alterneront sous-bois, cols, clairières herbeuses, petits pierriers, etc. Avec toujours, ici ou là, une merveilleuse touffe de lavande sauvage à l’odeur enivrante. Les changements de direction sont nombreux, et malgré le balisage irréprochable je m’interroge plusieurs fois sur la suite de l’itinéraire… Mais à chaque fois un trait jaune ou un cairn salvateurs me sauvent in extremis du désespoir ! Vers 13h, je pique-nique en sous-bois juste après la clairière à la cabane écroulée. Une demi-heure, et c’est reparti. C’est ainsi que je finis par arriver (vers 14h15) à la clairière entre les deux sommets. Petite hésitation, et je choisis finalement d’y aller voir d’abord à gauche sur le petit Sommet de la Croix par les rochers de l’arête (encombré, mais belles vues vers le nord et le sud), puis en face sur la Tête du Rocher Troué (pas vu de rocher troué, mais par contre en haut un superbe panorama).

    Il est passé 15h quand je me décide à en redescendre (10 minutes !). Tiens, quelques gouttes !? Je lève la tête, il y a en effet quelques gros nuages noirs au-dessus de moi, mais hier c’était pareil, puis le plein soleil était revenu. A peine de retour à la clairière, j’entends quelques grondements lointains, et une petite pluie fine rafraichit l’atmosphère. Pas inquiet pour un sou, je m’enfonce en sous-bois pour la descente, encore assez longue, mais ce sera toujours plein est, jusqu’au parking. Or l’orage s’intensifie, et il pleut maintenant en continu. Je presse le pas. Et voilà que, pour la seule fois de la journée, je perds la trace ! Une croix jaune sur un arbre m’interdit le passage qui semble évident, mais où aller sinon ? Je ne trouve rien, je m’énerve, et décide (stupidement) de garder la même direction, hors trace. Mais soudain un sinistre craquement, juste après un gros éclair, me pétrifie. Que faire, pas d’échappatoire si ce n’est descendre au plus vite… mais par où ? Je sors la boussole, je filais plein nord (!), j’oblique donc à droite toute, je dévale la pente toujours hors trace, et sous une pluie battante et un orage devenu violent je retrouve enfin (miracle !) mon sentier perdu ! Déjà trempé jusqu’aux os des pieds à la tête, je me rassure comme je peux en me rappelant qu’enfant, les villageois disaient que rien n’est pire qu’un orage "sec", et que plus il pleut fort, plus il y a d’espoir qu’il se calme rapidement (vrai ou faux, je n’en sais rien, mais là j’ai très envie d’y croire)… N’empêche, voilà qu’il grêle maintenant, et que ça tonne presque en continu ! Tant pis pour ma mini-cape de pluie dans le sac à dos, je ne vais pas me poser pour l’extraire, ça ne servirait plus à rien, je ne pense qu’à descendre le plus vite possible sans perdre une seconde, dans le sentier devenu ruisseau... Et ce n’est que trois quarts d’heure après que j’arriverai enfin à ma voiture, toujours sous l’orage (un peu moins violent tout de même) et la pluie toujours battante. Je plonge dans ma voiture (en même temps qu’un autre randonneur, descendu au pas de course de je ne sais où, se jette dans la sienne !). Décompression, on se calme, puis retour tranquille à Digne, le chauffage et la ventilation à fond, ça fait du bien, je suis bien au chaud quoique tout détrempé, la vie est belle…
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  • Oui, sauf que l’accès aux Hautes Chaumes en voiture me parait impossible à partir de la station de Chalmazel (il faut y aller par des chemins forestiers du versant est (ou sud) des Monts du Forez). Cela dit je n’avais encore jamais observé d’envahissement motorisé notable là-haut au printemps ni en automne (ni bien sûr en hiver, où ce sont surtout les skieurs de fond dont les pistes grignotent d’année en année des espaces de plus en plus importants, mais bon là c’est quand même pas pareil…). Pourvu que ça dure !.

  • Une semaine après, toujours ravi de ma découverte de la Loge de la Morte et du beau circuit qui y mène, j’ai eu envie d’y retourner. Même trajet, même timing, à ceci près que j’ai tenté (retenté devrais-je dire) le "raccourci" qui mène (menait !) en droite ligne de la source captée (à l’angle NE de la base militaire) aux Jasseries de Colleigne. Il figurait en pointillé sur les anciennes cartes IGN, je l’avais emprunté quelquefois, il y a bien longtemps, il était déjà assez aventureux et pas toujours évident à trouver. Là j’aurais dû consulter la carte IGN du topo, il n’y est plus, et pour cause : il n’y a plus la moindre trace sur le terrain (sauf en arrivant vers Colleigne) ! Résultat des courses, j’ai dû bartasser à la boussole (facile : une fois réglée sur Colleigne qu’on devine d’en haut, c’est toujours droit devant !) dans une sorte de cuvette verdoyante, entre passages marécageux et arbustes (saules ?) plus ou moins épars, en contrebas des rochers des Grands Chars (que j’ai bien reconnus). Du coup le raccourci s’est transformé en rallongis, mais ça m’a bien amusé, et j’ai tenté ensuite de rattraper le temps perdu en allongeant le pas sur les chemins bien tracés.

    Hélas, avant de retrouver "ma" petite Loge, j’ai dû déchanter : pour la première fois depuis des décennies, pendant lesquelles je n’ai cessé d’arpenter avec délice ces hauts lieux désertiques, ces espaces infinis virgiliens où l’on peut aisément se croire 5 ou 10 siècles en arrière, qu’ai-je vu ? Des dizaines de voitures, pleines de pékins, de beaufs, de touristes, en train de circuler sur ces chemins sacrés que j’avais toujours crû (naïvement !) réservés aux seuls éleveurs ou propriétaires de jasseries de ces Hautes Chaumes ! Il est vrai qu’on est en juillet, un dimanche de surcroit, et que je n’étais jamais monté là-haut en cette saison… Et, comble de malheur, que vois-je aussi ? Des panneaux flambant neufs à certains croisements de chemins, ils n’y étaient pas il y a huit jours !!! Moi qui justement avais alors écrit dans mon récit sur bivouak qu’il n’y avait, heureusement, aucun panneau sur ces Hautes Chaumes ! Du coup, brutalement désenchanté, j’anticipe, je fantasme, je vois les griffes de notre société d’hyper-consommation s’abattre sur ces espaces vierges, goudronner ces chemins empierrés, y installer des restaus, des hôtels-piscines, des stations service, des autoroutes même tant qu’à faire… Et ce n’est pas la vision du couple en train de pique-niquer sous le préau de la Loge de la Morte… à côté de leur bagnole, qui va me remettre du baume au cœur.

    Cela dit, sur le chemin du retour, après avoir pris quelques photos de la Loge (c’était un peu le prétexte de ma sortie du jour), je finis par me consoler comme je peux, je me dis que c’est pas demain la veille, que c’est peut-être comme ça tous les étés, etc. Mais le charme a été rompu, faudra du temps pour qu’il se réinstalle, peu à peu, tout doucement, peut-être…
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  • Mini-refuge, réhabilité pour l'accueil en libre service de tous publics, y compris handicapés.

    Pour plus de détails : http://loireforez.com/noesit/!/fiche/refuge-de-la-morte-714894.

  • Pour me consoler (un peu…) d’avoir dû renoncer, hier, à un vieux rêve (la traversée des Moucherolles depuis les Bernards !), je décide, vu la météo du jour, d’aller faire un petit tour matinal du côté de Pierre-sur-Haute depuis Chalmazel. Strictement rien à voir bien sûr avec les superbes falaises du Vercors, mais aujourd’hui, c’est davantage dans mes cordes on va dire…

    Le soleil et la chaleur déjà bien présents en début de matinée me font monter en sous-bois, à droite des Granges. Toujours sympa, on erre où on veut, jamais pareil d’une fois sur l’autre, et à la sortie du bois, miracle, en plein soleil une petite brise bien fraiche m’accompagne ! Un coup d’œil sur la montre : je devrais avoir de temps de redescendre par la boucle est, donc les jasseries de Colleigne, Chassirat… et la loge de la Morte - que je vais découvrir car je n’y suis encore jamais passé...

    Quel régal là-haut ! Il fait doux, je marche au milieu des fleurs, des vaches et des moutons, le berger sillonne les pâturages au volant de son 4x4, précédé par son chien, il va faire la loi d’un troupeau de moutons à l’autre en poussant de temps en temps de grands cris rauques. Après Colleigne, je croise un couple à la dérive, ils viennent de la jasserie de Garnier et ne savent plus comment y retourner (pour y mettre les pieds sous la table je suppose !). Ça tombe bien, j’ai ma carte et ma boussole à la main, et je leur explique du mieux que je peux l’itinéraire de retour le plus simple. Ils s’attendaient à voir des panneaux à tous les (nombreux) croisements de sentes et de chemins, évidemment il n’y a aucun panneau sur ces Hautes Chaumes… Je ne comprendrai jamais comment des gens qui ne connaissent pas le coin peuvent s’aventurer sur ces immenses espaces sans carte !

    Passé Chassirat, je repénètre en sous-bois. Je n’ai qu’à suivre le large et très plaisant chemin forestier (piste de raquettes en hiver ?) qui vagabonde paresseusement, bordé de fleurs aux vives couleurs, de gros rochers moussus et de ruisselets discrets. J’attends avec impatience la mystérieuse "Loge de la Morte"...

    Et soudain la voici, dans une petite clairière au détour du chemin. C’est une sorte de cabanon ruiné, en partie rénové. Un groupe pique-nique dehors, et il y a du monde à l’intérieur. Intrigué, je m’approche. Deux personnes très aimables m’invitent à rentrer, c’est un refuge de poupée, minuscule mais tout propre et très bien installé, la mini-cheminée fume, on m’invite à m’asseoir sur l’un des ma foi confortables troncs-sièges… L’un des deux hommes m’explique alors tout l’historique et le mode d’emploi de cette loge (logette ?) – c’est le Conseil Général de la Loire qui a acquis cette forêt avec sa loge, et qui a tout rénové (bravo et merci à lui !). Toujours ouverte, elle peut accueillir dans sa mezzanine… 2 personnes (+ un enfant le cas échéant) pour la nuit. Ensuite nous sortons et il m’explique toujours en détail l’origine (confluent de langues glaciaires se chevauchant…) des tourbières qui se trouvent de part et d’autre de la loge. Des tourbières ! Je suis fasciné, et malheureux de devoir décliner son offre de me les montrer séance tenante (moi aussi je dois bientôt mettre les pieds sous la table… à la maison !). Sûr que je ne tarderai pas à revenir ici-même dès que possible pour découvrir et explorer ces tourbières dont le mystère et la beauté ne cessent de m’intriguer…
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  • Enfin m’y voici ! Après ma boucle exploratoire en solitaire de ce mercredi 22 aux Pas de Montbrun et de Rocheplane, je réalise donc, en groupe, mon vieux projet de monter au Piton et au Dôme de Bellefont via ces deux pas. Et en effet, c’est une superbe randonnée, à la fois pour les assez rudes accès et le très beau (et parfois exigeant) parcours de crête !

    On est à pied d’œuvre aux Massards à 9h50. L’air est plutôt frais et la météo annonce un temps mi-figue mi-raisin, entre nuages et soleil. C’est bien ce qui nous attend, avec davantage de nuages pourtant l’après-midi - mais personne ne s’en plaint, on mettra même nos vestes ou coupe-vents sur la crête.

    La montée par Montbrun est du genre raide, donc stimulante ! Elle ne fait pas un pli, je retrouve sans hésiter l’itinéraire exploré 4 jours auparavant. Le débouché sous l'immense falaise est un premier grand moment (on verra même passer un chamois), aussitôt suivi par le deuxième : la montée du couloir du pas de Montbrun ! Un petit groupe nous y rattrape et va nous dépasser, ils sont visiblement très familiers du coin. On passe tous sans problème, et au sortir on évite de s’enfiler à gauche (comme j’avais fait mercredi) sur la sente du sangle des Arches… Au débouché du pas sur la crête, il est 12h25, quelqu’un parle de casser la croûte, eh bien c’est parfait là dans les lapiaz, à chacun son bout de calcaire, à peu près à l’abri du vent frais qui souffle là-haut. Un jeune randonneur solitaire arrive de Rocheplane, on le renseigne sur la descente par Montbrun, et pendant notre pique-nique nous verrons successivement le groupe de tout à l’heure, puis le randonneur solitaire émerger au sommet du Piton de Bellefond, tout là-haut, comme autant de petites fourmis...

    Puis c’est parti pour l’aller/retour (que je découvre) sur la crête, au Piton puis au Dôme de Bellefont. Superbe parcours, pimenté par quelques beaux ressauts rocheux encore à grimper ici et là. Tout du long on admirera la vue plongeante sur le Grésivaudan ensoleillé – mais hélas les sommets de Belledonne qu’on suppose enneigés (ils l’étaient encore fortement mercredi !) resteront obstinément dans les nuages. En face, la plupart des grands sommets de la Chartreuse pointent leur tête, parfois aussi embrumée mais jamais pour longtemps. Nous arrivons au Dôme peu avant 14h. Tout près, les Lances de Malissard sont impressionnantes. On reste là un bon moment, avant de se décider à revenir sur nos pas (personne n’a envie de descendre par le Col, c’est trop beau sur la crête !). Et justement, sur la crête, soudain, on restera perplexes en haut d’un gros rocher : ça redescend par où ? Non par ici ça ne passe pas, ben par là non plus ! On finira quand même par retrouver le passage raide et étroit par lequel nous étions montés ! Ce sera la seule (petite…) émotion du retour. A Montbrun on s’attarde encore un peu… Un super-sportif passe alors devant nous : il vient du Pas de Rocheplane ? Non, il est monté à la Dent de Crolles, il va monter à Bellefont puis ensuite aux Lances, puis après L’Aup du Seuil… il sait pas trop encore. Ben dis donc…

    Bon, nous c’est plus modeste, on va filer sur Rocheplane puis descendre le beau mais looooong sentier qui serpente dans les dalles puis n’en finit plus de descendre encore et encore. Moi qui y avais pris du plaisir mercredi (seul, à mon rythme il est vrai), aujourd’hui il me gonfle un peu on va dire ! Mais tout finit par arriver, et donc vers 17h, on retrouvera enfin nos voitures avec plaisir. La journée bien remplie (pour nous !) passe encore par un petit bistrot face au spectaculaire funiculaire de St-Hilaire-du-Touvet, puis c’est reparti pour le retour sur Sainté, via des encombrements dans Grenoble dont je me serais bien passé… De bout en bout, une journée mémorable !
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  • Il y a longtemps que je projetais d’aller là-haut, voir ces fameux Pas dont parle si bien Pascal dans ses randonnées du vertige. Et de surcroit, ça fait maintenant plus d’un an que je n’ai pas remis les pieds dans les Alpes ! Alors, un peu pour me stimuler, j’ai prévu d’y mener un groupe, histoire de me forcer un peu la main, enfin, le pied. Mais comme j’appréhende un peu cet itinéraire (surtout le pas de Montbrun, visiblement pas évident à trouver), je voulais absolument y aller d’abord en reconnaissance, histoire de savoir aussi dans quel sens il serait préférable de faire le parcours : monter par Rocheplane et descendre par Montbrun (le topo de Luc, et le choix aussi de Pascal), ou le contraire (le topo de jducerf) ?

    Ce mercredi il fait enfin grand beau, c’est le moment de me lancer ! Hélas, les innombrables bouchons sur la route entre Saint-Etienne et le contournement sud de Lyon me retardent considérablement, si bien que je ne démarrerai des Massards qu’à… 11h25 ! Même en sous-bois la chaleur est déjà bien présente, et en quelques minutes je suis en nage… Chemin (raide) faisant, je décide qu’à partir de la source des Sangliers j’irai explorer en priorité le passage le plus délicat, donc le Pas de Montbrun, et redescendrai par Rocheplane - je renonce pour aujourd’hui à faire l’aller-retour au Dôme de Bellefont, a priori moins problématique, pour me concentrer sur la boucle des Pas.

    La montée est sous-bois est assez pentue, et parfois glissante, mais l’itinéraire est bien décrit par jducerf (faudrait peut-être juste rajouter que sur la vaste plateforme herbeuse vers 1435m, il faut ignorer le lacet d’une large piste à droite et poursuivre vers la gauche, sur un petit sentier (cairn) qui pénètre en forêt). Il est 13h35 quand je sors de la forêt, sous l’immense barre rocheuse qui la domine en face. Vu l’heure, je refais quelques pas en arrière pour aller pique-niquer à l’ombre, sur un tronc d’arbre. Peu après, j’entends puis je vois passer devant moi 3 randonneurs qui redescendent du Pas de Montbrun. Ils me conseillent, à l’inverse de ce qu’ils ont fait, de monter plutôt par Montbrun et de descendre par Rocheplane (ça tombe bien !).

    Je me remets donc en marche peu après 14h, sur la pente inondée de soleil, à la recherche du départ sous le Pas. Je n’ai aucun mal à le trouver, sur le sentier qui part à droite, à env. 200m ; difficile de le louper, il y a là à gauche plusieurs petits cairns, et puis le Pas vu d’ici correspond parfaitement aux photos qui sont sur bivouak (merci aux photographes !). Je grimpe donc, c’est raide comme prévu, et dans le couloir il faut bien s’accrocher. A la sortie, au sommet de la butte, soulagé, j’avise le beau sentier bien tentant qui poursuit vers la gauche. Un moment d’hésitation tout de même (je ne suis pas arrivé sur la crête !?), mais je ne résiste pas, et sans même jeter un œil sur la carte ni la boussole je prends mon superbe sentier qui file vers le Sud, il doit sûrement rejoindre le Pas de Rocheplane me dis-je… Quelle merveille ce sentier en balcon sous la barre, un peu aérien, mais on a vu pire. Il descend puis remonte doucement, puis s’enfile sous un surplomb bien bas de plafond ; ça m’étonne un peu mais je finis par passer en me pliant en deux… Un peu plus loin, rebelote, mais cette fois c’est pas de la tarte, le surplomb descend si bas qu’il nécessite de ramper à quatre pattes, et surtout le passage est ici bien étroit et déversant au-dessus du vide… brrrrr !! Là je me dis qu’à coup sûr je n’ai pas dû prendre la "voie normale" ! J’hésite, je m’accroche, je cale mon pied gauche contre le bas d’un petit pin rabougri, et tant bien que mal… je passe ! Pfffff ! Qu’est-ce que j’ai bien pu faire ? Je le saurai en reconsultant mes cartes et le livre de Pascal une fois de retour chez moi : mon goût de l’aventure ayant inconsciemment (?) repris le dessus, j’ai tout simplement dû prendre la partie sud, entre les deux Pas, du sangle des Arches !... La suite sera heureusement sans problème, et je déboucherai enfin comme une fleur au Pas de Rocheplane.

    La descente de ce pas jusqu’aux Massards sera bien plus agréable que prévu. Certes il y a des petits cailloux qui roulent sous les pieds ici ou là, mais ça reste tout-à-fait supportable. Je prends un réel plaisir à cette belle descente, et le seul petit déplaisir sera, plus bas, pour les passages glissants en forêt. Au final, une superbe rando, à refaire, en groupe j’espère, et en complétant alors cette belle boucle par la visite au Piton et au Dôme de Bellefont… et en évitant cette fois-ci de me laisser tenter par le Sangle des Arches !
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  • Trois jours après notre rando collective de mercredi dernier qui m’a permis de découvrir ce circuit, m’y revoici, tout seul cette fois-ci, profitant d’une nouvelle belle journée pour aller vérifier et surtout rectifier sur place mon premier topo. En effet, malgré les notes que j’avais griffonnées mercredi tout au long de notre périple commun, puis mises au propre sur mon PC, il me restait quelques "trous noirs" sur lesquels j’avais de gros doutes ! Je suis donc reparti en chasse muni de la V1 de mon topo et d’un stylo rouge, et me revoici devant l’église de Tiranges.

    Après avoir affiné le départ de Tiranges (pas clair dans ma première version), j’ai repris ma voiture jusqu’à Chaumont via Boisset, et de là je suis parti à pied (à 10h30 !) pour… on verra bien, selon ma progression et mes envies. Mais je m’étais dit qu’il fallait au moins que j’aille voir en aller-retour jusqu’un peu au-delà du sommet de la coulée de lave (la suite me paraissant à peu près correcte sur mon papier).

    J’ai donc progressé… juqu’à l’Herm, où je me suis une première fois emmêlé les pinceaux dans le hameau. Mon topo était erroné, et impossible de me souvenir par où on était descendu mercredi vers la passerelle ! Il m’a fallu un moment pour me réorienter, carte et boussole à l’appui, et j’ai fini par me décider, logiquement, à suivre (pas jusqu’au bout...) le chemin fléché "Barrage". Mais plus bas, nouveau sac de nœuds : à droite ou à gauche ? La carte m'a sauvé une fois encore. Et puis je me suis souvenu qu’à un certain endroit (mais où ?) il fallait obliquer à gauche dans de hautes herbes sans aucune trace, et ma perplexité n’a cessé de croître. J’ai enfin trouvé plus bas un vague passage dans des herbes hautes, et décidé de me lancer dans la descente vers l’Ance. En effet, le sentier est ensuite réapparu assez vite, en sous-bois, le seul hic étant que je ne retrouvais pas les fameux ronds oranges (mauvais signe !). J’ai toutefois persisté, et j'ai bel et bien fini par me retrouver au bord de l’Ance, mais de passerelle, point ! (Si j'avais alors pris soin de regarder ma carte, j'aurais tout compris : ce sentier - de pêcheur ? - y figure distinctement, et débouche sur l’Ance très au nord de la passerelle !) Par contre, une trace assez nette sur la gauche suivait le cours de l’Ance, je l’ai suivie un bon moment, par curiosité, puis dans le doute (pas sûr que ça mène à la passerelle) je suis revenu sur mes pas et remonté sur le plateau. Et soudain là-bas… quelqu’un !!! Sur un quad à l'arrêt ! J’accélère le pas, zut il repart, tiens le voici à nouveau à l’arrêt, en train de réparer une clôture on dirait. Cette fois il me voit venir, on se salue, c’est un fermier de l’Herm. Il me renseigne aussitôt : là d'où vous venez, juste à 50m, c’est là qu’il faut tourner à gauche dans l’herbe, puis au bout il suffit de suivre, la passerelle est tout en bas (OUF !), le chemin vers la passerelle n’est pas sur votre carte, on l’a changé, maintenant il faut connaître… Et moi, soulagé, et lui, détendu, on va causer encore un bon moment, de tout et de rien, de la vie ici, du bon climat sur le plateau, du travail dans les champs, de ma rando du jour, des motards qu’il a fallu mettre au pas, etc. Et quand je repars, enfin dans la bonne direction, tout se passe à merveille. Comme prévu, je retrouve presque aussitôt mes ronds oranges, puis ma passerelle, et sans coup férir j’arrive comme une fleur à Bourianne, au pied de la coulée de lave.

    Là, bien regonflé, j’aurais bien tenté une remontée de la coulée dans les blocs ! Mais l’heure déjà avancée (malgré l’absence de pique-nique aujourd’hui - deux barres sans sucre et de moelleux abricots séchés ont suffi à calmer ma faim) et ma volonté d’aller explorer encore un peu au-delà de la table d’orientation là-haut (il me restait encore un doute sur ce point de l’itinéraire) m’ont décidé à remonter au plus vite la coulée par le sentier juste à gauche de la croix (Est, donc – mercredi nous avions pris le sentier Ouest à droite). Après de beaux points de vue intermédiaires sur la coulée, j’ai donc atteint la table, et continué aussitôt en face. J’avais noté ici un autre problématique passage hors trace. Mais non, il y avait bel et bien là un large chemin quasi horizontal vers le Sud, qui bute au bout sur un encore plus large chemin forestier qu’il faut prendre vers la gauche et que j'ai bien reconnu. Après suivi ce dernier encore un bon moment, j’ai décidé, enfin pleinement satisfait de mes explorations du jour, de m’arrêter là et de refaire le trajet en sens inverse jusqu’à mon point de départ à Chaumont. Ce qui fut fait sans problème. Après la passerelle et ma remontée sur le plateau d’en face, j’ai encore recroisé par deux fois mon sympathique fermier de l’Herm, juché cette fois-ci sur un tracteur ! Et de retour à Chaumont peu après 16h, j’avais encore des courses à faire à St-Etienne, donc pas de temps à perdre. Très content de ma journée, je n’aurais donc plus, une fois rentré au bercail, qu’à reprendre ma V1, partiellement fautive, pour la transformer en la V2, définitive et impeccable j’espère, que vous avez sous les yeux au-dessus. Et merci à Jean-François qui a bien voulu la relire et me donner son "nihil obstat"…
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  • Que faire en milieu de semaine, quand la météo daigne enfin nous sourire (tout juste) et qu’on dispose d’un peu de temps libre ? Nous étions dix ce mercredi à répondre en chœur : une bonne rando pas trop loin de chez nous, à la (re)découverte d’un bout de Haute-Loire, de ce plateau si proche et pourtant si différent de nos habituels reliefs ligériens (Pilat et Forez). Nous voici donc partis derrière Jean-François pour une boucle au profil de toboggan, entre vallée et méandres de l’Ance, ici bien encaissée, et plateau d’origine volcanique aux traces encore bien visibles.

    Partis de Tiranges à 9h20, sous un ciel un peu tourmenté à la mi-journée (nous craignions tous une ou deux averses, prévues tôt ou tard par la météo, mais son erreur fut bienvenue…), on commence tout de suite par une petite "descente/montée" (vers Chaumont donc), la première d’une longue série, histoire de se mettre aussitôt dans le bain du jour : tantôt naviguer de ci de là sur le plateau, tantôt plonger au fond de la vallée bien encaissée de l’Ance pour mieux réémerger ensuite dans les champs et pâturages à perte de vue, parsemés de petits hameaux, du versant opposé… avec de très belles découvertes (pour ceux qui comme moi n’ont jamais mis les pieds dans ce secteur) dont notre guide du jour a pimenté son itinéraire.

    À commencer par la plongée sur la passerelle sur l’Ance : pas évidente du tout à trouver, car visiblement très peu fréquentée (du moins par cet accès-là) – en tout cas on ne risque pas de traverser l’Ance à gué, vu l’énorme masse d’eaux boueuses qu’elle charrie aujourd’hui ! Et puis c’est parti pour une remontée par paliers en direction du pied de la fameuse coulée de lave (qui n’en est pas vraiment une, c’est écrit sur le panneau d’info, vu que la lave est sur le plateau et que ces milliers de blocs qui dévalent de là-haut sont autant de prismes basaltiques issus de son démantèlement… Fin du cours de géologie du jour !). Bon, aujourd’hui on n’a pas le courage de grimper là-dedans (comme j’avais fait plus au sud dans les (plus gros) blocs des sucs du Mounier et de la Tortue, vu que là je n’avais pas le choix !). Ici il y a des bons sentiers des deux côtés, donc on prend celui de droite (les trailers, eux, ont dû monter en courant droit dans les blocs !!!) et on arrive comme une fleur (des fleurs ?!) à la table d’orientation au-dessus de la coulée. On résiste à l’envie de pique-niquer ici (idéal bien sûr, avec la superbe vue vers "nos" Monts du Forez au nord, mais encore un peu tôt…), et on attend pour ça d’être arrivés vers 13h à la table d’orientation suivante, celle de Montpré, plus au sud sur le plateau – autre endroit idéal, sans table ni banc certes, mais avec une belle murette de… blocs, et une non moins superbe vue, mais vers le sud cette fois-ci, ses massifs et ses sucs.

    Une fois avalée la pluie de petits desserts et la liqueur digestive généreusement transporté(e)s par certain(e)s d’entre nous, merci à eux/elles (ah les joies de la démasculinisation grammaticale dans l’air du temps !), on repart, direction Chalencon, autre grand objectif annoncé du jour. Et en effet, à l’issue d’un nouveau petit exercice périlleux d’orientation, brillamment gagné une fois encore par Jean-François, nous plongeons sur cette petite cité médiévale perchée sur son promontoire rocheux au-dessus de l’Ance et sertie dans son écrin de verdure. Comme il y en a qui connaissent déjà tous les joyaux architecturaux de l’endroit (le château et la chapelle, le pont du Diable en contrebas, le pont Romain un peu plus loin), une petite discussion s’engage (j’y vais / j’y vais pas ?), et finalement on se met d’accord sur la solution idéale : y aller mais sans remonter du pont du Diable au bourg, vu qu’on peut poursuivre d’en bas, directement par le sentier dit des Mulets, le long de l’Ance jusqu’au pont Romain, et de là boucler la boucle par le GR jusqu’au point de départ de la rando.

    On entame donc la dernière partie de notre rando-découverte du jour par ce stimulant et très beau sentier des Mulets (allusion probable aux caravanes de mulets transportant ici au Moyen Âge les marchandises entre le Velay et la vallée du Rhône) qui serpente au-dessus de l’Ance. Mais une fois arrivés au Pont dit Romain, le dernier du jour sur l’Ance, et dernier bijou architectural, la montée finale est loin d’être terminée, et la rando s’achève donc en apothéose avec encore 260m de dénivelé, une paille pour des randonneurs(ses) chevronné(e)s comme nous tous (et toutes !). Bon, on est de retour à Tiranges vers 16h50. Et à part un agriculteur sympa (sur le plateau, avec sa jument et un adorable poulain qu’elle a fini par adopter après avoir perdu le sien, quelle histoire !), on n’aura rencontré à peu près personne de la journée… Et comme la fête s’achève comme d’hab par le pot rituel au café du coin, et que celui de Tiranges est fermé les mercredis comme par hasard, c’est donc à celui de Boisset (heureusement ouvert, lui) que nous remercions Jean-François pour ce circuit mémorable, même pour celles et ceux (pffff !) qui connaissaient déjà peu ou prou ces beaux hauts-lieux de notre Haute-Loire voisine.
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  • En complément à ce très beau parcours :

    - Pour faire plus complètement la Barre des Dourbes (appelée Montagne de Coupe sur le versant Est), on y montera par le Pas de Labaud (1622m, plus au Sud que celui de Tartonne). Cet accès est également balisé, et nécessite de quitter assez vite la piste du Pas de Tartonne et de la Faye (ou Faille) pour prendre une autre piste vers la droite.

    - Avant d’arriver au Pas de la Faye, on admirera sur la gauche l’étonnant trou dans la Barre appelé Trou de Saint Martin.

    - La montée au Couard entre le Pas de la Faye et le sommet est très ludique, de même que la descente par l’arête sud-est. A noter qu’on peut aussi prendre cette arête, dont la partie basse est bien visible d’en haut, directement depuis le sommet, et s’amuser à rester le plus possible sur le fil quand il devient rocheux. A noter au passage une très belle arche sur la gauche de cette arête, dans sa partie haute..

  • Deux brèves infos complémentaires sur cette très belle rando qui présente tout du long de fabuleux paysages minéraux (et un grandiose panorama au sommet, le plus haut de la Corse du Sud) :

    - La rando peut bien sûr s'effectuer dans les 2 sens. Dans ce topo elle emprunte à la montée le GR 20 (balisage blanc-rouge), et pour la dernière partie de la descente la "Via Alpine" (parcours entre la bifurcation où on quitte le GR après le ravin des Fourches d'Asinau et celui où on le retrouve peu avant le retour au Col de Bavella, et qui frôle au plus près les extraordinaires Aiguilles de Bavella ; balisage jaune).

    - le R3 se justifie : rando longue et engagée sur terrain souvent rocheux et chaotique ; plusieurs montées-descentes (sur le GR20) augmentent sensiblement le dénivelé "brut" ; certains passages très raides notamment sur la Via Alpine nécessitent de mettre les mains ou de se servir d'une chaine..

  • Citation :

    Que signifie le terme « Vestide » ?
    - En occitan, la vestide désigne un endroit retiré / (eaux)
    - Vestide est le terme géomorphologique pour désigner un
    « cratère de maar » / (poissons)
    - Vestide s’emploie en occitan pour désigner des vestiges,
    en l’occurrence les vestiges d’un lac / (minéraux)

    trouvé sur : www.la-montagne-ardechoise.com/IMG/pdf/ARD_enigmLong.pdf

    A quand d'autres vestides ardéchoises ? icon_wink.gif.

  • réservations au 04 50 93 11 07
    courriel : refuge.deplate@yahoo.fr
    site : www.refugedeplate.fr

    Le refuge est fermé hors gardiennage. 5 places dispo en refuge d'hiver (ni eau ni chauffage).

    A noter :
    - refuge dans un ancien village d'alpage (les "chalets de Platé")
    - 2 ânesses et des poules en liberté...
    - une longue-vue installée en terrasse...

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  • Hello Stef04,

    Mardi soir, cherchant sans grand espoir, sur ma carte IGN, un nouveau sommet près de Digne à faire dans la matinée (au lieu des superbes mais sempiternels Cousson, Bigue et Couard..), je tombe sur le Carton. Au départ de Chavailles, me dis-je, c’est pas loin, ça parait faisable, et facile, avec un itinéraire bien tracé sur la carte. Je prends quelques notes, je me prépare, et jette quand même un dernier regard sur bivouak. Et là, stupéfaction : un topo sur le Carton au départ de Chavailles !!! Mais y en avait pas, justement ! J’ouvre, et je lis : 4 vues ! Et l’auteur du topo ? Stef04 ! Ben… elle a dû l'envoyer à l’instant, c’est pas possible autrement ! Incroyable ! À un jour près, je l’aurais fait… mais c’est mieux comme ça, ça m’évitera de le faire, et du coup je vais pouvoir en profiter dès demain matin icon_wink.gif

    Le topo auquel tu renvoies est très bien fait, et ma rando a été très réussie. Il faut dire qu’on va crescendo du début à la fin : d’abord un peu de goudron (très peu heureusement), puis à gauche de l’oratoire 1253 une large piste qu’on quitte plus haut (panneau) pour rentrer en forêt (c’est déjà mieux), ensuite, après une brève et facile remontée d’un pierrier, un superbe sentier rocheux, sauvage à souhait mais jamais dangereux ni vraiment exposé, et enfin à partir du poteau 1750 (avant le Col de la Baisse, très bonne idée !), cerise sur le gâteau, la raide, longue et superbe remontée de la crête herbeuse et fleurie, jusqu’au sommet et sa vue panoramique impressionnante. Cela dit, le dénivelé total (cumulé) serait plutôt de 1000m, vu les montées et descentes successives sur la crête avant d'arriver au "vrai" sommet

    Il doit être possible de faire (à la montée ou à la descente) une petite boucle. Je l’ai tentée après le sommet, mais j’ai dû faire demi-tour par manque de temps (on m’attendait à Digne pour le déjeuner !). L’idée est de traverser le sommet en continuant sur la crête désormais globalement descendante vers le nord-ouest, jusque vers le point 1944 marqué sur IGN, pour rejoindre le sentier sud-est tracé sur la carte, qu’on suit jusqu’à la cabane de la Baisse, puis remonter ensuite au Col du même nom, et d’y rejoindre l’itinéraire de montée.
    Je ne sais pas si c’est une bonne idée, c’est sûr que ça rallonge, et est-ce encore faisable dans une matinée ? A voir – je vais peut-être l’essayer un de ces jours… à moins que tu ne le fasses avant moi icon_smile.gif ?.

  • Eh bien là, dit comme ça, je suis tout-à-fait d'accord avec toi !
    Bonnes randos à toi icon_wink.gif.

  • Bien vu... et bien prise, bravo !
    Ben moi j'ai pas revu ma souris/musaraigne lors de mon deuxième passage au habert de Bovinant ce mercredi 21 : mais on était 7 randonneurs ce coup-ci, et 7 ça fait beaucoup plus de bruit qu'un seul qui mange en silence assis sur la banquette du fond ! D'ailleurs vu le beau temps on avait préféré pique-niquer plus haut, juste après le passage de la Barre, assis dans les crocus de toutes les couleurs (splendide !), et on n'a fait que visiter le habert, sans trop traîner. Grosse déception donc icon_cry.gif mais je m'en remettrai - et elle aussi, je me fais pas de souci icon_biggrin.gif.

  • Tu as sans doute raison, je ne suis pas un spécialiste de ces petites bêtes (ni même des plus grosses...).
    Alors pour tirer ça... au clair, il ne me reste plus :
    1. qu'à retourner au plus vite au Habert de Bovinant (F) (si la météo le permet je refais la rando, avec un groupe cette fois, ce mercredi 21)
    2. à retrouver ma bestiole dans le Habert (AD)
    3. et enfin à la persuader de se calmer un peu pour que je puisse enfin lui tirer le portrait... (ED).
    Je te tiens au courant icon_wink.gif.

  • Double merci Véronique pour ces 2 infos icon_biggrin.gif

    Evidemment moi aussi les belles fleurs m'enchantent, mais contrairement à toi je n'y connais vraiment pas grand-chose ; j'espère encore accroître petit à petit mes faibles connaissances (je me fais un petit catalogue perso avec les fleurs que j'ai photographiées au cours de mes sorties...).

    Et je compte bien aussi profiter prochainement de ton précieux tuyau concernant la cabane de l'ours (lors de ma prochaine virée dans le coin, justement). Je te tiendrai au courant !

    Bonnes randos dans les jours à venir..

  • Pour les non-Grenoblois en particulier qui (comme moi) découvriraient Orionde pour la première fois, notamment en hiver (disparition de toute trace sous la neige...), je rajoute ici qq informations complémentaires au topo ci-dessus (suite à ma rando du 2.04.2014).

    Déjà, au départ, bien repérer la piste à droite du parking 1300 qui descend puis remonte au pont de la Betta ; là, ignorer le premier poteau "Pont de la Betta", passer le pont et quitter au nouveau poteau "Pont de la Betta" la direction de Pré Marcel pour suivre à gauche celle du "Lac de Crop" (panneau, montée raide vers le sud). Au croisement d'une large piste presque horizontale, la prendre à droite (sud-ouest). Plus haut (1410), on aboutit à une passerelle sur le ruisseau de Crop. Le plus simple me parait de la franchir (amusant si beaucoup de neige !), et de poursuivre à gauche, donc rive gauche, la remontée du vallon. Bientôt on voit s'ouvrir devant soi une vaste combe bien dégagée mais raide, qu'on remonte au mieux toujours dans la même direction sud-ouest. Vers 1650, sous une impressionnante masse rocheuse, quitter l'axe du vallon et obliquer franchement à droite (la pente s'adoucit !). Vers 1750m, tirer progressivement à gauche, et continuer plein ouest. Orionde apparait alors là-haut au fond.
    La voie "normale" (d'été ?) contourne semble-t-il cette montagne par la droite, en remontant jusqu'à la crête qu'il faut suivre ensuite vers le sud (plutôt en versant ouest) jusqu'au sommet. Mais lors de notre randonnée raquettes de ce début avril 2014, au vu des quelques coulées sur ces pentes, nous avons préféré contourner la montagne par la gauche, en visant puis en remontant le (raide) Col du Rafour au sud, qui nous a paru plus sûr. De ce col, on tire alors à droite sur la crête : le sommet est tout près !.

  • Bon,Véro, le coup de l'assoc c'était juste un clin d'oeil complice en passant, j'y tiens évidemment pas plus que toi...

    Pour le reste j'ai comme toi mes sommets fétiches tout près de chez moi et dont je ne me lasse jamais (pour moi le Pilat et les Monts du Forez), et où je me rends encore et encore (avec des variantes ça va de soi) quand les Alpes sont trop loin ou trop inhospitalières. En plus avec l'âge (et a fortiori le grand !!! - je parle pour moi, attention !) il faut s'entrainer presque tout le temps si on ne veut pas décrocher, alors autant y prendre le plus de plaisir possible !

    Par ailleurs j'ai toujours pensé qu'on pouvait prendre autant de plaisir (même si ce n'est pas tout-à-fait le même) à arpenter les "petits" sommets que les grands. Ainsi dans mes "plus belles" il y a à la fois par ex. la traversée Midi-Plan (avec retour par la Mer de glace) ou celle des Aiguilles du Chambeyron (ou encore le Mont Blanc ou le Mt Rose) que le Moucherotte par la face est, Chamechaude (et encore mieux par la Brèche Arnaud !) ou la grande traversée des crêtes du Pilat, ou encore des errances infinies sur le haut plateau des Monts du Forez.

    Pour le reste, comme disait mon grand'père : "dire et laisser dire..." icon_wink.gif.

  • Merci ced pour tes encouragements. Finalement on garde tous un excellent souvenir de cette rude sortie ! Pourtant on n'a rien vu du tout, mais on s'est battu contre les éléments et ça, ça restera paradoxalement comme un "plaisir" inoubliable.
    Je vois que tu as déjà écumé le coin il y a 4 ans. Ton récit me donne une bonne idée : revenir en septembre de l'an prochain (un jour de beau temps, quand même), au moment du brâme du cerf : on pourrait faire d'une pierre deux coups ?
    Mais pas sûr qu'on aura la patience d'attendre jusque là : on risque d'y revenir dès le printemps prochain (et, pourquoi pas, une nouvelle fois en septembre ?)..

  • Pr

    Heureux d'avoir pu vous être utiles pour vos randos dans les Préalpes de Digne !
    Merci pour le tuyau sur le gîte de Verdaches, que je ne connaissais pas (et pour le tout nouvel itinéraire du Blayeul !).
    Quant à Olivier, le gardien bien connu à Digne du refuge de l'Estrop, il est en effet très sympa et aime faire partager les beautés et les secrets de sa superbe montagne, comme par exemple l'accès à la source de la Bléone au-dessus du refuge (vous êtes allés au sommet malgré la neige ? Bien sûr l'Estrop c'est le top du massif, mais je ne l'avais pas inclus dans ma liste puisque vous sembliez y avoir renoncé vu l'enneigement)..

  • Quelques mises à jour :

    - La route goudronnée qui part d’Archail a maintenant été prolongée jusqu'à la retenue d’eau, juste avant l’entrée en sous-bois. On peut donc continuer en voiture jusque là. Avantage : cette portion d’itinéraire en montée douce au-dessus du village était plutôt fastidieuse, surtout à la descente ! Il est donc préférable de démarrer la rando à la retenue d'eau (quelques places de parking). Cela dit, on peut quand même s’arrêter au village pour faire le plein d’eau à la fontaine…

    - Au Pas d’Archail, le bas des pentes sud qui mènent au Couard a été déboisé. On monte donc à droite dans des pentes à peu près dénudées jusqu’au bord de la falaise (qu’on peut longer assez longtemps, jusqu’à ce qu’on retrouve le balisage et la fin du sentier de montée qui oblique à gauche dans les pins.

    - Pour compenser avantageusement le « manque à gagner » du dénivelé dû au prolongement de la route, je conseille vivement d’enchaîner le Cucuyon au Pic de Couard... Donc, de retour au Pas d’Archail après la descente du Couard, continuer à monter en face (plus de traces, mais la direction –nord-est– est évidente) jusqu’au petit col en haut de la pente, d’où il reste à monter au mieux, sur la gauche (à droite, c’est la crête du Pré de l’Evêque…), dans les herbes et les cailloux, jusqu’au sommet du Cucuyon (+ 200m de dénivelé). Le Cucuyon culmine à 1866m, et la vue y est très belle, entre autres sur… le Couard, ainsi que sur la crête du Pré de l’Evêque jusqu’au Cluchemet et au Cheval Blanc..

  • Merci Greg pour l'info.
    Je m'y attendais un peu, mais ton avis m'est précieux. Les Hauts de Chartreuse par le versant Est, ce sera donc pour un peu plus tard, quand le printemps (ou l'été !) se sera enfin décidé à se pointer pour de bon.
    Demain matin on ira donc revisiter notre Pilat, il reste toujours encore de petits coins à (re)découvrir... même sous une petite averse, comme nous l'annonce gentiment la météo.
    Encore merci et bonnes randos à toi aussi

    Geof.



  • Merci, me voilà un peu plus savant (ou moins ignorant) !.

  • pr

    Petite précision pour la montée au Jallouvre : attention à ne pas prendre, à la seconde bifurc après le Col de la Colombière, le sentier de droite marqué "Rochers de la Colombière", mais poursuivre tout droit vers la combe sous le Jallouvre (la plus à gauche).
    Nettement plus haut, la bifurc suivante qui mène à l'arête des Bouquetins sur la gauche (on voit nettement le sentier câblé qui grimpe sur l'arête) se situe vers 1900 m. Bien sûr pour la voie "normale" on continue à monter tout droit dans la combe.
    Vers la haut de la combe l'itinéraire se perd un peu. Il faut sortir de la combe par la droite, avec un passage assez délicat dans une sorte de fissure, mais ça passe..

  • Merci de ton conseil... que je suivrai effectivement !
    Je ne veux pas prendre de risques dans la Brèche Arnaud, même si cet itinéraire jusqu'au sommet de Chamechaude peut paraitre en soi plus stimulant (et plus physique pour ce qui est de la remontée de la brèche) que l'accès au Moucherotte par le versant est. Je connais les 2 randos, je les apprécie beaucoup toutes les deux, et je pense que la grimpette sur le Moucherotte, surtout s'il fait à peu près beau (pas garanti pour le moment icon_sad.gif ), peut aussi être ludique pour des ados ligériens avides d'aventures montagnardes un peu excitantes...
    Encore merci..

  • ar

    C'est pas juste !!!
    Je vois sur la photo qu'en hiver, on descend par un large boulevard, en plus ultra sécurisé par des cordes de chaque côté. Alors qu'en été, il n'y a plus rien du tout et l'arête est toute fine et aérienne, sans aucune protection, de quoi trembler dans ses chaussettes jusqu'en bas de l'arête... Heureusement elle n'est pas bien longue (mais si tu continues jusqu'à l'aiguille du Plan tu as encore de belles sensations en perspective...).
    Mais pourquoi ce traitement de faveur pour les skieurs et les parapentistes, c'est un skhandâle !.



  • et superbe photo !.

  • Ce topo existe déjà - depuis Boudin, en passant par le Col du Pré... Dans ce cas, il me semble qu'il vaudrait mieux y ajouter un commentaire (puisqu'il y a une petite variante dans la descente) plutôt que de récrire un 2e topo, non ?.

  • On est bien d'accord icon_biggrin.gif
    Très bonnes randos en 2009, dans les Alpes... et ailleurs !.

  • Merci de ton message. OK pour l’intérêt, en soi limité pour un randonneur, de la station de ski de Chalmazel. Mais vu de par chez nous, qui n’avons pas à portée de main, comme vous, bienheureux Grenoblois, des Belledonne, Chartreuse, Vercors et autres Dévoluy, Chalmazel nous permet tout de même, outre un accès quasi garanti l’hiver (en particulier quand les cols sont fermés ou difficiles d’accès), de nous entraîner un minimum en avalant déjà, pour commencer, 500 m de dénivelée d’un coup - on accède ainsi au sommet de Pierre-sur-Haute en une petite heure (on peut doser la difficulté en choisissant des pentes +/- relevées, jusqu’à la piste noire en Y avec sa très raide sortie à droite sur le plateau - limite pour un raquettiste). Ensuite, on n’a que l’embarras du choix : soit redescendre ou vers l’est (Colleigne, Chorsin…), ou vers l’ouest (vallon du Fossat, St Pierre la Bourlhonne…), soit continuer sur les Hautes Chaumes en vallonnements successifs vers le sud, comme j’ai fait l’autre matin, où j’ai dû accumuler ainsi en peu de temps (à peine plus de 2 h) quelque 850 m de dénivelée tout en y prenant le plus grand plaisir. Jeu d’enfant pour un Isérois, mais vrai petit casse-tête pour un Ligérien soucieux d’allier plaisir et entraînement, sans devoir faire d’abord 2h30 ou 3h de voiture direction l’Isère ou la Savoie, avant de pouvoir commencer à mettre un pied devant l’autre. Et encore, nous autres Stéphanois, on se considère comme des privilégiés par rapport à tous ceux qui n’ont même pas un massif du Pilat ou du Forez à leur porte !.

  • SebL
    Je pense que l'on peut quand même respecter les auteurs de topos. Ce topo apporte des infos intéressantes même si c'est vrai que la difficulté est significativement sous-estimée.

    Je crois finalement que tout le monde est presque d'accord ! : ce n'est pas du R1 même s'il n'y a pas de difficulté majeure en dehors du final.

    PS : en tout cas, c'est vraiment un sommet à conseiller à tous les randonneurs qui ont un peu le pied montagnard : c'est probablement l'un des plus jolis belvédères des préalpes, avec 3 accès principaux de toute beauté.

    D'accord avec toi, y compris sur le caractère peu courtois de ma réaction (dorénavant j'attendrai un peu avant de réagir "à chaud" sur certains sujets qui me font bondir !).
    C'est vrai que quand je suis monté à la Tournette l'été dernier, j'ai vu quelques personnes hésiter, visiblement impressionnées par le passage équipé de chaînes, au pied du fameux Fauteuil (je ne sais pas si finalement elles sont montées ou pas)... Rien de bien méchant, c'est vrai, pour un randonneur "moyen", mais néanmoins un obstacle non négligeable pour certains peu habitués à ce genre d'obstacle.
    Cela dit, je compte bien y retourner un jour, à la Tournette, par Montmin et le pas de Bajulaz cette fois-ci, pour varier les plaisirs. C'est en effet, par beau temps, un véritable régal que de monter là-haut - assurément un des "grands sommets du randonneur" !.

  • J'ai fait fin juillet de cette année une rando plus longue que celle-ci, mais apparemment bien plus facile tout en étant très agréable : le tour du Carton avec montée au sommet, à partir de Prads (où on laisse la voiture).
    On peut faire ce tour soit en longeant d'abord le versant sud-ouest (Prads - Heyre - La Colle Vieille - Col de la Baisse par l'itinéraire direct à gauche après la Colle, sans passer par Chavailles - sommet - retour au Col), et en revenant par le versant nord-est (Cabane de la Baisse - Tercier - Prads), soit dans le sens inverse.
    J'ai pour ma part choisi la première solution. Il y a toujours un sentier ou un chemin, sauf dans la montée (évidente, il suffit de suivre la crête) du Col au sommet. La seule petite difficulté concerne la montée parfois raide qui mène au Col de la Baisse (d'où un niveau 2, à mon avis).
    J'ai mis 4h 45 (sans me presser !) pour arriver jusqu'au Col, puis encore une petite heure du Col au sommet. La descente très facile du sommet à Prads a été nettement plus rapide (moins de 3 h).
    Du sommet, la vue sur les différents sommets des Préalpes au nord et à l'est de Digne est magnifique..


  • C'est joli les joubarbes, surtout quand ça court à quatre pattes dans la rosée du petit matin ! icon_lol.gif.

  • Gardiens : François et Martine CHARON.
    tél : 04 79 05 88 67
    site : www.petitmontcenis.com

    A partir de son ouverture mi-juin, cet agréable refuge est accessible en voiture (parking juste avant) dès que le chemin qui y mène est déneigé (souvent pas avant fin mai, début juin). Du Col, compter alors 20' en voiture.
    Mais on peut aussi y accéder depuis Bramans (2h. à pied).
    Les gardiens, très sympathiques, très investis dans "leur" refuge, sont une mine de conseils pour les randonnées dans le secteur, qu'ils ont souvent balisées eux-mêmes avec beaucoup de soin..

  • Réservation obligatoire.
    18 places en dortoir.
    Dans les bâtiments d'une ancienne jasserie, ce refuge est attenant à l'auberge de Garnier (cuisine régionale, très prisée des connaisseurs).
    La jasserie de Garnier est un des hauts-lieux des Monts du Forez...
    Téléphone : 04 77 76 83 86.

  • Au sommet du Col, entre Loire et Puy-de-Dôme, avec vues superbes sur le Mont Blanc à l'Est et la chaîne des Puys à l'Ouest. Deux beaux bâtiments construits ou rénovés en 2004, un pour la restauration, et l'autre pour l'hébergement.
    Location de skis, raquettes et luges en hiver.
    Belle salle de restaurant. Spécialités auvergnates.
    Salle hors sac.

    Pour se renseigner :
    - téléphone: 04.73.72.09.37
    - site: www.col-du-beal.com
    .

  • Chalet-refuge accessible en voiture, qui peut servir de base pour de nombreuses randonnées (Mont Joly, Col de la Fenêtre, Lacs et Monts Jovet, Col du Bonhomme, Mont Truc...) qui peuvent se faire aussi l'hiver en raquettes. Etape sur l'itinéraire du Tour du Mont Blanc.
    Nombreuses possibilités aussi pour les skieurs (piste, rando), les alpinistes et les canyonistes.
    Escalade à proximité (site de la Duchère). Via ferrata proche (Passy).
    Renseignements et réservations auprès de Sonia Leroy et Alexandre Lantaz, au 04.50.47.00.88.
    Nouveau site web :
    http://www.chaletdescontamines.ffcam.fr
    .

  • Refuge de l'ADRI. Très confortable, dans un très beau site (cirque rocheux) où la Bléone prend sa source, au pied de la Tête de l'Estrop.
    Accueil chaleureux d'Olivier, Joanna et Samuel.
    http://lerefugedelestrop.e-monsite.com


     

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  • Sympathique petit refuge sur les pentes du Cinto, à deux bonnes heures de marche du parking du camping de Lozzi (la piste autrefois carrossable entre le camping et Petra Pinzuta, qui raccourcissait énormément l'accès au refuge, n'est plus praticable en voiture). Il n'est pas gardé, mais il semble qu'il y ait tout de même un "gardien" qui s'y rend régulièrement pour l'entretien. Il y a un point d'eau à l'extérieur de la cabane au-dessus du refuge..

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