Les gorges de l\'Ebron par le lit du torrent


Les gorges de l\'Ebron par le lit du torrent

  • Altitude départ : 740
  • Altitude sommet : 500
  • Dénivelé : 240
  • Distance : 2 km
  • Temps de montée : 1
  • Temps de descente : 1h 30
  • Orientation : Sud
  • Balisage : Aucun
  • Itinéraire :
    • en boucle

Itinéraire

Depuis LAVARS, prendre en direction de l'ouest, par l'un ou l'autre des chemins paysans qui descendent dans les champs.

Arrivé au fond dudit chemin, vous êtes dans un champ (cultivé ou non suivant la saison). Aller au bord le plus bas de ce champ.

Chercher, dans les sous-bois voisins, une sente de bêtes qui, majoritairement, empruntera un éperon.
Cet éperon vous permettra de descendre jusqu'au lit du torrent : en droite ligne !

Retour par le cheminement inverse.

Précautions

Dans les champs : soyez précautionneux, et longez les bordures afin de ne pas endommager les cultures. S'il faut enjamber une clôture, faites le avec délicatesse... merci pour les propriétaires ! Dans les sous-bois : il y a beaucoup de buis, dont les troncs sont parfois très serrés : la densité de tels sous-bois est parfois un réel problème. La fin de la descente : elle finit par être raide, voire très raide. Parfois, un glissement de terrain a provoqué une marche qu'il faudra éviter, ne serait-ce qu'en prévision du retour. Dans le lit du torrent : les galets mouillés sont glissants, bien sûr. Prendre ses 2 bâtons de randonnée pour pouvoir maintenir son équilibre lors des traversées inévitables du cours d'eau.


Commentaires difficultés

La difficulté réside dans l'absence de chemin pour accéder au torrent. Dans le lit du torrent, la difficulté tient à ne pas tomber dans l'eau.
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Topo créé le :

Depuis Monestier-de-Clermont : par le D34; puis par la D34A jusqu'à Lavars


Situation




Sortie du 22-08-2015

L'Ebron, l'inespéré

Samedi 22 août 2015

Quand une bonne nouvelle arrive, c’est toujours un plaisir.
Quand cette bonne nouvelle dure, d’une balade à l’autre, et qu’elle dure de l’été à jusqu’à l’automne, puis pendant l’hiver, puis encore jusqu’à l’été suivant, cela devient alors un grand plaisir. Je veux ainsi parler de la « découverte » des gorges de l’Ebron, cette aventure de proximité qui s’est présentée à moi tout à la fois par le hasard de circonstances et d’une discussion, hasard auquel je suis très reconnaissant. Vraiment. Car en effet cette bonne nouvelle venait, à point nommé, ouvrir un terrain de jeux que je n’imaginais plus, et qui s’avérait particulièrement adapté aux conditions du « montagnard » que je suis devenu.

Avec un brin de retour arrière, voilà le cursus montagnard en question, et en raccourci.
Débuté par la haute montagne éblouissante, dans les Ecrins, lors de la vingtaine ; prolongé par les raides falaises du Vercors ou des Dolomites, et leurs escalades vraiment sportives ; en palier tout au long de la période centrale ; repris ensuite, autour de la cinquantaine, sur les vires et sous les arches des Préalpes dauphinoises, ce cursus semblait s’épuiser, car les capacités du bonhomme ne pouvaient plus répondre aux contraintes inhérentes aux balades envisagées. Ce cursus, en decrescendo, aujourd’hui je le nomme le Grand Toboggan…
Oui, ce Grand Toboggan de la vie du montagnard, qui, depuis son point haut, nous fait glisser – ou plutôt : dégringoler – d’étage en étage ; qui nous emmène dans chaque ressaut vers le bas nous obligeant à nous adapter aux années qui passent ; sans que l’on puisse savoir d’avance s’il restera encore un étage à profiter, demain, avant d’être tout à fait fatigué, et de finir – imparablement - dans le bac à sable… les deux pieds devant !

Mon Grand Toboggan à moi semblait avoir livré son dernier étage.
Les difficultés des jambes ; celles des deux boites à oxygène et de la pompe – ou du manque d’entrainement : non lo so ; le mur étouffant de la chaleur estivale, ou encore la baisse de motivation hivernale à briser les rafales et les flocons ; tout cela ne laissait pas beaucoup de perspectives optimistes, sinon celle évoquée ci-dessus : le bac à sable. Comprenant bien qu’il fallait lâcher d’un côté car les difficultés physiques, l’engagement psychologique, la marge de sécurité, évoluaient tous dans le mauvais sens, je n’avais pas trouvé de quel côté je pouvais me raccrocher, ni compris ce qu’il me fallait maintenant tenter pour prolonger - un temps encore - l’enthousiasme de la recherche, les frissons de l’inconnu que l’on déflore, et les plaisirs de ces cheminements hors les sentiers et loin des balises…

Pensant donc qu’un virage devait se prendre vers d’autres types d’activités, je me suis engagé dans une action politique. Une motivation réelle, de même que du temps qui allait visiblement se libérer, indiquaient que les signaux passaient au « vert » pour basculer ainsi, et déposer sac et piolet sous l’escalier.
Bien que convaincu par le bien fondé de ce choix, bien qu’inspiré par cette figure nouvelle qu’est François Asselineau, il s’avérait malgré tout que l’enthousiasme puissant qui animait si fort mes balades préalpines se perdait dans les souvenirs, et que même la revue des photos du passé n’arrivait pas à le réanimer.

Bref, j’en étais là.

En ce mois d’août 2015, la température était montée très haut.
On ne savait plus où aller pour ce mettre à l’abri, et tout le monde en avait marre de rester enfermé dans la maison, tous volets bouclés afin de garder un semblant de fraîcheur. Je cherchais un endroit pour faire un pique-nique dehors, avec la famille, un endroit dont le cahier des charges était bien fourni, comme d’habitude. D’abord et avant tout : du frais ! L’idée de base était d’avoir un ruisseau qui gargouillerait devant nous. Mais il fallait, également, que ce ne soit pas loin de l’accès en voiture. Et bien sûr, il fallait que personne d’autre ne connaisse l’endroit : évidemment ! Cahier des charges pas très évident à remplir, donc. Mais c’est à partir de cette idée-là qu’a démarré l’aventure des gorges de l’Ebron.
Je ne le savais pas encore…

A l’entrée nord du Trièves se trouve le village de Roissard. C’est un très joli village, perché sur un promontoire qui fait face à toute la belle agriculture du pays. Je vais dans cet endroit-là car un artisan local y fabrique ses confitures – fameuses – et que je trouve bien plus agréable d’aller les prendre à son atelier des Peyrouses plutôt que de faire la même chose à l’Intermarché de Seyssins. Après nos discussions savoureuses à propos de fruits, de fleurs, de cueillettes et de cuisson, je posais à Christian Legris la question d’un coin à pique-nique, que je cherche au bord d’un ruisseau. Réponse négative en ce qui concerne le coin : M. Legris n’en voit pas. Mais quand même il évoque le ruisseau local : le Riffol, en indiquant qu’il s’agit d’un ruisseau un peu délicat à pratiquer, qu’il faut un bon équilibre, qu’il faut être prudent afin de ne pas se tordre les chevilles sur les galets, et ainsi de suite…
Avec un tel discours, comment voulez-vous que je résiste à l’envie d’aller y faire un tour ??? Impossible. Et, malgré la chaleur, je suis allé dans le lit de ce Riffol, prendre la mesure de l’inconnu. Bien m’en a pris. En une heure de temps, je suis revenu enchanté, convaincu qu’il y avait là une balade plus sérieuse à faire, qu’il fallait aller plus avant, etc., etc.…..
Vous le comprenez : le coup de starter venait d’être donné !


Raconter le Riffol sera peut-être l’occasion d’une autre page d’écriture.
Mais du Riffol jusqu’à l’Ebron, il n’y eu l’écart que de trois balades. Et la troisième fut la bonne : j’avais les pieds dans l’eau bleue-verte de l’Ebron !
Bonheur !

Ainsi donc le moteur tournait encore…
La machine ronronnait toujours…
Avec des ralentissements parfois. Mais avec des emballements aussi.
Et le sourire, large, revenait ; toujours aussi large qu’avant.

Je sentais que se trouvait là le filon qu’il fallait pour continuer, un temps encore (monsieur le bourreau…), ces balades dans la nature sauvage et non balisée qui est si attirante, et qui fait tant rêver.
Bien sûr, les pêcheurs sont présents ici, même s’ils ne sont pas très nombreux visiblement. Bien sûr rien n’est vierge, et partout quelqu’un est déjà passé. Bien sûr ce n’est pas comme sur les vires du Vercors. Bien sûr…
Mais pour moi, ici, tout est à découvrir.
Et c’est cela qui importe ; c’est cela qui crée le plaisir…

C’était donc là la bonne nouvelle évoquée en début de ce récit.
C’est elle qui m’a donné un étage supplémentaire sur le Grand Toboggan, un an de plaisirs inattendus et intenses. Et peut-être plus qu’un an, qui sait… ???

.

Commentaires

JeunouKiKrak
25-07-2016 15:56:49

J'ai lu ce CR sur le tard, mais ce descriptif du Grand toboggan est plein de sagesse ... Puisse t-il inspirer beaucoup de monde à l'époque de la vitesse à tout prix et à tout bout de champ. ... et puis je ne m'attendais vraiment pas à trouver une référence au souverainisme et à F.A sur Bivouak. Du bel ouvrage cet article, vraiment !


  • Horaire : 1
  • Dénivelé : 240 m

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